Mon envol loin du nid…

Il y a de ces jours où quand on ouvre les yeux, on sait que les heures qui défileront seront spéciales, qu’elles auront un goût de changement, que ce même rayon de soleil qui vient faire du lèche vitrine le long de la fenêtre de votre chambre n’a pas tout à fait la même signification ce jour-là, et que le vent qui vient pianoter sur les feuilles jaunissantes de l’arbre face à votre baie vitrée n’a pas tout à fait la même force. Aujourd’hui est un jour comme ces jours-là.

J’ouvre les yeux, papillonne des cils à la lumière du soleil, j’y vois un sourire de mon enfant, là-haut. Je m’assois à ma table, et regarde paisiblement le vent danser dans les feuilles de cet arbre majestueux, et j’imagine mon bébé ange gardien sauter de feuilles en feuilles pour m’offrir un joli spectacle matinal, pour me faire sourire.
Ce jour si spécial…
Si spécial est ce jour, parce qu’il est un souvenir entrelacé à la réalité grandissante, il est cet ange qui s’était accroché en ce mois d’octobre, il est sa soeur qui est née après 9 mois de voyage, et qui a fêté ses 9 mois hors de son cocon.
Mes deux enfants m’accompagnent à leur façon, pour écrire sans trembler, pour m’apprendre à voler hors du nid, pour me dire que maintenant j’appartiens à la « vie normale », celle où on l’a rencontré l’amour, où l’on s’est engagés à s’aimer jusqu’au bout, celle où on a un enfant, celle où on a un travail, des responsabilités, des inquiétudes, des pleurs, des rires, mais toujours la même satisfaction au soir couchant de se dire que la vie nous a sourit.
Cette vie normale,tant espérée….me voilà prête. Un petit frère ou une petite soeur il n’y aura pas, on nous dit de ne jamais dire jamais. Je ne le dis pas, mais avec la certitude actuelle et nos souhaits respectifs à mon mari et à moi, nous n’aurons pas d’autre enfant.
Parce que cette vie normale, nous la choisissons à trois. Parce que courir le risque d’être à nouveau à 140bpm pendant 9 mois sans connaître l’issue à long terme n’est pas envisageable, parce que recommencer les traitements et la course au positif avec l’angoisse du cauchemar effroyable de perdre un autre ange n’est plus supportable, parce que nous voulons avoir les moyens de répondre aux besoins de notre enfant, l’entourer autant que possible pour faire d’elle une femme accomplie qui aura eu toutes les clés pour réussir, parfois grâce à ses parents, surtout grâce à elle qui devra forger la majorité d’entre elles. Parce que nous voulons lui montrer les beautés de la Terre, voyager et lui ouvrir l’esprit sur d’autres cultures. Parce que nous ne voulons pas être tentés de comparer, ou devoir gérer des conflits. Et parce que notre couple compte plus que tout, et qu’avant d’avoir un enfant et être parents, nous étions un couple. Que nous adorons être tous les deux, une fois que notre princesse est couchée. Avoir du temps pour nous, pour nous recentrer sur nous, et profiter de chaque souffle de notre moitié pour lui dire qu’il est notre tout, notre amour, notre besoin.
Ce jour est spécial, parce qu’il est temps. Temps de taper les tout derniers mots, qui eux aussi ont une saveur différente aujourd’hui. La tristesse n’est pas vraiment de mise, peut-être une certaine mélancolie sourde mais diluée dans beaucoup de reconnaissance. Celle que vous m’ayez lue, que vous m’ayez portée dans vos coeurs et sur vos épaules, vous ne pouviez m’offrir meilleure amitié, j’ai été comblée plus qu’il ne fallait et j’ai rencontré des personnes extraordinaires. Pour la majorité d’entre elles, elles sont mamans aujourd’hui. Quelques-unes demeurent le ventre vide, mais je reste à leurs côtés tout comme je reste à vos côtés.
A toi mon enfant, mon Ayline qui lira un jour ces lignes : je veux que tu saches que ton papa et moi avons été fous aux yeux des autres, avons été désespérés pour certains, avons été associables pour beaucoup, et aigris pour tous. Mais nous avons mené le plus beau des combats, puisqu’il nous a menés jusqu’à toi. Avoir perdu de l’estime aux yeux d’autrui ne nous a jamais empêché de continuer à nous battre pour avoir notre merveille. Ca en valait la peine, TU en valais la peine.
Merci à la PMA d’exister, merci à notre donneur que nous n’oublierons jamais, merci à vous mes lectrices que je connais et celles de l’ombre, merci à toi Ayline qui nous fait chavirer d’amour et rend nos coeurs tout chamallow, MERCI A LA VIE.
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Des premiers pas…

