Gygy d’amour

Cet espoir si infime d’être à nouveau maman, ce petit point lumineux tout doux, tout tiède, a pris toute la place. Nous retournerons en Belgique, notre vie s’adaptera, un point c’est tout.

Depuis ce rendez-vous avec mon cher gygy d’amour adoré (qui a pris un petit coup de vieux tout à fait charmant depuis notre dernière entrevue !), j’ai compris qu’il me serait de toute façon impossible de renier ce désir brûlant, et maintenant j’ai hâte de porter à nouveau un autre petit amour sous mon nombril.

J’ai hâte de sentir des petites vaguelettes en moi, et d’avoir l’impression de contenir un océan de tendresse, mystérieux et envoûtant. Oui, je l’aime déjà, je t’aime déjà.
Je rêve de toi, de ce que nous serons à 4, de notre rencontre en noir et blanc, puis quand nous apprendrons si on attend l’arrivée d’une seconde poupée, ou d’un petit cowboy, et quand la profondeur de ton regard me plongera dans un vertige infini.

Je ne crains plus de faire des examens douloureux pour vérifier que tout sera prêt à t’accueillir, je m’abandonne totalement à chacune des étapes qui me rapprocheront de toi. Je n’ai plus peur d’avoir à gérer deux enfants, nous prendrons le temps qu’il faudra pour chacun de vous, et l’amour est bien le sentiment qui ne connaît aucune limite et peut se partager autant que l’univers est grand.

Résister à un flot aussi fort serait folie, les baisers que Loulou dépose sur mon ventre me procurent tellement de bonheur, l’impatience d’être à nouveau père fourmille au bout de ses lèvres, c’est une aventure formidable qui nous attend.
Mon amour, papa et maman viendront bientôt te chercher, promis…

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Il a dit non…

Non à la peur de perdre le combat contre cette pute de Dame nature, non à ce vide qui lui troue aussi le coeur depuis quelques temps aussi (jvous ai fait peur avec mon titre, hein ?? 😛 ).

Revenons à cette discussion. Quand je lui ai donc dit que j’avais envie d’avoir un autre enfant, et que cette fois c’était différent des autres fois où il y avait des envies « passagères », Loulou a écouté attentivement et m’a répondu sans détour : « Alors allons-y. Moi aussi j’en ai envie, c’est fou qu’on se dise ça au moment où Poucinette est vraiment imbuvable plusieurs fois dans la journée, mais c’est vrai qu’avant tout ce parcours j’ai toujours voulu avoir deux enfants. »

J’étais abasourdie, je ne m’attendais pas du tout à ce genre de réponse. Surtout avec ce qu’il me dit ensuite : « Profite de ton rdv avec gygy d’amour le 30 pour lui demander quels examens faire, et on contactera également la Maison des Lutins pour prendre rdv et leur demander ce qu’il faut réaliser pour pouvoir commencer les essais sereinement. Ah, et dès qu’on rentre je vais à la sécu retirer un dossier de demande de prise en charge, cette fois-ci ils ne pourront pas nous dire qu’on a pas fait les choses dans l’ordre. Et puis je pense qu’on pourrait commencer les IAD en janvier, non ? Comme ça, ça nous laisse le temps de pouvoir vendre l’appartement et trouver une location en attendant de déménager pour la savoie ! »

Keuwa ???!! Si vite ?? Maintenant ??? Avec tous les projets pro qui devaient se mettre en place ? Est-ce que ça vaut la peine de me mettre à mon compte si c’est pour partir dans l’année  qui suit ? Pfff j’avoue que je suis assez perdue, qu’auriez-vous fait à ma place ?

Surtout que si la mutation est refusée pour cette année, on devra rester dans une maison qui ne sera pas la nôtre (donc impossible de se projeter), dans une région qui nous sort par tous les pores, et avec Poucinette qui rentrera à l’école et dans le meilleur des cas un bébé en plus !

Mais en même temps, si on attend que la mut’ soit acceptée, partir de la savoie pour chaque essai ce ne sera tout de suite pas le même temps de trajet, et pas du tout la même organisation non plus.

Argh, HELP, HELP, HELP !!!

