Mic mac

Je m’excuse par avance de cet article décousu, en quelques jours il y a eu tellement de virages que j’en ai le tourni.

Pour commencer, nous avons eu notre nouveau gynéco de la Maison des Lutins en visio consultation. Je ne m’étais pas trompée, il est d’une douceur et une bienveillance incroyables. Il n’a pas eu besoin de faire semblant, il éprouvait une peine sincère pour ces petits anges perdus.
Pour lui, nous n’avons pas encore fait le tour des examens pour tenter de comprendre la rébellion de mon utérus. Le bilan de FC à répétitions, c’est fait. La génétique, c’est fait (j’ai dû appeler le labo une bonne dizaine de fois pour le caryotype, et au dernier appel j’ai cru que j’allais venir tout crâmer quand j’ai su que les résultats étaient prêts depuis un moment mais « oups, on a oublié de les envoyer à votre médecin traitant » WTF ?!).
Reste le dernier examen : Matricelab, biopsie du terrier magique.

Je ne le sens pas cet examen, une grosse méga appréhension du truc. Mais le Mage (allez, il est baptisé !) pense que c’est une absolue nécessité de le réaliser car il pense que la majeure partie de l’explication des fc se trouve au sein des cellules NK.
Et comme j’étais sous cortisone sur cette dernière Rencontre, nous devons attendre le cycle suivant pour le réaliser, entre DPO 5 et 9. Il faut compter 5 semaines pour avoir les résultats, tu vois venir le truc foireux ?
Plus de Rencontre avant un bon moment, sachant que mes cycles ont la bonne idée de durer 5 semaines. Il y a des avantages à ça, mais aussi de sérieux inconvénients.

Je sais que le Mage a complètement raison, ça ne sert à rien de retenter pour se ramasser, ou tenter des dosages de cortisone hasardeux. Faut savoir où on va, et au moins on aura fait tout ce qui est possible de faire pour explorer les pistes possibles. Entre Doc Nounours et mon Mage, je crois que ça y est, on est vraiment bien suivis.
Mon coeur se serre, parce que je vois le temps passer, que je ne voulais pas autant de différence d’âge entre Poucinette et un p’tit Deuz, parce que je n’imaginais pas que ça puisse être encore très compliqué, et long… . Ma naïveté est tout bonnement ridicule, en pma c’est rarement simple.
Enfin voilà, sentiments mitigés.

Entre temps, j’avais appris qu’il fallait faire un test PCR 72h max avant le début du cycle avant de recommencer le gonal et compagnie. Ce sont les nouvelles directives de la Maison des Lutins, et franchement je comprends mais c’est naze. C’est un stress de plus, et surtout je ne vois pas comment on peut anticiper de faire un test 72h avant début du cycle quand celui-ci fait sa life et arrive quand bon lui semble.
Mais bon, en petite joueuse, j’avais fait ce fameux test. Eh bien je fais partie des sujets asymptomatiques, et j’ai appris que j’étais positive ! Okéééééé…. .
Donc ben tout ce qui en découle n’est pas topissime hein, mais au-delà de ça je prends les choses avec une certaine philosophie : on n’aurait de toute façon pas pu tenter sur ce cycle.

Cycle qui est arrivé le lendemain de la visio avec mon Mage adoré, évidemment. D’ailleurs, ça n’a rien à voir de placer ça là (décousu, j’te dis), mais le Mage m’a demandé s’il pouvait découvrir Poucinette puisque c’est lui qui avait orchestré la Rencontre à l’époque. Ils ont discuté tous les deux, il était tout ému, ça m’a vraiment touchée. Mon seul regret a été de rester avec la Sorcière autant de temps alors qu’on aurait pu vivre des moments bien moins amers avec lui.

Le lendemain de mon J1, j’ai appris le départ pour le ciel de ma mamie. Je suis énormément peinée, submergée par la tristesse. Les mots peinent à sortir, elle va me manquer à l’infini….je n’y crois pas, je ne peux croire que le soleil continue de se lever sans ma douce mamie. Dans ce départ, je suis au moins reconnaissante qu’il ait été doux, elle est partie au milieu de ses rêves, et ne les a plus quitté.

Je terminerai ce billet pour elle. Je t’aime mamie, repose-toi, ne t’inquiètes pas de mes larmes. Elle coulent pour qu’un jour le fossé qui nous sépare me permette, à mes vieux jours, de t’y rejoindre à la nage. Sois en paix ❤

Calme plat

Aujourd’hui, DPO 18, nada. Pas de cadeau mensuel de DN…
Moi pas comprendre. Le truc, c’est que la dernière fois que j’ai eu un résultat négatif après une insémination, ça remonte à la toute première rencontre, alors je ne me rappelle pas du tout quand est-ce que le cycle avait pris fin.

Bref, c’est un peu article qui ne sert à rien, mais si l’une d’entre vous avait déjà eu ce phénomène, je prends le témoignage avec plaisir pour cesser de psychoter sur un éventuel autre problème de je ne sais quoi !