Avant de commencer mon article, je tenais à vous remercier (les pmecs et pmettes concernés se reconnaîtront) d’avoir pris le temps de lire mon dernier post et d’avoir commenté avec autant de bienveillance. Je me suis ouverte à vous je ne sais trop par quel courage (parce qu’il en faut pour livrer des choses aussi lourdes), mais ce que je sais c’est que j’avais suffisamment confiance en vous pour vous partager une petite part de mon vécu. J’ai préféré par sécurité de passer mon article en mode « protégé par un mot de passe » car on ne sait jamais, mais je voulais vous dire combien j’ai été touchée par ce mouvement de douceur et d’empathie. Merci ❤

Ce mois a été incroyable, chargé, différent. Le plus incroyable a été les premiers pas de notre Poucinette le 12 août à marquer d’une pierre blanche. Nous la tenons bien sûr, mais la demoiselle fait tout le reste et nous sommes vraiment contents pour elle car elle a toujours adoré découvrir les choses par elle-même. Le quatre pattes ne l’aura décidément pas tenté plus que ça, le plus important est qu’elle se sente bien et elle semble kiffer la life de marcher comme une grande 🙂
Il a fallu ranger les petites chaussures à la semelle toute molles qu’on achetait pour le plaisir, pour coordonner les tenues, pour profiter juste à fond d’avoir une petite princesse pour se lâcher sur les accessoires. Et courir les magasins trouver des chaussures taille 18, ce qui n’est pas une mince affaire ! Je recommande vivement Auch*an pour les mamans qui ont aussi des petits bouts pressés de courir, ils ont des chaussures vraiment sympa et à partir de 18.

La deuxième chose incroyable a été l’adaptation à la crèche où nos sentiments à Loulou et moi ont été ambivalents. On a très bien vécu cette séparation mais on courait vite rejoindre notre puce et on ne la quittait plus (elle ne dit pas non la chipie, si elle pouvait être bisouillée et câlinée à longueur de journée avec des moments de joujous avec nous ce serait le paradis sur terre 😉 ). Mais parlons du plus important, comment Poucinette a vécu ses premiers moments en crèche : TOPISSIME. Pas un pleur, des siestes tout comme à la maison, un peu plus difficile à nourrir mais ça s’est tout de même très bien passé à force de patience et de comptines pour détourner son attention. Elle s’est fait un copain en particulier avec qui elle se marre devant un grand miroir placé à leur hauteur. Ils s’éclatent à se regarder tous les deux devant et à se sourire 😀
Elle a déjà fait beaucoup de progrès, maintenant elle fait les marionnettes avec ses mains, fait de nouveaux sons, fait « chuuuut », fait non avec la tête, se balance pour exprimer sa joie. Je pense que la crèche lui fait le plus grand bien, le personnel est génial et respecte son rythme, franchement nous la leur confions les yeux pratiquement fermés 😉 (on veille toujours, c’est normal !)
Lundi je commencerai ma reconversion pro, nous aurons tous les trois un épanouissement personnel et ce sera un plus grand bonheur de se retrouver le soir.