Pour autant, je suis vraiment heureuse que mon Loulou partage aussi ce nouveau rêve, et qu’il s’y projette aussi bien, au point d’imaginer notre maison avec trois jolies chambres, « une salle de jeux pour nos enfants », un petit jardin, une école de campagne, et tout et tout.

On pourra dire que ce petit bout à venir aura débarqué dans nos vies sous forme d’un tsunami inattendu, surprenant, et la peur de l’inconnu me saisit les tripes…

Et puis il y eut un vide…

Depuis vendredi dernier (soit le 18), je suis officiellement sortie de ce boulot de marde, mais nous sommes aussi partis en vacances en Haute-Savoie !

Mis à part certaines crises en mode deuzans et certaines négociations musclées, les vacances avec Poucinettes et notre Shib (Miyuna, nouveau membre de la famille depuis décembre, une shiba inu adorable et nounouille 😛 ) se passent à merveille. Les paysages nous font rêver et nous respirons le bon air de la montagne à pleins poumons !

Ca fait plusieurs années maintenant que nous cherchons à partir de notre région actuelle, nous n’avons jamais eu ce sentiment d’avoir trouvé notre place là où nous sommes. Ce n’est pas faute d’avoir essayé en aménageant notamment notre appartement, mais rien n’y a fait, quand ça veut pas, ça ne veut pas.

Un soir, alors que mon homme et moi étions assis à la terrasse de notre gîte pour observer les montagnes et les étoiles, nous avons commencé à parler sérieusement projets. Parce que les vacances servent à ça aussi, faire le point, prendre le temps de peser nos rêves et voir s’ils ne sont pas trop lourds à réaliser.

Il est clair que cette région nous plaît. Bon, soyons honnêtes, nous en sommes tombés amoureux. Alors, ce fut un soulagement de voir que nous étions sur la même longueur d’ondes et que Loulou était prêt à demander sa mutation cette année pour la rentrée de septembre 2018. Il nous faudra encore patienter, réussir à vendre notre appart à un bon prix, s’organiser, toussa toussa. Mais en tout cas, enfin nous semblons avoir trouvé notre endroit, notre terre où planter nos racines et vivre heureux en mode happy end.

Pour autant, un autre rêve me serrais comme dans un étau, chaque nuit toujours plus, j’en ai rêvé. Je ne m’étais certainement pas préparée à ce vent de changement, et pourtant il s’est engouffré dans mon coeur que je croyais comblé, et le trou qu’il a fait paraître m’a effrayée : j’ai envie d’avoir un deuxième enfant.
Je n’arrivais pas à mettre des mots sur mes maux quand je nous regardais tous les trois, assis devant un lac à picorer les chips et rire des clowneries de notre fille. Je la vois si seule, si envieuse des familles avec plusieurs enfants, elle qui m’a déjà dit aussi qu’elle aimerait bien que j’aie un bébé dans le ventre, et moi qui me suis toujours interdit d’en avoir envie. Je n’ai pas envie d’un deuxième amour pour elle, ni pour moi d’ailleurs, sa vie n’appartiendra à personne (oh mon Dieu, je parle au futur !!), simplement je sens notre famille incomplète, je ne l’explique pas.

Tellement peur de revivre un cauchemar, les traitements ne sont à la limite qu’une « reprise des bonnes vieilles habitudes de pmette » mais c’est l’attente, les déceptions, les peurs, la grossesse en soi que je n’ai pas si bien vécue que ça, les fameuses montagnes russes qui donnent à la fois nausées et adrénaline…Et Loulou qui m’a toujours dit depuis que Poucinette est née qu’il ne voulait pas d’autre enfant !

Alors, comme nous parlions de nos rêves, j’ai verbalisé le mien, et j’ai attendu la réaction de Loulou, qui ne s’est pas faite attendre….

Le temps des explications et autres décisions

C’est très étrange d’écrire à nouveau ici…tellement, tellement de choses ont changé ! On se sent comme étrangère de sa propre histoire, l’impression d’être un imposteur en osant me reconnecter sur cette page. Mais comme je le répète à chaque fois, je n’ai pas oublié, je ne vous ai pas oublié, et je continue de vous lire.

Depuis l’épisode de l’allergie qui m’a valu quelques cheveux blancs, Poucinette aura ajouté à la liste des « comment faire flipper mes parents en une leçon » un traumatisme crânien et 4 points de suture faits sans aucune anesthésie. Rien que de m’en rappeler, l’effroi me parcoure l’échine, j’ai eu tellement peur… . Mais maintenant, ça va mieux.