En attendant, je pense fort à vous. Celles qui attendent un résultat, ou qui l’ont eu (et sont restées sur le quai, comme moi – ou sont montées, et ça c’est trop cool !), celles qui couvent leur trésor, les pmamans qui se sentent dans l’entre-deux du vécu pma qu’on n’oublie pas et leur vie de maman lambda, les paranges pour qui forcément j’ai une pensée toute particulière…Et puis les pmettes qui attendent de pouvoir commencer les protocoles, qui galèrent avec l’administration et la paperasse (et cette histoire de Covid qui me court sur le haricot).
Enfin voilà, je pense à vous. Et aussi à celles qui sans vivre la pma s’y intéressent assez pour fureter notre blogosphère ! 😉

Allez zou, je m’en vais retourner à mon activité préférée du moment : psychoter 😛

Clap de fin

Je crois que tu l’auras compris, le résultat de cette Rencontre est négatif.
Bien sûr, il y a la déception. Mais aucun regret d’avoir espéré.

Je me dirige sereinement vers la prochaine Rencontre, sans la Sorcière cette fois. Ca va changer beaucoup de choses, j’en suis certaine. Je n’irai plus avec la boule au ventre à la Maison des Lutins, ni simplement pour demander un renseignement (qu’elle me facturait 50€ au passage).

Il faut relever les manches, croire que la prochaine peut être la bonne. Je garde les lumières de mes rêves allumées, et je me rapproche de toi, mon bébé, inévitablement.

La bataille mentale

Depuis dpo4, c’est une lutte qui ne vous sera pas étrangère.
L’espoir et le pessimisme se bagarrent, ça prend des proportions telles que les nuits sont hachées, sans parler des cauchemars. Telle douleur semble prendre le dessus, et on se met à la fois à espérer que c’est bon signe tout en se disant que c’est certainement foutu.

Je ne cherche pas à lutter contre cette dualité. Je crois qu’à un moment il faut assumer chaque phase, c’est normal que ce soit là, si présent, si envahissant. C’est envahissant parce que cette dualité se mesure à l’amour qu’on a mis dans cette tentative, ou plutôt comme je préfère l’appeler, la Rencontre.

Et cet amour, il s’est fondu dans les portes de nos âmes quand, dans un regard ému et tendre, on comptait ensemble jusqu’à 10 avant de retirer l’aiguille de mon ventre. Ou encore quand Loulou embrassait ma peau comme pour effacer les bleus dûs au Gonal. Ou quand, pensant que je dormais alors qu’il se levait, il a posé sa main sur mon ventre avec une douceur infinie et a murmuré « bonjour toi », deux jours après la Rencontre.

J’avais peur au début de placer trop d’espoir dans cette Rencontre, qui n’a peut-être pas eu lieu, ou qui s’est évanouie à l ‘abri des regards. Mais ne serait-ce que parce qu’elle peut avoir eu lieu, et qu’elle peut être encore présente, j’ai choisi de l’aimer.
J’aurai peut-être mal quand, à dpo15, je vais découvrir les résultats. Mais je ne regretterai jamais d’avoir un espoir bien vivant, et d’avoir laissé mon Loulou s’émouvoir à l’avance, couver mon ventre de son regard de papa que je connais si bien.

Je ne peux pas mentir en disant que l’on passe à l’aise ces jours, ils deviennent interminables. Mais ces moments ne me seront pas rendus, jamais. Alors autant les aimer, les honorer de tout notre désir de voir un petit coeur qui va bien.

DPO12, plus que 3 jours avant de savoir, ou avant si j’ai mon cadeau menstruel à DPO14. Voyons au jour le jour déjà, et continuons de faire briller nos rêves même quand il fait tout noir, la nuit devient insignifiante face à ces lumières incandescentes que je compte bien alimenter.

Nounours-en-guimauve-dans-un-champ-de-barbe-à-papa

Reprenons le récit passionnant de l’antre de la Sorcière au chaudron pas du tout magique.
Madame-en-chef voulait donc que je vois un spécialiste des maladies auto-immunes après s’être insurgée, affolée, braquée (mets tout ce que tu veux en plus) face au bilan.

Ce jour ô combien attendu est arrivé hier, DPO8 (ça ne sert à rien dans le contexte, mais au cas où tu es pommée sur ma leeeeente attente dpoesque, te voilà à jour !).
Comme tu dois le savoir, chère lectrice de l’ombre ou de lumière tant aimée, j’adore décrire le cadre, histoire que tu plonges avec moi dans ce fameux récit autobiopmique (mon blog, mes règles du jeu…^^).
Alors voilà…j’ai obtenu ce rendez-vous en appelant un hôpital réputé pour être à la pointe de tout plein de choses. Cet hôpital est flambant neuf, et immense. Mais avant ces magnifiques locaux polis aux crocs et brancards, il y avait les anciens locaux. Dans des bâtisses de briques et de tuiles décrépies. Et le service en question se trouve donc dans les anciens locaux que je ne connaissais pas encore. Il reste quelques services actifs dans ces bâtiments d’un autre temps.
C’est donc à pas prudents, longeant des couloirs sombres et vides, suivant les flèches imprimées sur des feuilles au grammage proche du calque (vive les coupes budgétaires), me demandant si vraiment je ne m’étais pas trompée, qu’enfin, tooooout au bout à gauche, je vis la lumière du secrétariat !
Je m’enregistre et m’assois au milieu d’une dizaine de patients. Une discussion en particulier attire mon attention, il paraît donc qu’il y a un peu plus d’une heure et demie de retard. Et zut…je ne pourrai donc pas être présente pour récupérer Poucinette à l’école pour son premier jour… . Message envoyé à Loulou, il va gérer.

