« moi, un gosse, j’en ai fait un quand jveux, mais ça me saoûlerait d’en avoir un autre »

Je n’en peux plus, ce soir j’ai envie de me flinguer.

Personne autour de nous ne voit notre détresse, personne ne s’interroge sur notre isolement, ceux qui savent font semblant de ne pas savoir. Je ne compte pour personne, si l’on croit que la porcelaine est fragile, elle est à côté de mon coeur aussi solide qu’un diamant. Je n’ai plus d’espoir. J’ai encore été brisée aujourd’hui, écrasée par des parents fiers de le clamer, fiers de pouvoir dire qu’ils ont toutes les capacités requises pour avoir un autre « gosse » en claquant des doigts, mais ça les saouleraient d’en avoir encore.

Mais pourquoi infliger ça? Qu’est-ce que j’ai pu faire à Dieu pour qu’il nous ignore? Pourquoi la vie fait-elle si mal? Pourquoi n’a-t-on pas juste le droit d’être heureux? D’avoir, pour une fois, un peu de chance dans notre vie?

Ce soir, je pleure comme jamais, je craque et je ne tiens plus. A quoi bon recommencer une FIV si l’on sait que ça ne va toujours pas fonctionner…

Mon mari essaye d’être là, de m’entourer. Mais paradoxalement, à la fois je veux me blottir contre lui, à la fois je ne peux tenir dans son étreinte et je cherche à m’isoler pour déverser ma peine dans le noir. Nous n’avons pas d’ami, aucun sur qui compter. Nous n’avons personne qui puisse être une bouée de sauvetage. Je comptais sur eux, sur ceux qui savaient et qui semblaient être des plus compréhensifs. Mais nous n’avons personne, ils sont les premiers à alimenter des discussions devant moi sur la question d’avoir d’autres enfants ou pas, quand nous on se bat comme jamais pour espérer au moins en avoir UN.

Nous ne comptons pas dans ce monde. Notre existence est réduite à néant, nous ne sommes que deux pauvres imbéciles qui croyaient trouver de l’appui et du réconfort ici bas. Mais comment espérer cela puisque de toute façon, notre souffrance fait fuir les gens jusqu’au point qu’ils nous évitent quand bien même nous n’avons pas l’habitude de venir pleurer dans leur jupon?

Ce soir, j’ai une douleur au coeur, j’ai le sentiment que tout en moi se déchire en lambeaux, et je repense à mes deux anges qui nous ont quitté bien trop tôt, et je hais la vie que j’ai.

J’avais ouvert ce blog au départ, pour tisser des liens avec d’autres pmettes, et je pensais que cela serait comme une bulle apaisante et réconfortante. Ce que je cherchais, c’était trouver des amies capables de comprendre. Je voulais pouvoir apporter mon soutien, me montrer prévenante et suffisamment à l’écoute pour que l’on puisse compter sur moi.

Mais ce soir, je me contre fiche si personne ne me lit, si je deviens encore plus insignifiante que je ne le suis déjà. Enfin non, je ne m’en contre fiche pas…mais je me sens tellement désemparée que je me forme une carapace de survie. Ce soir, je jette une bouteille à la mer, en espérant que ce Dieu qui ne nous accorde pas d’enfant plonge son bras dans l’eau, attrape ma bouteille, et prenne conscience de l’horreur de l’attente qu’il nous impose, et de l’incertitude sur notre devenir. S’il existe vraiment, alors qu’il nous le prouve. Si vraiment Dieu existe, alors qu’il nous sauve de ce tourbillon mortel dans lequel on plonge la tête la première.

Qui comprendra ma détresse, qui en mesurera l’amplitude? Pour qui, notre souffrance compte vraiment? Pour qui, notre vie a un peu de valeur? Devra-t-on se sauver soi-même en espérant que les morceaux brisés de notre piètre existence prennent un sens nouveau en les recollant?

Peut-être est-ce la dernière fois pour moi que j’aurai la force de crier au secours. Je suis fatiguée…

Publicités