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Archives de Catégorie: l’ère du changement…

Ecrire une autre page sans oublier les précédents chapitres…

Voilà un mois (et deux jours) que Franz fait partie de nos vies. Déjà. Et seulement !

Après une fausse couche, il n’est pas évident de se plonger dans le bonheur. C’est une autre page qui s’écrit, un tout nouveau chapitre emprunt d’amour et de joie, mais c’est la même encre utilisée depuis le début, et la même plume qui a formé des lettres douloureuses, sanglantes, et endeuillées.

Il y a eu au début les cauchemars, ils sont aujourd’hui un mauvais souvenir, heureusement. Il y a eu la tendresse de Loulou, son regard à nouveau pétillant et sa main qui cherche Franz et caresse mon ventre, et il y a eu son « je vous aime » qui m’a glacé le sang, parce que c’est ce qu’il disait…pour notre ange, et ce chaque jour. Il a compris, vu dans mes yeux la tristesse et la blessure indélébiles et depuis, il ne le dit plus…et je m’en veux terriblement. Je ne suis pas prête à entendre ces mots, ils « appartenaient » à notre histoire avec notre ange.

Et que dire de ce « mensuversaire » qu’on adorait fêter avec lui? A 4sa, 8sa….et c’est tout, car aux 12sa il n’était plus là. Alors vendredi, tandis qu’on était prêts à sortir de notre voiture pour se promener au plan d’eau près de chez nous, je dis innocemment à Loulou que j’aimerais bien me manger une tite gaufre (sans doute suite aux nombreux comms sur un certain blog d’une ptite pmette qui part en Belgique en juin 😉 ). Seulement, le seul endroit tout près pour manger ça, c’est celui où on allait fêter nos mensuversaires. Déchirure…douleur ravivée, larmes, colère, tout y est passé.

Je l’aime mon bébé, je l’aime très fort. Je suis consciente et suis heureuse que ma grossesse soit différente, unique. Mais je comprends aussi qu’il va falloir petit à petit écrire cette nouvelle page en me l’appropriant. Loulou m’a consolée, Loulou a pleuré aussi parce que cet ange nous manque à tous les deux, mais il a eu ce réflexe de me dire : « ma chérie, on a le droit d’être heureux. Et ce bébé a le droit de fêter son mensuversaire, faut juste qu’on lui trouve SON endroit. Mais c’est important de lui faire sa place… ».

Le soir même, il m’a emmenée au cinéma. Et SON endroit a été trouvé. SON mensuversaire sera donc devant la toile. NOTRE page s’écrit, la plume est toujours la même, l’encre est toujours la même, mais notre bonheur est différent et peu à peu, je l’accepte. Et je me suis posée avec Franz, je lui ai expliqué doucement pourquoi il m’arrivait de pleurer, ce qu’il s’était passé. Ca me fait du bien, ça paraît dérisoire parce que Franz ne comprend pas, mais l’idée de lui expliquer m’apaise (merci à la pmette qui a eu cette idée ❤ ). Deux dodos avant de le revoir ce petit Franz… .

 

CODE COULEUR

Je veux croire que ma grossesse va bien se passer, que Franz sera parmi nous le 5 janvier 2015. De l’auto-persuasion ou simplement la foi? En tous les cas, je veux y croire. Tout ira bien. 

Je sais et ne peux que comprendre que certaines d’entre vous ne trouveront plus la force de venir sur mon blog commenter, ou simplement cliquer sur mon lien par peur de tomber sur un article qui leur feront du mal. Les copines, j’ai trouvé une solution. Hors de question pour ma part de vous laisser tomber, de vous blesser, ou d’arrêter voire même supprimer mon blog passée les 3 mois de grossesse (comme j’ai pu le lire pleins de fois, les blogs des copines enceintes sont la preuve que ça peut fonctionner, c’est un encouragement ; et puis pour moi, c’est important de parler de Franz…il est le fruit de notre combat) Alors j’ai trouvé une solution révolutionnaire 🙂 (ou pas…). Un code couleur !