J’ai donc tout le temps d’observer les médecins aller et venir. Ils ont l’air tous vraiment sympathiques. Et puis, je vois un homme marchant difficilement, mais comment décrire ce qui émane de lui…de la combativité et une force tranquille. En lisant son badge, je sais que c’est lui qui va me recevoir en consultation, et tout à coup je me sens sereine.

C’est lui qui est très en retard. Apparemment ses collègues ne le sont pas, les patients défilent plus vite et ceux qui arrivent n’ont pas vraiment le temps de s’asseoir qu’ils sont déjà reçus. Mais qu’importe, ce rendez-vous peut changer énormément de choses pour nous.

Quand vient mon tour, le médecin s’approche de moi et, d’une voix très chaleureuse et rassurante, il m’invite à le suivre.
Son bureau est baigné par le soleil, il se dégage une paix et un calme envoûtants. Il est difficile à nouveau de te décrire « l’invisible pour les yeux », mais c’est comme si j’étais entrée dans un cocon de lumière réparatrice.

Il s’asseoit, et pose des yeux très paternels sur moi. Il m’écoute, ne m’interromps à aucun moment, il ne me juge pas. Ce qu’il s’est passé ensuite a changé ma vie, je t’assure que je n’exagère pas. Il a réussi l’exploit de me redonner un véritable espoir et une impatience à être enceinte, et après avoir eu le coeur autant cabossé, je peux te dire que c’est beaucoup.

« Bien…, commence-t-il, je suis en colère. La prise en charge que vous avez reçue est honteuse, oui c’est une honte pour le monde médical. Vous avez été malmenée, vous vous êtes battue seule, vous avez eu des avis divergents, et je sais que je ne devrais pas le dire…mais des jurons me viennent concernant votre gynécologue (la Sorcière). Vous avez saigné 3 jours ?! Mais enfin, je ne vois même pas comment c’est possible de faire un carnage pareil pour une insémination ! Et vous bloquer toute autre insémination…impensable et sans aucun fondement. Je vais lui faire un courrier, laissez-moi lui expliquer que vous êtes maintenant entre mes mains et que je vais prendre des décisions. Quant au fait d’avoir voulu attendre que vous viviez d’autres fausses-couches avant d’accepter que vous ayiez un bilan, je suis véritablement choqué qu’on ait même osé vous suggérer d’en vivre encore et encore. »

Les larmes montent, sa bienveillance réchauffe le coeur. Son regard s’attarde alors sur le bilan, je le vois déchiffrer, lier tel résultat à un autre, éplucher, dissocier.

« Quant à votre bilan…sur les anticorps anti-nucléaires on aurait pu effectivement penser à une positivité. Mais au vu des autres résultats autour qui sont essentiels pour une lecture complète du résultat, ce résultat est normal. Limite, oui, mais il ne peut en aucun cas expliquer autant de fausses-couches.
En revanche, vos fausses-couches sont dites placentaires. Et là, je vais vous expliquer le résultats de nombreuses années de recherches.
Des patientes comme vous venaient pour des fausses-couches à répétitions mais n’avaient pas le profil des autres patientes qui, elles, avaient un nombre important d’anticorps. Elles étaient un mystère pour nous.
Il s’avérait que c’étaient des fausses-couches placentaires, soit à partir de 5sa. Alors on s’est penché sur le placenta. Et ce que nous avons découvert a changé la vie de 95% de ces patientes. Le placenta est en 3 parties : une 100% maman, une 100% bébé, et une entre les deux qui a sa propre immunité. Personne ne sait encore d’où vient le placenta, car quand on l’étudie on ne retrouve aucune cellule maternelle ou foetale. Mais ce qu’on a compris, c’est que l’une des 3 parties peut dysfonctionner et entraîner une hémorragie qui va donc décoller un bébé en bonne santé. Cela peut entraîner également un retard de croissance, ou par la suite une pré-éclampsie, une hypertension, une MAP. Nous avons testé plusieurs traitements, jusqu’à tenter les anti-coagulants. 95% de ces patientes ont mené une grossesse à terme, c’était une véritable révolution.

On  ne peut savoir ce qu’il se passe aussi dans l’immunité propre au placenta, car elle est indétectable dans le sang de la maman ou du bébé. C’est la zone floue des 5% restants. On a donc tenté la cortisone, et nous avons vu des résultats très positifs pour certaines patientes, mais d’autres n’y ont pas répondu. Tout comme on a testé la cortisone pour les profils de patientes qui faisaient des GEU, et on ne sait comment ni pourquoi, mais ça marche.

On ne vous a jamais donné cette explication vous concernant ? »

J’étais bouche bée, perdue et sonnée, et puis à la fois tellement rassurée encore. Non effectivement, jamais on ne m’a parlé de ça. Mais mon doc Nounours-je-t’épargne-le-reste m’explique que j’ai le profil type des patientes dont il vient de me parler.