Poucinette a beaucoup grandi, du haut de ses deux ans et demi son caractère s’affirme (parfois un peu trop !), elle a une force dans ses décisions qui fait qu’elle n’a pas pour habitude de revenir dessus : du jour au lendemain la demoiselle a décidé de « mettre des culottes comme maman » et une semaine plus tard elle a jeté sa tétine à la poubelle, jugeant que c’était pour les bébés. Son doudou ne lui sert plus non plus…

Ca fait bizarre de la voir « petite fille » maintenant, et cette petite fille très observatrice, a réalisé que certaines dames avaient un gros ventre. On lui a expliqué avec Loulou qu’un bébé grandissait dans le ventre et qu’une fois tout prêt à découvrir le monde, il sortait du ventre de la maman.

Nous nous sommes alors souvenus…la psy de la Maison des Lutins nous avait conseillé de lui en parler dès qu’elle commençait à comprendre, dès tout petit, simplement, sereinement, et surtout sans tabou.
Nous avions pris la décision de lui en parler, et cette fois nous y étions, il était question d’appliquer les conseils. Ce n’est pas à prendre à la légère que de faire ce pas de parler du don, c’est s’exposer à des doutes, à peut-être une recherche identitaire plus tard, à une perte de repères, mais si ça venait à arriver, nous serons là pour l’accompagner dans chaque étape.

Nous lui avons expliqué alors que pour avoir un bébé dans le ventre, il fallait une graine de la maman, et une graine du papa. Que quand nous avons voulu avoir un bébé, nous avons essayé mais qu’aucun bébé ne venait, et que la graine de papa était très malade. Alors, un monsieur très gentil a donné quelques-unes de ses graines à papa, et on a réessayé. Et quand on a mis la nouvelle graine de papa avec la graine de maman, c’est une jolie Ayline qui a poussé dans mon ventre et qui est aujourd’hui avec nous. Elle s’est mise à sourire, et ses yeux rieurs se sont plissés.

Elle s’est mise à réfléchir un instant et s’est mise à répéter plusieurs fois : « monsieur a donné ses graines à papa, les graines à papa malades ». Cette explication a semblait satisfaire ses « attentes », la simplicité de l’enfant fait qu’il ne dresse des barrières qui n’ont pas lieu d’être. Et ça ne l’empêche en aucun cas d’aimer son papa très fort !

 

Côté boulot, je croyais avoir le boulot de mes rêves, je croyais avoir enfin réussi professionnellement à trouver l’équilibre, mais cette année aura été un enfer. Esthéticienne dans un spa, les horaires ne correspondent pas du tout à une vie de famille, surtout quand on est la seule à avoir un enfant dans une équipe très jeune. S’en sont suivis des épisodes très difficiles avec ma fille qui, pour montrer que sa maman lui manquait trop, se cognait la tête contre le sol quand je rentrais, m’ignorais totalement, me repoussait quand je voulais l’embrasser, etc.

Nous ne nous sommes pas autant battus pour fonder notre famille pour qu’au final je ne sois pas présente pour ma petite Poucinette, alors j’ai renoncé à ma carrière. Je crois que c’est le meilleur choix que j’ai pu faire, même si comme toute fin de contrat, c’est loin d’être le nirvana au travail. Mais, encore 9 petits jours et j’aurais enfin fini dans cette boîte !

Nouveaux projets du coup, à commencer par mon acceptation à l’université Pierre et Marie Curie pour entamer une spécialisation de socio-esthéticienne en milieu médical. Je compte me spécialiser pour pouvoir intervenir en pma. Le but d’une socio est d’apporter du bien-être et d’aider la patiente à aimer son corps en toute circonstance, à avoir de l’estime pour elle, préserver sa dignité, etc.
Je pense que ce sera une vie bien plus riche puisque je pourrai exercer ce qu’est ce métier à la base, sans tout le côté pompe à fric.
On monte également un projet de collaboration avec un photographe où je serai maquilleuse pour ses shooting. On aimerait proposer des séances « confiance en soi » qui seraient bien en lien avec mon métier, j’ai hâte de commencer !
Enfin, je me mets à mon compte et proposerai des prestations diverses et variées chez moi pour le moment, dans un local par la suite si la clientèle se fait nombreuse.