Notre préoccupation pour elle concernait ses douleurs dentaires. Pas une quenotte en vue, et elle souffrait tellement depuis ses trois mois ! Alors bien sûr on a entendu tous les conseils les plus cons, à savoir frotter du sucre sur la gencive pour la faire saigner et faciliter la percée des quenottes, ou encore appuyer sur la gencive à l’aide d’une cuillère. La pédiatre a ouvert des yeux ronds quand elle a entendu ça, et nous a dit que c’étaient des méthodes très barbares et qu’il serait temps que les gens laissent la nature faire et les petits évoluer à leur rythme. Nous avons la chance à notre époque d’avoir de quoi soulager les petits autant que possible – je pense au doliprane – et avoir des anneaux de dentition et autres jouets que bébé trouvera suffisamment à son goût pour mordiller jusqu’à trouver un certain soulagement.
Et ENFIN une quenotte a percé depuis deux jours ! Elle est bien coupante la coquine, si bien que ça a fait tout drôle à Loulou de passer son doigt dessus pour masser les gencives de SA fille – oui c’est décrété, c’est SA fille – mais comme il était fier d’elle ! C’est une sacrée étape de passée et que nous avions hâte de voir arriver car voir son enfant souffrir et être totalement tributaire du temps qui oeuvre à son rythme, c’est chaud cacao.

Nous avons aussi profité de la météo parfois très généreuse en soleil pour faire découvrir à Poucinette la plage. Elle a adoré marcher dans le sable mouillé et enfoncer ses doigts de pieds dedans. Elle a aussi repéré un caroussel magnifique au coucher du soleil, et voir ses grands yeux émerveillés s’attarder sur les petits chevaux qui montent et descendent, les lumières partout, et la regarder danser de bonheur, on n’a pas pu résister…notre petite puce a fait son baptême de manège 🙂
Les sorties ont été nombreuses et plus elle grandit plus c’est facile de s’organiser (sans doute aussi parce qu’on gagne en organisation rapide et ordonnée depuis qu’on a notre fille) pour se faire des promenades sympa sans avoir le stress de se demander si elle sera à son aise pour manger et être changée sur place.

J’en viens à mon dernier point. Les premiers mois n’ont pas été faciles dans le sens où je ne sortais pas des masses, déjà à cause des douleurs causées par la césarienne, mais aussi parce qu’Ayline a eu beaucoup de soucis avec sa plicature à l’estomac, ses vilaines coliques, et le bib toutes les trois heures c’est juste impossible de se faire une vraie promenade.
J’ai eu beau retrouver vite ma ligne, je ne me sentais pas belle, un espèce de tas flasque, les cheveux tombant en masse, le teint terne et toujours à me choper tous les virus saisonniers.
Mine de rien ça impacte sur le couple, et il m’était difficile de me sentir bien dans ma peau, désirable en somme. Je crois que beaucoup de mamans passent par là et je crois aussi qu’il est important de partager ça pour qu’on se sente comprise. Il y a un temps pour tout, et c’est clair que les premiers mois bousculent nos vies de façon extraordinaire mais apportant aussi son lot de difficultés et, soyons honnêtes, de larmes (« Mais pourquoi il pleure????? j’ai pourtant tout bien fait, je suis une mauvaise mère, bouhouhouhou »).
Avec les vacances de Loulou et le fait que Poucinette grandisse, j’ai pu enfin avoir du temps rien que pour moi. A commencer par une épilation chez l’esthéticienne (qui m’a fait affreusement mal -oui c’était la première fois – mais c’est trop bon de prendre soin de soi), puis du shopping, des promenades le long de la voie verte à pousser la poussette en rollers comme une dératée avec mon short et ma ceinture de sudation (efficace !), un tour chez le coiffeur, des achats de cosmétiques pour essayer de ravaler la façade… .

Ce huitième mois est donc un renouveau. Ca ne va pas être de la tarte de trouver un nouvel équilibre avec la reprise des études mais je crois qu’on en est capables !