Il continue alors (c’est un homme passionné et passionnant) : « je vous prends en charge à partir de maintenant, vous n’aurez plus jamais un semblant de prise en charge hasardeux. Si le bêta est positif, on se revoit 48h après maximum pour commencer concrètement le suivi. Suivi qui consistera en la mise en place d’anti-coagulants à 0,6mg – je vous laisse continuer la cortisone – une écho doppler de l’utérus et ses artères ainsi qu’une écho morpho de votre bébé tous les mois. Ca va nous permettre de ne pas passer à côté de quoi que ce soit, et d’adapter les traitements en conséquence. Je vous donne également de quoi me contacter personnellement, et je rédige un courrier pour votre doc, votre gynéco. Vous en aurez une copie également. »

Derrière son masque, je pouvais deviner un sourire bienveillant, même ses yeux souriaient. Un homme solaire, d’un âge certain, dont l’expérience est connue de tous (la remplaçante de mon Doc le connaissait, il est très respecté dans le milieu médical) et dont les résultats de longues recherches sont incontestables.

J’ai senti tout mon corps se relâcher dans un souffle, c’est là que j’ai pris conscience de toute la tension qui pesait sur mes épaules depuis quelques semaines. Je ne peux relater tout ce que doc Nounours m’a confié sur ses actions humanitaires notamment, je veux garder ces précieux moments égoïstement pour moi.

Mais ce que je peux t’affirmer, c’est que la perle rare se trouve tout au fond à gauche de locaux vétustes, quelque part au nord de la France, au milieu des vieilles peintures craquelées et au bout de plusieurs flèches sur feuilles-à-coupes-budgétaires. Et maintenant ? Je n’ai plus peur, je sais que je suis enfin entre de bonnes mains. Je ne m’agite plus en tous sens, je ne perds plus mon souffle, je me repose, et j’ai une VRAIE prise en charge qui va sauver mon bébé d’une mort certaine.

Mon tout petit, mon petit poisson (daaaaans l’eau !!!), si tu es là en ce moment dans mon bidouchon….accroche-toi fort, tu peux t’installer sans crainte. On va prendre soin de toi ❤

PS : j’ai tel la Maison des Lutins. J’ai dénoncé les agissements de la Sorcière. Le pire je crois, c’est que la personne au bout du fil n’était pas surprise… . J’ai désormais le gynéco qui avait fait l’IAD gagnante pour Poucinette, il était génial et très humain. On me l’a confirmé. Et il a accepté de me suivre (soulagement total !). J’ai rendez-vous mercredi prochain pour faire le point avec lui, en fonction aussi des résultats de cette IAD.

Le jour où ça a dérapé

Je voudrais commencer cet article en vous remerciant pour vos commentaires sur les résultats du bilan. Je n’ai pas encore répondu car j’ai éprouvé le besoin de me mettre dans une bulle. Bulle qui a été assez rapidement éclatée par le tumulte médical autour de mes résultats.

Le gros inconvénient d’une prise en charge à l’étranger, c’est qu’il n’y a pas forcément de cohésion entre les médecins Français et l’ex-Magicienne transformée en Sorcière.

Mon doc étant parti se dorer la pilule en Dordogne, c’est sa remplaçante qui m’avait donc annoncé le résultat des courses. Elle m’a placée directement sous cortisone et ajouté du lovenox en cas de positivité.

A côté de ça, mon J1 avait donc débarqué. Cycle qu’attendait la nouvellement nommée Sorcière pour entamer une nouvelle tentative avant éventuel reconfinement (son argument a fait le poids dans la balance, alors on a fini par se décider à essayer).

C’est donc à J3 que j’ai commencé à nouveau les pik pik de Gonal 50ui, additionné à 15mg de cortisone par jour.

A J10, j’apprends que le bilan génétique est bon (facteur 2 et 5 et un autre truc) mais qu’il faudra attendre le résultat du caryotype d ici 2 semaines. Soit. J’apprends entre temps que la remplaçante de mon doc s’avère être une copine lol on n’avait pas tilté sur le coup, mais en recevant son mail avec les dites ordonnances, on a bien rigolé sur la petitesse du monde. Mais aussi, elle a pris le temps de m’appeler pour me booster, m’encourager, et me faire rire. Et franchement, ça m’a fait du bien.

J11, jour fatidique des contrôles de pds et monito. On voit un fofo de 18,5mm et l’endomètre à 7,3mm. La prise de sang montre une réponse ovarienne la plus basse que j’ai eu depuis ma toute première insémination. J’avoue que j’ai les boules à ce moment-là, d’habitude l’oestradiol est autour de 300, et je suis à 180. J’ai aussi normalement un ou deux fofos à 21mm et un bel endomètre à au moins 10mm. Mais à côté de ça les LH et FSH affichent des taux similaires aux autres tentatives. Bon…

J’ai la Maison des Lutins au tel qui me dit de faire le pik pik d’ovitrelle à 23h et de venir lundi (ce lundi, donc). Je suis en plein doute et tique encore sur ces résultats mais décide de faire confiance.

Et nous voici donc lundi dans la Maison des Lutins, moi pliée car ovulation en cours et Loulou stressé et excité à la fois.