Ainsi, quand vous verrez que l’article porte la couleur VIOLETTE, c’est pour parler Franz en mode guimauveries et love love love. Moi de mon côté, je peux ainsi m’exprimer sur ma grossesse et me l’approprier petit à petit, et du vôtre vous pouvez vous protéger. Alors, elle est pas belle la vie?

Le code couleur devrait s’appliquer petit à petit, en fonction de la progression de cette grossesse. Faut pas croire que je n’ai aucune inquiétude pour déjà parler de la progression de la grossesse, je suis souvent morte de trouille car ma grossesse actuelle est déjà très différente que la précédente (je n’ai pas de douleurs à proprement parler depuis 3 jours, alors qu’avec mon ange c’était très douloureux tout le temps), mais je veux laisser les inquiétudes et me concentrer sur la sérénité qui ne demande qu’à s’installer tranquillement. Voilà, dites-moi si cette idée de code couleur vous semble bien. J’espère sincèrement ne pas perdre des copines en route…je tiens beaucoup à vous toutes.

 

 

ENFIN !

Depuis décembre, je fais des pieds et des mains pour avoir ne serait-ce qu’un petit bilan de coagulation, essayer de comprendre ce qui a bien pu se passer. 

Mon médecin traitant, il faut le savoir, est du genre à te prescrire de la cortisone en veux-tu en voilà, mais pas un simple bilan FC. J’ai essayé, bataillé, lui ai dit je ne sais combien d’arguments : un NON catégorique, et une excuse à la con comme quoi ça me coûterait une blinde en plus de faire un tel bilan. 

Sauf que, ça aussi il faut le savoir, Titpouce est croisée avec une tête de mule turc ! alors quand on est allé à la Maison des Lutins, elle a voulu aborder avec le Beau gosse le sujet délicat, lui demander quelles théories il avait lui. Pour lui, à ce stade, un problème de coagulation est tout à faire possible. Il me dit : « mais vous avez eu un bilan de coagulation? » 

Eh bien non ! Alors comme je suis décidément hyper hyper têtue, j’élabore un plan d’attaque qui se veut infaillible^^ je sais que Dame Lapin a eu un bilan de coa, alors je lui ai demandé la liste complète. Puis je suis allée voir le remplaçant de mon doc, qui vient tous les jeudis. Lui, il est pro, il est passé par la pma (heureux papa de jumeaux en IAC1, la classe) et comprend que là je suis loin de blaguer et suis prête à tout pour avoir cette putain d’ordonnance. 

Et ô miracle, je l’ai eue !!!!!!!!!! et contrairement à ce que m’a dit mon doc, tout a été pris en charge (je reviens tout juste du labo, à peu près 8 tubes pour tout le bilan, je suis…vidée^^). Et en plus de ça, j’ai droit aussi à 10 séances de drainage lymphatique pour mes jambes qui n’ont pas du tout supporté les hormones gonalesques (j’arrive pas à me débarrasser d’une zone de rétention, un vrai chameau jte le dis 😀 ), toutes prises en charge par la sécu aussi – je le précise car pendant ma grossesse j’avais demandé à avoir ces séances-là à mon doc qui m’a répondu « ok mais c’est pas remboursé », donc je n’y étais pas allée car on était un peu short financièrement…- premier rdv fixé au 7 mai.

 

Bilan : j’ai envie de baffer mon doc, mais je garde que le positif : j’ai fait cette pds, j’ai des séances de drainage, et je suis à DPO7 🙂

 
 

Hope

Je pense à lui, je pense à l’espoir qui se profile lentement et trop vite à la fois, envie de savourer l’idée que je suis peut-être enceinte. Nostalgie, angoisses quant à l’avenir incertain et la perte de l’insouciance…mais tout doucement, je peux à nouveau dire que je suis prête à aimer totalement et sans condition une petite vie, mon enfant.

Nostalgie et tristesse quand pour la première fois ce matin, j’ai ouvert l’enveloppe de sa dernière échographie avant…son envolée. L’attendrissement, le souvenir du boum boum de son petit coeur, l’écran qui tressautait tant je riais de joie de le voir en vie.