Depuis que nous avons annoncé à Ayline que j’arrêtais mon travail pour passer plus de temps avec elle et que mon nouveau travail ne mordrait pas sur nos temps en famille, elle est ravie et me câline à nouveau. Les larmes montent souvent, j’ai perdu des moments de sa vie, je ne les rattraperai jamais…mais maintenant, je serai là.

On nous demande souvent si deuxième il y aura, nous ne sommes pas prêts, nous ne le serons sans doute jamais. Il arrive encore que les larmes coulent toutes seules après un câlin avec Loulou, je trouve ça tellement injuste qu’avec autant d’amour on ne puisse pas avoir un enfant comme tout le monde. Attention, je ne regrette rien, grâce à l’infertilité de mon homme, nous avons eu notre merveille. Mais aujourd’hui, la question du petit deuz aurait été bien plus simple si….et si….mais voilà !

Nous sommes déjà tous les trois, et c’est le plus important. Merci encore à toi notre bonne étoile, notre donneur, merci pour tout…où que tu sois, merci.

Frayeur

Effrayée, mortifiée, pétrifiée.

Il ne fallu que quelques minutes pour que l’angoisse prenne le pas sur la tranquillité qui m’habitait. Me voilà assise sur le bord du lit d’hôpital dans lequel se trouve ma fille, effrayée, en larmes, en proie à des frissons, des incompréhensions.

Quelques heures plus tôt, tout allait pour le mieux. Enfin…ça allait mieux depuis la prise du traitement prescrit par la pédiatre puisque ma douce cumulait conjonctivite, rhinopharyngite, et otite.

« Comptez 48 à 72h pour que Poucinette aille bien mieux » avait-elle dit. J’avais forcément peur de ce traitement de choc, comme à chaque fois qu’il est question d’antibiotiques puissants pour éradiquer les virus attrapés chaque semaine à la crèche. Mais je savais aussi que c’était totalement irrationnel de reporter ma peur des allergies à la pénicilline sur ma fille, il n’y avait pas de raison. On m’avait dit que ce serait quand même un sacré coup du sort qu’elle fasse la même allergie que moi, qu’il fallait arrêter d’y penser (tiens, ça me rappelle un tout autre contexte où cette même phrase débile revient…).

Je rentrais tranquillement du travail, la tête bourdonnant encore de tous les rendez-vous, les clients et clientes croisés ce jour, ceux auxquels je me suis attachée, ceux qui m’ont fait rire, ceux qui avaient des attentes particulières ; on ne se doute tellement pas qu’un coup de clé dans la serrure plus tard, les yeux posés sur ma fille, tout allait se changer en cauchemar. ALLERGIE…à la pénicilline….non, c’est quand même pas possible, je dois rêver ! Et pourtant, Loulou me regarde perplexe, me montre le torse et le dos de Poucinette : elle est couverte de plaques.

Loulou semble ne pas comprendre au début l’urgence de la chose, il semble abasourdi, il a toujours redouté que cela arrive à sa fille, c’est comme si à ce moment précis il avait mis la tête dans le sable, pour se protéger. Je sens à ce moment-là qu’il a besoin que je prenne le relais, je m’exécute, le temps qu’il se ressaisisse et soit d’attaque.

On file à l’hôpital le plus proche, on nous annonce un minimum de 5 heures d’attente. On ne cherche pas plus, on reprend la route pour l’hôpital qui avait si bien pris en charge notre fille à 3 semaines de vie pour une suspicion de sténose du pylore.
Il n’aura fallu que ce temps de trajet pour que l’allergie atteigne le visage. J’ai envie à ce moment précis de juste prendre sa place, c’en est presque animal, j’ai envie de saccager tout sur mon passage, se sentir impuissante et devoir laisser des inconnus toucher ma fille, déterminer quoi faire et comment, ça me rend malade et très possessive.