Quand on demande à la secrétaire si cette fois Loulou peut assister à la Rencontre, celle-ci nous répond à voix basse que malheureusement non à cause de la Sorcière, extrêmement protocolaire (aka covid, toussa toussa). Ça aurait été un autre gynéco, il n’y aurait pas eu de souci. Première claque.

Quand la porte de l’antre de la Sorcière s’ouvre, je comprends que le moment va réellement être désagréable. Pas un mot, pas un sourire, un regard froid et une démarche militaire. Je me demande bien ce qu’il s’est passé en 6 ans de temps pour qu’un droïde remplace la Magicienne de mes souvenirs.

Elle me dit d’entrer, et claque la porte au nez de Loulou sans plus de considération. Elle pianote sur son écran et sans me regarder, me montre ma paillette pour que je valide mon nom inscrit dessus. Toujours les yeux rivés sur son ordinateur, la Sorcière me dit de me déshabiller et de m’installer, les pieds dans les étriers. Le ton de sa voix est dénué de bienveillance.

Quand je m’installe, elle se place face à moi et commence à placer le speculum avec la douceur d’un bûcheron. Mon utérus étant rétroversé, le col reste fermé, alors elle force. Me fait archi mal, pique dans le col avec un cathéter rigide mais ne réussit qu’à me faire plus mal encore. Et puis elle finit par me mettre la pince au col, je respire autant que possible mais la douleur est insupportable.

« Détendez-vous ! » Claque-t-elle. J’ai une envie de pleurer, je pense fort à Loulou et à tout l’amour que j’ai pour lui, et enfin, elle tire et enlève la pince. Une douleur cuisante palpite encore, j’ai la tête qui tourne mais je respire profondément pour calmer tout ça.

Elle revient s’asseoir à son bureau pendant que je reste allongée, et le sujet très fâcheux du bilan arrive. Quand elle apprend pour les anticorps, elle entre dans une colère encore plus froide et siffle entre ses dents que si elle avait su ça avant l’insémination, celle-ci n’aurait pas eu lieu. Elle n’accepte pas qu’un médecin m’ait mise sous cortisone sans son accord royal, et m’assène un coup fatal quand elle m’annonce alors qu’elle bloque toute autre insémination tant que je ne vois pas un spécialiste qui me fera faire plus de prises de sang. Puis avant de m’inviter à quitter son antre, elle me sous entend qu’on sera de toute façon amenées à se revoir (en gros, si t’es enceinte tu feras encore une fausse couche puisque ma parole à moi donne de la valeur à la cortisone contrairement à ton con de médecin français). Ça c’est fait.

Je précise que c’est elle qui ne voyait pas l’intérêt de faire un bilan « si tôt » et qu’elle comptait sur mon gygy d amour pour gérer la chose, chose que gygy ne souhaitait pas gérer (chacun se relance la balle).

Et depuis tout ça ?

J’ai saigné 3 jours, 3 JOURS !! Boucherie assurée par les soins de ce droïde. Aujourd’hui je suis à dpo5, j’ai archi mal au bidou, je sens les battements du coeur sur mon utérus. Bref, c’est pas la grande forme.

J’ai obtenu entre temps un rdv urgent avec un spécialiste des maladies auto-immunes le 1er septembre prochain. Mon doc est vexé de la réaction de sa Seigneurie car il approuve à 1000% le choix de ma copine-remplaçante.

Voilà…prise en charge à l’étranger…. . Là ça a clairement dépassé les bornes.

« Faute à pas d’chance » a un nom, et ses gosses aussi.

Au milieu de nos vacances, le téléphone a sonné. J’attendais ça avec de plus en plus d’impatience et d’appréhension.

Et puis, la remplaçante de mon doc m’appelle. Elle me dit qu’elle n’a pas encore les résultats sur tout ce qui concerne ma génétique, mais qu’on a déjà quelque chose.

Le palpitant est à son maximum, mon moi intérieur beugle « anticoooorps !! Tu l’as toujours su !!!! Pense à étriper la biologiste et la gynéco de la pma qui n’y ont pas cruuuuu !!! Le couteau est dans le tirooooiiiir !! »

Bref, trêve de plaisanterie.

« Faute à pas d’chance a un nom », il s’appelle Auto anticorps anti-nucléaires. Et ses gosses ? Il en a deux qui se prénomment respectivement Anticorps anti-phospholipides et Anticorps anti-cardiolipides. Une bien belle famille…

Ça ne nous laissait évidemment aucune chance d’avoir une grossesse qui va bien. Pour Poucinette j’avais été mise sous cortisone au cas où, et si elle est là les médecins me croient maintenant quand je dis que la cortisone l’a sauvée.

Comment je me sens ? En colère, on m’a prise pour une conne aigrie et hypocondriaque. MAIS J’AVAIS RAISON !

Et puis bien sûr, je me sens triste…j’aurais dû écouter mon instinct et prendre cette fichue cortisone plutôt que de faire confiance à la Magicienne (Sorcière grrr).

Il y a aussi un certain soulagement, à la fois d’entendre ce doc me dire que je n’étais pas folle, sans cortisone je n’ai aucune chance d’avoir une grossesse évolutive. Et puis de savoir maintenany que ce traitement est le bon.

Du coup, je me suis autorisée à relâcher la pression…mon J1 s’est dit que c’était un bon timing pour faire coucou. Aïe.