C’est tellement injuste…

Pourquoi nous ? Pourquoi pas ce couple là ? Pourquoi la vie nous a sourit, pourquoi c’est nous qui serrons dans nos bras un bambin, et pas eux, vous ?

La vie est écoeurante d’injustices en tous genres, je mesure chaque jour la chance immense que j’ai d’avoir pu porter la vie jusqu’au bout du bout, malgré la MAP nous avons pu embrasser un bébé en pleine forme à 4 jours du terme. Pourquoi nous ? Pourquoi pas ce couple qui pleure en silence et meurt à petit feu sous les coups de pute de DNLP ?

J’ai tant de tristesse quand je repense à cet homme qui nous a livré la chambre de Poucinette et qui n’arrivait pas à avoir un enfant avec sa femme…mon coeur est tellement serré quand je croise des regards envieux aux courses, parfois ces regards en viennent à devenir agressifs, amers mais je ne peux leur en vouloir, je comprends tellement. Ils ne savent pas, ils ne peuvent pas savoir que l’enfer a été traversé et que nous y avons laissé un petit amour et avec lui un bout de nos coeurs. Mais pourquoi nous et pas eux ?!

A ces occasions de moins en moins rares ou quand je vois telle ou telle femme qui rêve d’être mère mais qui ne le dit pas, qui regarde notre Poucinette et tente de cacher sa peine, je ne peux m’empêcher d’aborder innocemment que si cette petite fille est là c’est au prix de grandes souffrances, par un parcours encore trop plongé dans la pénombre du tabou. Oui j’apporte notre parcours, nous nous mettons à nu d’une nouvelle manière et tentons de donner de l’espoir et surtout de l’écoute. Mais j’aimerais tant, tant faire plus…pourquoi nous, pourquoi pas eux aussi??

Pourquoi la mort de nos bébés, pourquoi ces « fausses » couches? Pourquoi nous et certains d’eux? Les larmes montent quand je pense à vous, j’aimerais tellement vous envoyer tout le courage possible, et vous affirmer avec certitude qu’il y a un bout à votre interminable et insoutenable tunnel…pourquoi vous….vous mes amies, celles à qui je vous ai livré les secrets torturés de mon coeur, vous qui m’avez supporté dans mes états de colère, de découragement, d’espoir, de joie, d’anxiété, vous qui pourtant avez aussi votre lot de chagrin et qui portez un bagage de plus en plus lourd d’échecs vous continuez de me lire…pourquoi moi ?

Je n’aurai sans doute jamais la réponse à mes questions, j’ai tellement peur pour vous quand la souffrance domine tout le reste…ma douce Zabou, oh comme je pense à toi plus que jamais… j’ai tellement peur que la vie soit une sale connasse et fasse encore souffrir plusieurs d’entre vous au lieu d’accorder tout simplement ce que tant d’autres couples arrivent à avoir l’histoire d’un soir !

Tout ce que je peux vous dire, c’est : courage ❤ nous ne savons de quoi demain est fait, nous ne savons pourquoi nous existons précisément ni quelles personnes croiserons notre chemin, mais nous avons au moins la main mise sur notre espoir qui demeure toujours quelque part en nous. Que cet espoir continue de rythmer votre combat, et que celui que j’ai pour chacune d’entre vous vous apporte au moins un peu de réconfort. J’ai foi en vous, en votre capacité de vous relever. Je vous envoie toute ma tendresse et mon affection.

La nostalgie des 7 mois…

Quand je pense à ce petit 101 ui, incroyable, irréel, miraculeux. Ce petit bout d’à peine 5sa+2 qui ressemblait à un grain de riz et dont on ne percevait aucun battement de coeur, et puis à ce coeur dont le boum boum nous rendait tout chose à 6sa+4, oh et les premiers mouvements perçus à 10sa, et la lumière au bout du long tunnel du premier trimestre à 11sa+5, et quand on a su qu’on attendait une petite fille à 15sa+4….et la grossesse et ses aléas, la peur de la perdre, le manque total de confiance en mon corps, la délectation lors de ses caresses derrière son voile… . Et son arrivée, ce mélange paradoxal de douceur infinie et d’une violente agonie. L’impression de crever de douleur tout en s’émerveillant devant la plus belle petite fille que mes yeux ont vu.