Nostalgie mais renaissance, vraiment. Parce que cette fois, il y a vraiment un feu qui anime mon coeur, je suis consumée par l’espoir de serrer tout contre moi un test positif, une prise de sang rassurante, et des échos qui s’accumulent, toutes normales, parfaites.

Renaissance car j’ai pu commencer à reprendre soin réellement de moi, et qu’enfin mes 10 kilos de pma ne sont qu’un très très mauvais mais lointain (si lointain que ça?) souvenir, alors forcément ça va mieux. Renaissance et prévention, quand je fais du sport chaque jour pour favoriser une bonne circulation, quand je porte mes bas de contention pour éviter toute stase veineuse et donc formation de caillot mortel, quand je mange vraiment sainement, quand je prends ma cortisone au cas où cellule tueuse il y a, quand je prends ma petite vitamine D qui favorise paraît-il les grossesse, quand je prends mon acide folique.

Renaissance et larmes de reconnaissance pour cette nouvelle chance, pour la possibilité que ça ait fonctionné et qu’en ce moment un petit bout de nous commence à visiter les environs avant de se décider à s’accrocher à l’endroit qu’il jugera parfait, pour les douleurs fortes sur l’ovaire droit et les douleurs de règles depuis hier et mon humeur de chien qui ne peuvent absolument rien dire mais que j’aime apprécier quand même, on ne sait jamais.

Renaissance et acceptation, si ça ne fonctionne pas. Même si je ne me sens plus la force de ne prendre un négatif, cela fera toujours moins mal qu’un début de positif et puis l’effondrement. Que pouvons-nous faire de plus? Nous n’avons aucune maîtrise, aucune, alors autant vivre le mieux possible. Maintenant, ce qui m’effraie c’est que si ça ne fonctionne pas je vais devoir passer une hystéroscopie pour s’assurer qu’il n’y a pas de synéchies, polypes et autres saloperies depuis l’envolée de mon ange. Je suis épuisée par les examens si invasifs et douloureux, alors je m’accroche fort à l’espoir que cette fois sera la bonne, la vraie, le début d’une vie à trois, ou quatre 🙂 (il y avait deux fofos qui se suivaient de très près, alors on verra bien)

 

VIE, je t’aime avec tes imperfections. Je t’aime parce qu’il y a une part de perfection, forcément, peut-être pas selon ma définition, mais c’est celle qui fait que je reste heureuse malgré tout, aimée, et déterminée.

 

Toi qui te reconnaîtra dans la détresse, toi qui ne comprends pas…

La vérité est dérangeante, choquante. Cet article n’a pas pour but de plaire, n’est pas le fruit d’une idée morbide, ou que sais-je encore. Je me suis sentie tellement seule et incomprise malgré votre soutien si permanent et si doux. Parce que quand on perd un enfant, tout s’écroule, et la vie devient écoeurante, dégueulasse et haïssante.

J’ai perdu mon petit Lucas, mais je ne suis pas la seule. Nous sommes nombreuses et nombreux à avoir perdu un enfant. Personne ne s’est penché sur la réalité de notre souffrance, la famille ne comprend pas toujours. Parfois, une chanson nous attire et nous parle, parfois ce sont les articles d’autres pmettes et pmecs en galère qui nous sort de l’isolement. Et parfois, ce sont des images.

Je veux que vous sachiez que si je les poste aujourd’hui, ce n’est pas par souffrance, ou encore une fois dans un but malsain et morbide. Je suis dessinatrice-illustratrice, ma façon à moi de m’exprimer et de dénoncer une vérité, c’est de le représenter visuellement. Je veux remercier mon cher époux, mon tendre amour d’avoir accepté de prendre ces photos. Extérioriser les sentiments qui nous tenaillaient à ce moment-là a été libérateur…m’exposer de cette façon, ce fut pour moi difficile mais vraiment important. Vous n’êtes pas seuls. Beaucoup de gens comme vous ont traversé l’enfer. Le désespoir, la honte, la rage, tout ce bain de sang…tout ça, nous sommes tant de couples à l’avoir vécu !