 

Bilan de fausses-couches à répétition ET visio consultation avec la Magicienne

Je ne sais pas si ça peut vous intéresser, je me dis que ça aurait attiré toute mon attention de connaître les différentes recherches sanguines effectuées dans le cadre d’un bilan de fausses-couches à répétitions.

Mon médecin a donc prescrit la totale – enfin, c’est ce que je pense – pour ne pas passer à côté d’une petite cochonnerie responsable du chaos dans mon utérus. Il va falloir avant que mon HCG soit négatif, c’est une exigence de la Maison des Lutins (je vous en parlerai après) ET que je me remette un temps soit peu de tout le sang perdu, sinon je vais clairement avoir besoin d’un brancard le jour du prélèvement, vous allez vite comprendre pourquoi :

  • TSH T3 T4
  • Anticorps anti TPO
  • Anticorps anti Tg
  • Anticorps anti nucléaires et ag solubles
  • Anticorps anti phospholipides et anti cardiolipides
  • Anticorps anti ET (téléphone maisooonnn…pardon, je m’égare)
  • Complément CH50
  • C3 C4
  • TP
  • TCA fibrinogène
  • NFS
  • Ferritine
  • Vitamine B6, B9, B12
  • Protéine C
  • Protéine S
  • Anti thrombine 3
  • Anticorps anti Bêta 2GP1
  • homocystéinémie
  • Facteur II
  • Facteur V
  • ACCO
  • mutation 677C T MTHFR
  • Caryotype

Donc voilà, il va en falloir des tubes pour tout ça ! Quand on sait que lundi j’ai eu un malaise pour un seul tube de sang, va falloir que je prévois le coup !
Mais si on a enfin une réponse, ça en vaut largement la peine.

Et puis, mercredi nous avons eu notre visio consultation avec la Magicienne de la Maison des Lutins. Poucinette avait très envie depuis plusieurs mois de voir qui était ce fameux docteur qui nous avait aidé à la faire pousser dans mon ventre. Alors nous avons convenu avec Loulou qu’elle pourrait assister aux premières minutes de notre visio consultation.

Ainsi, quand la Magicienne est apparue à l’écran, celle-ci a été bien surprise et émue de découvrir cette petite fille blonde aux yeux bleus qui se tenait face à elle, bien décidée à lui parler.
J’imagine l’émotion que ça doit être pour une PMA impliquée que de découvrir ces petits miracles auxquels chacun aura activement participé.

Poucinette était visiblement très touchée aussi, sensible qu’elle est. Et alors, les mots qu’elle a prononcés ensuite nous auraient fait pleuré tous les trois (Loulou, la Magicienne et moi) : « Bonjour Docteur. Je voulais vous dire merci parce que vous avez aidé mes parents, vous leur avez trouvé des graines et grâce à vous je suis née. Et puis, je voulais aussi vous dire merci parce que vous les aidez encore pour avoir un autre bébé. »
C’est bien la première fois que nous avons vu la Magicienne bouleversée, elle en a bafouillé, a remercié Poucinette pour ces jolis mots, lui a dit qu’elle était vraiment heureuse de la rencontrer et qu’elle aimerait faire naître encore plus de bébés comme elle.

Tite Poucinette lui a dit que maintenant elle la laissait pour faire le rendez-vous avec nous, et est montée dans sa chambre pour nous permettre de discuter « du sac à bébé tout fâché que les graines n’aient pas fait pousser comme il faut un bébé ».
Je suis désolée pour cette parenthèse qui peut paraître MILK, mais vraiment c’est important pour moi d’écrire aussi sur ma fille, car elle résulte d’un premier combat et parce que c’est important de l’intégrer à ce projet de famille. Ça pourrait en outre parler à d’autres couples qui ont eu un premier enfant et qui vont en pma pour agrandir leur famille.

Notre Magicienne a peiné à afficher à nouveau une attitude habituellement plus distante, car ce petit moment avec notre miracle était doux, inattendu, et vraiment important pour Poucinette.
Elle a maintenant un visage quand on lui parle de la pma et du docteur, et ça lui a visiblement fait du bien.

Une fois l’attendrissement passé, nous sommes rentrés dans le vif du sujet. J’avais quand même envoyé un mail à notre Magicienne pour lui signifier que « Faute à pas d’chance » frappe un peu trop à notre porte à mon goût. Elle a donc compris que cette non-explication ne me suffisait plus et m’a donc parlé d’elle-même du bilan de fausse-couches à répétition, me disant que normalement on attendait 2 FC consécutives en PMA avant de chercher une cause, mais qu’il est vrai que vu notre historique il pouvait être judicieux de le réaliser là.

J’avoue que ça m’a rassurée, je me voyais déjà lui « cacher » ce bilan, car elle peut-être vraiment tranchante dans ses propos, et là très franchement je ne me sentais pas du tout prête à en débattre avec elle.
Elle veut donc bien sûr que les résultats lui soient transmis. J’espère tout ce que je peux que ce qu’on va découvrir – j’ai quelque part besoin de voir un truc qui ne va pas pour envisager des solutions plutôt que de rester sans réponse – sera simple à museler pour que les inséminations restent toutes indiquées pour nous.
Nous ne pourrions tout bonnement pas faire de FIV financièrement parlant, et nous ne nous voyons pas reprendre tous les traitements lourds avec toute cette route à faire etc. Notre projet s’arrêterait là…

Mais on va garder en tête que ça ne sera pas le cas, hein ?