Et ce temps qui défile, ce temps qu’on savoure et ces larmes qu’on ne peut retenir tout en remerciant le ciel de nous avoir offert notre famille à présent formée, ce coeur qui fait un bond dans ma poitrine à m’en éclater le thorax quand je l’entends pleurer, hurler à cause d’un cauchemar, et mon corps tout entier qui s’adapte à elle, se plie pour l’amener à moi, se tord pour éviter ses coups de pieds rageurs ou joueurs, se tend sous ses larmes qui roulent sur ses joues rebondies, s’étire pour attraper ses jouets ou sa tototte tombés à terre, se pelotonne contre elle le matin quand elle rejoint notre lit pour le câlin du matin.

Je n’ai plus un petit nourrisson devant les yeux, le visage de ma douce Ayline change tellement, elle fait vraiment petite fille. Mon bras a pris de la force pour maintenir tout son poids quand je lui donne le biberon, jamais je n’aurais cru qu’un bébé puisse peser aussi lourd ! Elle a tellement grandi ce mois-ci que j’ai l’impression que quelque chose m’a échappé, que je n’ai rien vu venir. Plus de 3 cm de croissance en un peu plus de 3 semaines, je n’y croyais pas. Adieu les vêtements 6 mois, le 9 mois est bel et bien entamé. Je perçois en elle tant de force, de courage, de joie de vivre, d’amour, de tendresse. Tant de jolies valeurs déjà naturellement présentes, mais elle est aussi un tourbillon d’impétuosité qu’on doit savoir prendre avec douceur mais fermeté pour ne pas la braquer et la frustrer davantage. Elle retrouvera sa nature douce et calme lorsque ces fichues quenottes auront percé, en attendant ma Poucinette a très très mal !

Quand je la regarde, j’ai le blues, le blues de la grossesse, elle grandit tellement vite ! J’aimerais encore pouvoir ressentir ses mouvements au creux de moi, ça me manque. Mais je sais qu’il faudra du temps pour être vraiment prête à retenter l’aventure, la césarienne m’a traumatisée, j’ai la trouille d’accoucher. Loulou et moi sommes déjà les plus heureux avec un enfant, autant se laisser immerger par ce rêve éveillé sans s’imaginer déjà des peines futures. La vie est trop courte, autant l’aimer et la vivre à fond.

Bref, ma fille a 7 mois, et dans 20 jours on commence l’adaptation à la crèche, de quoi m’achever irréversiblement 😀
S’il te plaît DNLP, pense à mes amies sur le quai, offre-leur un joli billet, et laisse-les voyager pour embrasser leur nouveau-né. Il est temps de les laisser tranquille, tu ne crois pas ?

6 mois et tous ses doigts !

Ma douce Ayline, ma Poucinette adorée, voilà 6 mois que tu es sortie du creux de moi, 6 mois c’est si peu et tant à la fois !
On est fous à liés de toi, ton papa et moi ❤