La pédiatre sur place force sur la bouche de Poucinette avec son abaisse langue pour voir comment est la gorge, elle force tellement qu’elle coupe la lèvre inférieure de ma fille. Je suis folle de rage, je me contiens pour ne pas que ma fille s’affole plus, mais celle-ci hurle la bouche en sang. La pédiatre ne s’excuse pas pour autant, elle dit qu’il faudrait que je relativise, elle se ravise d’en dire plus en voyant mon regard noir et le ton de ma voix qui monte, puis change totalement de sujet en nous reposant exactement les mêmes questions qu’au début de la consultation (ou comment essayer de noyer le poisson dans l’eau).

Enfin elle sort et la puéricultrice lui administre un antihistaminique et de la cortisone. Poucinette s’étouffe, elle enrage, elle est totalement crevée, désorientée. Et moi j’ai juste envie à ce moment précis d’ouvrir les vannes.

Ce mois d’octobre est toujours aussi délicat à passer, il a été le mois-bonheur d’il y a maintenant 3 ans, celui où notre Envolé avait décidé de se nicher sous mon nombril. Je me lève chaque jour en ayant une pensée pour lui, et chaque jour je ravale mes larmes. Mais voir ma fille dans cet état, j’ai tellement eu peur que cette allergie dégénère, et surtout je me suis sentie tellement impuissante que j’ai pris à nouveau en pleine face ce constat terrible : rien n’est acquis, pas complètement. On peut tout perdre du jour au lendemain, on ne tient rien dans nos mains, aucun bonheur, aucun malheur. On doit profiter ou subir, et ce, sans avoir notre mot à dire.

J’ai tellement eu peur pour elle, je ne la lâche plus depuis et je pense que de son côté elle a aussi besoin de m’avoir auprès d’elle, on se colle l’une à l’autre, et on savoure. On attend que l’orage passe, on espère qu’il y ait des jours meilleurs, et surtout je prie fort pour que rien ne vienne me voler ce bonheur-là.

Si moi j’ai failli perdre la vie à cause d’une allergie à la con, je ne veux pas que mon enfant subisse un sort semblable, ou pire encore. Je sais que pour un come back sur mon blog c’est très sombre comme article, mais j’avais besoin de coucher ces mots dans ma tanière bloguesque, encore et toujours. Parce que ce blog a tout vu passer, tous mes état d’âmes, mes bonheurs et mes deuils, ma victoire sur Dame Nature (qui est décidément une sale pute, qu’on se le dise).

J’aimerais trouver une sorte d’apaisement et cesser de trembler pour elle, mais je crois avoir compris depuis le moment où j’ai découvert « 101 ui » que ce serait mon bonheur et mon fardeau de m’inquiéter pour ce que j’ai de plus précieux au monde. Il en a été de même quand j’ai eu mon coup de foudre pour Loulou. Je crois que je vais me faire des cheveux blancs très très tôt – j’avoue en avoir déjà…snif – mais ce serait quand même cool que la vie nous file des coups de pouce !

En attendant, notre Poucinette a ses traitements et aujourd’hui elle va mieux même si tout n’est pas parti complètement. Je pense qu’il faudra compter plusieurs jours. Je vais essayer d’aller recharger les batteries pour être forte pour elle, pour nous, pour ne pas que mon coeur déjà très lourd ce mois-ci le soit encore plus à cause de mes inquiétudes…PFFF !

 

2 ans plus tard…

C’est bizarre la vie, elle peut tellement changer du tout au tout, on en oublierait presque les épreuves, les larmes et le temps qui s’étiraient lentement, l’écume des échecs qui émoussaient notre espoir d’y arriver. On l’oublierait presque, mais on n’oublie pas. On est dépourvu des sentiments de souffrance, on voit un peu comme un spectateur le fil de notre propre vie.

Cela fait deux ans que nous avons découvert qu’une petite perle avait fait choix de s’accrocher sous mon nombril, je n’avais pas beaucoup de foi en mon corps qui m’avait tant trahi, et je suis restée pendue au temps qui défilait semaines après semaines, je m’approchais du but ultime, et la lumière a fini par irradier complètement nos vies.

Je la vois aujourd’hui courir, ses éclats de rires me font penser à une source d’eau puissante et candide, elle a toujours les mêmes fossettes que son papa, elle a gardé ses grands yeux rieurs et charmeurs, et elle a grandi, grandi, grandi.