Dernière chose que je dois faire : des prises de sang de HCG jusqu’à négativité. Ca ne me fait pas rêver, ça ne nous aide pas à aller de l’avant de refaire ces prises de sang régulièrement. Mais c’est obligatoire dans la politique de la Maison des Lutins, donc pas le choix.

Vivement que tout soit derrière nous, des fois j’aimerais faire une avance rapide dans ma vie pour voir ce que donnera l’année prochaine à la même époque, juste pour voir si on a raison de se battre. Et vous ?

No woman’s land

Cet article ne sera pas super positif, vous pouvez passer votre chemin si vous en avez ras le bol de me lire me plaindre, franchement je comprendrais.

J’ai l’impression qu’on m’a encore troué la peau jusqu’au bout de l’âme après m’avoir encore marqué « fausse-couche » au fer rouge .

Comment vivre avec ce corps qui me trahit ? Vivre avec le dégoût d’un petit ventre naissant qui peine à revenir à son apparence initiale ? Comment ne pas chialer face à un hcg encore positif mais vide de sens ?

Hier soir (et là vous pouvez encore vous barrer, mais les répercussions sur l’intimité du couple est réelle), j’avais tellement envie de câlins avec Loulou, les saignements s’étaient enfin arrêtés et la migraine que je traînais depuis une semaine était plus supportable. J’étais émerveillée devant son corps si beau, face à toute la beauté qui émane de lui, de tout lui. Il était magnifique dans les reflets rougeoyants de la lumière tamisée qui nous enveloppait.
Mais je n’arrivais pas. Mon corps à moi, je le déteste. Qu’il soit aimé, caressé, j’ai trouvé ça injuste, moi qui ne me sens plus femme. Le vrai problème, c’est que je relie cet état de femme au fait de donner la vie, ce qui est une réelle connerie, et je le sais. Mais voir l’amour de ma vie embrasser ma peau, aimer ce que je suis, je me suis sentie coupable.

Coupable de ne pas avoir pu retenir notre bonheur, le faire pousser comme il faut. Coupable d’avoir tant saigné, d’avoir senti « tomber » l’espoir au fond des toilettes. Et coupable qu’un moment d’amour se transforme en souffrance, parce qu’on nous a déjà tant enlevé que je ne veux pas qu’on nous enlève le bonheur de ne faire plus qu’un.

Loulou est un homme si attentionné, bien sûr qu’il a compris, bien sûr qu’il a pris le temps de me rassurer, de poser des mots empreints de douceur et de tendresse.
Je me blindais tellement pour ne pas avoir mal et pour ne pas communiquer ma douleur, j’utilisais le mot « embryon » pour ne pas dire bébé, je parlais de taux et de résultats pour ne pas parler d’espoir et de fausse-couche. Mais ce manège ne marche jamais bien longtemps.

La réalité vient te gifler à un moment ou un autre. Et ce moment est arrivé hier soir. Hier soir j’ai parlé de bébé, j’ai parlé de tout l’espoir que j’y ai mis et de cette fausse-couche immonde. J’ai pleuré face à cet homme que j’aime tant, écoeurée de ne pouvoir faire un bébé comme tout le monde alors qu’on a tellement d’amour l’un pour l’autre. Evidemment que ce sont des phrases bateau de pmette en colère et triste, on sait bien qu’à l’époque où l’on vit on a la « chance » d’avoir la médecine et la possibilité de se tourner vers d’autres alternatives.
Mais le mot alternative résume à lui tout seul toute l’anormalité de la chose. Et s’aimer tant, se désirer tant, construire tant…pour que rien ne vienne éclore sous mon nombril, c’est d’une infinie tristesse.

Ca ne vous est jamais arrivé de pleurer après un tel moment de communion parce que vous savez qu’il n’en naîtra aucun bébé ?
Alors bien sûr, si nous vivons des moments d’amour, ça n’est pas (pour notre part) pour penser non-stop à l’envie d’avoir un bébé et d’essayer quand même, même si un miracle ne serait pas de refus, hein. On les vit parce qu’on s’aime. Mais parfois, cette pensée m’étouffe et les larmes coulent silencieusement après une telle intensité d’amour et de passion. Je ne suis pas en train de dire que je vis mal le don. Je vis mal l’infertilité de notre couple, point.

C’est moche, cette injustice. Je ne ressens pas de jalousie vis à vis des autres couples qui ont le bonheur d’avoir des bébés couette, chacun sa vie et son parcours. Je suis juste triste pour nous, et pour vous mes copinautes de bataille.
Et en ce moment, je meurs de tristesse. J’ai l’impression d’être une grosse larme toute amère qui coule le long de son mirage de bonheur et qui vient s’assécher et mourir au creux d’une fissure sous un soleil brûlant. Oui, rien que ça !