Je suis et reste cette maman qui n’a plus son bébé, et qui a eu le sentiment qu’on lui avait littéralement arraché son étoile. Mon tout petit… . Mais aujourd’hui, au-delà des maux, il y a toujours l’espoir de revivre après ce deuil une grossesse qui se passera à merveille. Alors, j’espère que mon article ne sera pas dérangeant, même si je sais pertinemment qu’il le sera puisque la souffrance dans sa globalité est dérangeante, tout comme le fait d’être infertile. L’isolement est bien connu par chez nous, mais je refuse de rester dans l’ombre. Aujourd’hui, je dénonce l’indifférence, je dénonce les faux-amis, la pseudo-famille, la société qui nous marginalise en taisant les faits, je dénonce le manque d’accompagnement psychologique dans nos hôpitaux… . Nous avons le droit de prendre notre temps pour nous relever de notre deuil, nous avons le droit de penser à nos anges que nous ne serrerons jamais contre nous, et si un jour je le peux, j’espère de tout coeur pouvoir faire une exposition sur ce thème pour que la vérité éclate et que le tabou soit censuré.

 

 
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Publié par le mars 27, 2014 dans l'ère du changement..., Uncategorized

 

LA décision…

Nous avons convenu avec Loulou qu’on ferait chacun de notre côté une lettre disant ce qu’on ressent à l’idée de refaire une tentative avant LA pause. Quand nous nous sommes remis nos lettres respectives, nous nous sommes isolés pour lire tranquillement. 

La lettre à mon homme m’a touchée au plus profond de mon âme. Quand il a lu la mienne, mes mots lui ont parlé aussi. Voici sa lettre :

 

 » TOUT UN ALPHABET D’AMOUR POUR UN BEBE TANT AIME…

 

A comme Amour…C’est ce qui me pousse vers toi, mon bébé. Ce qui me donne et me redonnera toujours la force de continuer à me battre pour toi, car je veux t’en donner, à l’infini ;

B comme Bonheur…Même si ta maman me comble chaque seconde de ma vie, il ne sera complet que lorsque tu voudras bien, toi, venir le construire avec nous ;

C comme Croire, croire encore que cette fois peut être la bonne et que tu viendras te nicher au creux de celle que j’aime tant ;

D comme Douceur, celle dont je me sens envahi lorsque je t’imagine venir au monde, ouvrir tes yeux et contemple tour à tour ta merveilleuse maman, puis ton papa tout ému ;

E comme Etincelle, celle de l’espoir qui brille si intensément en moi de pouvoir un jour te serrer dans mes bras et te murmurer doucement à l’oreille : « je t’aime, mon enfant… »

F comme Force, celle qui me pousse irrésistiblement vers toi et me fait dire que je ne me vois pas autre que père, papa jusqu’au plus profond de mon coeur ;

G comme Guerre, celle que je mène à mes craintes et à mes angoisses pour les faire taire, car au-delà d’elles, le bonheur de te voir rejoindre notre vie surpassera toujours le reste ;

H comme Hargne, car je ne lâcherai pas, je ne te laisserai pas, tu es le rêve de notre vie, je me battrai encore pour toi ;

I comme Idylle, oui, douce idylle que je serre contre mon coeur d’entendre ton rire quand je jouerai à te soulever dans les airs…

J comme Jubilation, qui remplit mon âme à la seule idée de ressentir le moindre de tes mouvements lorsque j’aurai l’oreille collée tout contre le ventre arrondi de ta si douce maman !

K comme « K’do » ! Eh oui car tu seras le plus beau de tous ceux qui pourrons nous être offert sur cette Terre.

L comme Larmes, qui couleront avec abondance de joie lorsque ta maman me murmurera, les yeux brillants : « tu vas être papa… »

M comme Miracle, celui que tu es, mon bébé, celui que j’attends…

N comme Naissance, la tienne, dont j’ai tellement hâte de voir le jour arriver, car tu me manques avant même d’exister, j’ai tant besoin de toi !