Et quand je regarde en arrière, j’en oublierais presque tous ces soirs où, plongés dans un désespoir sans nom, on n’arrivait pas à se projeter, à croire qu’on pourrait être nous aussi parents, on ne parvenait pas à se réjouir pour les autres, on détestait croiser la légèreté de ces couples fertiles suivis d’une ribambelle d’enfants, et aujourd’hui ils sont des amis, des personnes qu’on apprécie sincèrement sans arrière pensée.

Ce week-end a marqué une étape supplémentaire, celle où on voit partir lit bébé et commode à langer, celle où on voit sa petite fille s’endormir dans un plus grand lit, visiblement ravie puisque débarrassée de sa gigoteuse elle s’endort bras et jambes écartés en mode étoile de mer 🙂

Oui, ce temps où elle n’était qu’un petit nourrisson fragile et totalement dépendant de nous et de l’attention qu’on lui portait est révolu, et je devrais juste être heureuse de la voir grandir, mais je suis nostalgique. Plus que ça, j’ai l’impression de vivre un baby blues, chose que je n’avais jamais vécue. Se pourrait-il qu’il ne se manifeste que maintenant ? Quand on réalise que la vie continue et que de petits coups soulevant le ventre il n’y aura plus ? Que de petit bébé endormi contre mon sein il n’y aura plus ?

Je maintiens que nous n’avons plus envie de nous relancer dans une autre aventure pmesque, notre quotidien est bien trop délicieux pour vouloir replonger dans ce qui fut notre fardeau et notre victoire. Et les angoisses liées au début de vie de notre Poucinette RGO avec sa plicature à l’estomac ne me manquent aucunement, on peut dire qu’on avait hâte que tout ça soit fini, que notre fille grandisse et puisse manger sans avoir mal après, sans vomir. Mais alors, qu’est-ce donc que ce sentiment qui me tort le coeur et me donne envie de chialer ?

Je crois aussi que j’ai peur d’oublier, j’ai peur de devenir inattentive aux éventuelles difficultés des autres couples, je me montre présente dès que je constate qu’il y a des parcours difficiles, mais sans doute que je passe à côté d’autres sans même m’en rendre compte. Tout est un peu confus en ce moment…j’ai pourtant continué silencieusement à vous lire, à me réjouir pour les bébés arrivés ou encore bien au chaud, à être triste pour les échecs, les coups bas de Dame Nature.

Et c’est sans doute tout cela à la fois qui me pousse à écrire ces quelques mots, là où j’ai couché tant de mots sur les étapes de notre parcours, revenir à la source pour m’en abreuver et peut-être aussi me rassurer : on oublierait presque, mais on n’a pas oublié. Et ma reconnaissance envers notre donneur est toujours aussi immense, et c’est peut-être très con de ma part mais quand il y a eu ces attentats en Belgique j’ai tout de suite pensé à lui, j’ai prié qu’il ne soit rien arrivé à cet homme sans qui nous n’aurions jamais pu avoir notre douce petite fille, sans qui nous n’aurions jamais pu aimer, choyer, bercer notre enfant. J’espère que tu vas bien, toi cet homme que nous ne connaîtrons jamais, mais qui a pensé à des couples comme nous, qui a eu cette générosité, qui a accepté, demandé à donner quelques unes de tes si précieuses gamètes. Je crois que je puise à nouveau dans mes souvenirs, pour simplement comprendre la nécessité de ne jamais oublier, pour transmettre le flambeau à ma fille, qu’elle n’oublie jamais elle non plus, mais surtout qu’elle se souvienne même après notre mort combien nous l’avons toujours aimée et désirée, combien notre parcours a été bourré d’épreuves en tous genres, mais avec toujours cette même petite lumière au bout. Je sais que cette lumière c’était elle, et c’est pour cela que son prénom signifie « éclat du soleil, halo de lune »

Alors puissent ces changements, sa croissance me porter tout en me faisant regarder en arrière avec simplement cet apaisement que mes souvenirs apportent.

 

 

 

 

Mon envol loin du nid…

Il y a de ces jours où quand on ouvre les yeux, on sait que les heures qui défileront seront spéciales, qu’elles auront un goût de changement, que ce même rayon de soleil qui vient faire du lèche vitrine le long de la fenêtre de votre chambre n’a pas tout à fait la même signification ce jour-là, et que le vent qui vient pianoter sur les feuilles jaunissantes de l’arbre face à votre baie vitrée n’a pas tout à fait la même force. Aujourd’hui est un jour comme ces jours-là.