J’ai besoin de retrouver les bouts cassés qui font que ma mécanique est à l’arrêt, j’ai besoin de me sentir à nouveau femme mais le chemin semble long. Je n’en suis pourtant pas à ma première fausse-couche (horrible d’écrire ça…), mais je semble repartir toujours du même point à devoir gravir les mêmes étapes, les mêmes marches usées par mes propres pas.

Quelles choses positives avez-vous faites pour vous sortir de cette spirale infernale ?

Ah et au fait, 23 ui ce matin. Première fois que j’espère lire un négatif, c’est un comble. Et histoire de bien marquer le coup, j’ai fait un malaise sur le retour (j’étais seule, sinon ce n’est pas drôle) après le prélèvement sanguin. Je pense avoir perdu pas mal de sang, j’ai un mal fou à m’en remettre, cette prise de sang n’était pas idéale dans ce contexte. Après avoir cru vomir toutes mes tripes, et dormi pendant 3 heures, je vais mieux.
Et cet après-midi, c’est le rendez-vous avec mon Doc pour parler bilan de fausse-couches, tout ça, tout ça…c’est sans doute ces couteaux remués dans la plaie qui me rendent particulièrement chafouin. Mais j’ai le droit, et je le revendique. J’étais enceinte, merde !

Avant de partir pour l’hôpital…+EDIT

Le bilan de ce week-end est que nous avons passé le pire de la tempête. Loulou a été là à chaque instant, à me laisser m’agripper à lui à chaque contraction, respirer ensemble, contrôler le débit du sang qui coulait après chaque salve.

Il m’a murmuré un nombre incalculable de fois au creux de l’oreille : « je suis si fier de toi, tu es courageuse. Je t’aime ma chérie. Tiens bon, on va passer tout ça. »

Et il avait raison, on a passé ensemble le moment le plus douloureux et le plus déchirant de cet adieu. Maintenant c’est le coeur et l’âme qui ont besoin de panser les blessures, mais c’est ensemble que nous le ferons. Je l’aime tellement cet homme… .

Et notre fille dans tout ça ?
Elle a aussi eu une explication la plus simple possible au retour de notre rendez-vous avec Gygy d’amour : « les petites graines n’ont pas réussi à faire pousser un bébé, alors le sac à bébé n’est pas content et se serre très fort pour tout bien nettoyer et se préparer à accueillir des petites graines qui vont bien. »
Pas besoin d’en dire plus, pas besoin de compliquer les choses. Elle a bien compris, était déçue, mais a repeint son visage de son sourire solaire quand on lui a dit qu’on irait de toute façon chercher de nouvelles graines en Belgique. Poucinette a redoublé de câlins, de caresses sur mon visage, m’a fait de jolis dessins. Elle a aussi fait des bêtises inhabituelles, fait une colère…mais on sait que c’est aussi sa façon à elle d’extérioriser ses frustrations et les émotions qu’elle perçoit en nous. A force de discussions, on a pu temporiser pour le moment. Step by step. Notre famille s’est retrouvée ébranlée, écorchée, à terre mais pas sous terre. On se relèvera.

Ce matin, je me suis réveillée avec la peur au ventre, et je voulais au départ un peu épancher ça avant de partir. Et puis j’ai senti une petite main toute chaude se poser sur mon épaule. Quand je me suis retournée, j’ai saisi dans les yeux azur de ma fille le plus important : je ne suis pas seule. Je ne suis pas une incapable, une simple tombe pour mes petits anges. J’ai un jour porté la vie jusqu’au bout. Et ça reviendra, parce que je ne peux pas concevoir qu’il en soit autrement. ATTENTION, je ne dis pas qu’une femme qui n’a pas encore eu de grossesse menée à terme est une « tombe » ou une « incapable », ces termes ne concernent que MON ressenti personnel sur MON histoire et surtout un rapport avec MON corps qui a été très difficile après la perte de mon Envolé. Je ne cessais de dire que je ne savais qu’ensevelir et jamais donner la vie. Poucinette avait été un véritable miracle. Mais revivre cette fausse-couche m’a remis dans la tête ce schéma « d’incapacité » à porter la vie, malgré le fait d’avoir déjà Poucinette je me suis à nouveau enfermée dans ces phrases destructrices depuis jeudi. C’est une lutte pour l’estime de soi, et mes vieux réflexes sortent au plus noir de la nuit.

Je sais que j’ai une chance immense d’être maman après un premier parcours en pma. Mais je suis aussi une mamange…je mesure les sacrifices, les larmes, les douleurs, le courage et l’amour qui nous ont amené jusqu’à ELLE. Et j’ai peur de devoir passer par les mêmes cases pour notre avenir.

Même si je me revêts de courage pour aller faire ce contrôle à l’hôpital ce matin, je sais qu’il faudra aussi du temps après cet éprouvant début – en cours – fin de grossesse. Et j’espère qu’à l’écho, on pourra confirmer que tout est bien fini, que tout a « disparu ».

En attendant de vous en dire plus sur ce rendez-vous, je voulais vous remercier pour vos mots si doux. Ca ne répare pas les bobos, mais votre bienveillance est un baume qui fait du bien. Merci à chacune d’entre vous ❤

EDIT : tout est parti. L’endomètre est encore à 8mm, mais Petitou est parti…soulagement, et peine immense à la fois. La vie est faite de paradoxes…et ça fait toujours aussi mal.