Le jour pile de ses 6 mois, Poucinette a offert le plus beau cadeau qu’il soit à Loulou, lui dire « papa », le répéter dans la soirée, l’émerveiller par ses sourires charmeurs et sa bouille de fripouille. Pour chaque papa, entendre ce doux mot représente beaucoup, mais pour un papa qui l’est devenu grâce au don, c’est énormissime. Enorme car ce petit bout de chou tant aimé, tant choyé, tant dorloté, tant désiré le reconnaît comme étant son PAPA. Elle aurait pu livrer ce doux mot à d’autres messieurs, mais non, elle sait que seul Loulou, cet homme qui l’a cherché à travers un voile opaque pendant des semaines avant de percevoir les douces vagues de Poucinette, cet homme qui lui a murmuré des mots doux, qui lui a chanté des comptines, qui lui a lu des Monsieur-Madame en prenant des voix rigolotes pour les dialogues, qui l’a rassuré quand il l’a sentait agitée, qui l’a accueillie peau contre peau à peine extirpée du ventre de maman, qui lui a donné son amour sans aucune condition, qui l’a nourrie à ses quelques heures de vie hors du cocon maternel, qui bondissait du lit dès qu’elle pleurait la nuit ou quand il n’entendait pas sa respiration lente et calme, qui courait faire les magasins pour lui trouver LE biberon, l’homéopathie, les couches, le lait, etc ; ce même homme qui pleurait d’angoisse de répéter les erreurs, les horreurs de son père, Loulou qui ne trouvait plus les mots quand elle agrippait sa petite main frêle à son pouce, lui qui est prêt à faire le clown des heures pour la divertir, à l’emmener chez le médecin et veiller sur elle nuit et jour quand elle a eu sa gastro….ce seul homme est son papa.

La liste est infiniment longue et c’est tant mieux. Car cela montre qu’un papa n’est pas celui qui produit la graine mais c’est celui qui veille sur le résultat magique d’une fusion de gamètes et qui n’hésiterait pas une seule seconde à donner tout pour le bébé qui en naît.

Poucinette a bien progressé niveau motricité, un vrai petit tonneau sur pattes ! Elle se retourne sans souci du ventre sur le dos et du dos sur le ventre. Heureusement que ses soucis d’estomac appartiennent au passé parce qu’avec les retournées de crêpe qu’elle nous fait le bib sortirait aussi sec !
D’ailleurs, elle profite d’être sur le ventre pour se cultiver et se préparer à sa rentrée à la crèche : elle ne veut pas prendre de retard !

Mais elle se dresse aussi très bien sur ses jambes (on la soutient d’une main quand même ! Fais pas ta jalouse Zapette !!!), elle s’est même tenue toute seule au canapé quelques secondes avant de pencher du côté où elle allait tomber.

Les petits pots sont avalés avec grand appétit ! Poucinette jette son dévolu sur les petits pois, et sur la compote de pommes-bananes, une tuerie ! Elle aime tellement que si on ne va pas assez vite à son goût elle saisie la cuillère et se la fourre dans la bouche 😀
Petite demoiselle pèse aujourd’hui 7,290 kilos pour un peu plus de 66 cm. On prend le parti d’écouter ses besoins plutôt que de la forcer. Par exemple, elle nous a boudé les petits pots pendant 2 jours (il faisait hyper chaud, elle devait avoir envie de boire uniquement), on a préféré la laisser tranquille et lui proposer à nouveau ses purées pour voir si elle en avait envie. Nous ne nous pavanons pas, je le dis uniquement au cas où ça peut peut-être aider des jeunes parents qui se demandent s’ils doivent forcer bébé à manger ses purées ou le laisser tranquille. Chaque enfant est différent hein, mais en tout cas pour nous Poucinette se braque dès qu’on la force à quoi que ce soit, alors on y va mollo et à son rythme, ça se passe bien mieux comme ça 🙂

Elle semble apprécier sa petite vie de bébé, mais aime aussi évoluer et s’intéresser à tout. Elle boude le transat maintenant, elle veut jouer sur son tapis (on a pris deux petites couettes plutôt qu’un tapis d’éveil pour qu’elle puisse crapahuter). Ses jouets qui sont essentiellement des peluches ont fini par la lasser, la Poucinette a voulu des couleurs, de la musique et maintenant qu’elle maîtrise mieux ses gestes c’est possible de lui offrir ce type de joujoux !

Une vraie petite chipie au coeur tendre qui nous fait tourner la tête et le coeur.