J’ouvre les yeux, papillonne des cils à la lumière du soleil, j’y vois un sourire de mon enfant, là-haut. Je m’assois à ma table, et regarde paisiblement le vent danser dans les feuilles de cet arbre majestueux, et j’imagine mon bébé ange gardien sauter de feuilles en feuilles pour m’offrir un joli spectacle matinal, pour me faire sourire.
Ce jour si spécial…
Si spécial est ce jour, parce qu’il est un souvenir entrelacé à la réalité grandissante, il est cet ange qui s’était accroché en ce mois d’octobre, il est sa soeur qui est née après 9 mois de voyage, et qui a fêté ses 9 mois hors de son cocon.
Mes deux enfants m’accompagnent à leur façon, pour écrire sans trembler, pour m’apprendre à voler hors du nid, pour me dire que maintenant j’appartiens à la « vie normale », celle où on l’a rencontré l’amour, où l’on s’est engagés à s’aimer jusqu’au bout, celle où on a un enfant, celle où on a un travail, des responsabilités, des inquiétudes, des pleurs, des rires, mais toujours la même satisfaction au soir couchant de se dire que la vie nous a sourit.
Cette vie normale,tant espérée….me voilà prête. Un petit frère ou une petite soeur il n’y aura pas, on nous dit de ne jamais dire jamais. Je ne le dis pas, mais avec la certitude actuelle et nos souhaits respectifs à mon mari et à moi, nous n’aurons pas d’autre enfant.
Parce que cette vie normale, nous la choisissons à trois. Parce que courir le risque d’être à nouveau à 140bpm pendant 9 mois sans connaître l’issue à long terme n’est pas envisageable, parce que recommencer les traitements et la course au positif avec l’angoisse du cauchemar effroyable de perdre un autre ange n’est plus supportable, parce que nous voulons avoir les moyens de répondre aux besoins de notre enfant, l’entourer autant que possible pour faire d’elle une femme accomplie qui aura eu toutes les clés pour réussir, parfois grâce à ses parents, surtout grâce à elle qui devra forger la majorité d’entre elles. Parce que nous voulons lui montrer les beautés de la Terre, voyager et lui ouvrir l’esprit sur d’autres cultures. Parce que nous ne voulons pas être tentés de comparer, ou devoir gérer des conflits. Et parce que notre couple compte plus que tout, et qu’avant d’avoir un enfant et être parents, nous étions un couple. Que nous adorons être tous les deux, une fois que notre princesse est couchée. Avoir du temps pour nous, pour nous recentrer sur nous, et profiter de chaque souffle de notre moitié pour lui dire qu’il est notre tout, notre amour, notre besoin.
Ce jour est spécial, parce qu’il est temps. Temps de taper les tout derniers mots, qui eux aussi ont une saveur différente aujourd’hui. La tristesse n’est pas vraiment de mise, peut-être une certaine mélancolie sourde mais diluée dans beaucoup de reconnaissance. Celle que vous m’ayez lue, que vous m’ayez portée dans vos coeurs et sur vos épaules, vous ne pouviez m’offrir meilleure amitié, j’ai été comblée plus qu’il ne fallait et j’ai rencontré des personnes extraordinaires. Pour la majorité d’entre elles, elles sont mamans aujourd’hui. Quelques-unes demeurent le ventre vide, mais je reste à leurs côtés tout comme je reste à vos côtés.
A toi mon enfant, mon Ayline qui lira un jour ces lignes : je veux que tu saches que ton papa et moi avons été fous aux yeux des autres, avons été désespérés pour certains, avons été associables pour beaucoup, et aigris pour tous. Mais nous avons mené le plus beau des combats, puisqu’il nous a menés jusqu’à toi. Avoir perdu de l’estime aux yeux d’autrui ne nous a jamais empêché de continuer à nous battre pour avoir notre merveille. Ca en valait la peine, TU en valais la peine.
Merci à la PMA d’exister, merci à notre donneur que nous n’oublierons jamais, merci à vous mes lectrices que je connais et celles de l’ombre, merci à toi Ayline qui nous fait chavirer d’amour et rend nos coeurs tout chamallow, MERCI A LA VIE.