O comme Ouvrir les yeux, car lorsque tu arriveras enfin, j’aurai l’impression de me réveiller comme après un long sommeil agité de noirs orages, et de voir à nouveau la lumière du soleil brûlant inonder ma vie…

P comme PAPA, tout simplement, évidemment…le tien, qui sera toujours là pour toi, qui t’aimera à tout jamais ;

Q comme Questions, celles que tu te poseras sûrement un jour, qui me feront peut-être peur, mais auxquelles je suis déjà prêt à répondre sans détour…

R comme Rêve, celui que tu es aujourd’hui ; et comme Réalité car je désire de tout mon être que tu le deviennes !

S comme Sourire, celui que j’ai aux lèvres dès que je pense à toi, dès que je t’imagine, dès que je me remets à vouloir me battre pour que tu viennes…

T comme Ténacité, car je tiendrai bon pour parvenir jusqu’à toi, ma petite étoile que je veux pouvoir tenir dans mes bras ;

U comme Univers, le mien et celui de ta maman, qui va s’agrandir jusqu’à l’infini pour que tu t’y sentes bien et pour accueillir l’immense amour que nous te porterons ;

V comme Valeur, celle que tu as déjà à mes yeux, inestimable vie que ta maman aura portée, que j’aurai tant désirée, que le Ciel t’aura donnée…

W comme Warriors, ceux que tu auras vaincu de toutes tes forces pour arriver jusqu’à nous, ensoleiller notre vie !

X comme la croix d’un trésor que j’inscrirai en lettres d’or pour marque le jour où, mon petit trésor, tu nous auras dit : « me voilà ! »

Y comme Yeeee…peeeeh ! et comme tous les autres cris que je voudrai pousser afin de me faire entendre dans tout l’univers, quand tu viendras rejoindre notre existence !

Z comme le point final, la dernière lettre, celle qui manque encore aujourd’hui mais qui, ainsi que celle qui vient d’être inscrite sur cette feuille de papier, viendra parachever notre vie, la combler, pour nous offrir la plus grande joie…celle de savoir que tu arrives, enfin, toi…mon enfant.

 

Et parmi toutes celles-ci, trois lettres se détachent, à la fois douloureuses et terrifiantes, mais porteuses de l’espoir infini qui me mène chaque jour plus près de toi…

Pas une journée ne passe, mon enfant, sans que je n’espère pouvoir un jour, te serrer contre moi…

Malgré mes craintes pour toi, pour ton avenir, ta vie, ton bien-être dans notre famille mais aussi quand tu devras voler de tes propres ailes, je veux avoir la chance de te prouver, chaque jour de ma vie, que je suis ton papa qui t’aime et que tu trouveras toujours à tes côtés.

Alors mon ange, mon enfant, mon bébé, viens…que rien ne t’arrête, que rien ne t’effraie, que rien ne te fasse douter de tout l’amour que ta maman et moi te donnerons sans compter pour t’aider à mener une vie dont tu puisses être fier.

 

Je t’aime, je t’attends…Et je t’aime, encore et pour toujours. 

Signé : papa ❤ « 

 

Je crois que la décision est claire. On repart, mais seulement pour UNE tentative. La dernière avant un long moment… .

 

Tourner la page

Nous avions mis un voile noir pour couvrir les affaires de notre ange. Peu à peu, le voile glisse au sol et, une par une les affaires se vident.

Nous préférons vendre les poussettes, baignoire, plan à langer, etc. Cela peut paraître bizarre à vos yeux, mais croyez-le, ça fait du bien…enfin, ça fait moins mal disons. Et nous ne voulons pas utiliser ces objets pour le bout de choux qui viendra agrandir notre foyer, alors qu’ils étaient initialement prévus pour un ange, lové sur son étoile.

Aujourd’hui est venu une petite dame âgée pour acheter une poussette canne, une baignoire et un plan à langer pour son arrière petit-fils. Bien sûr, comme à chaque fois qu’une vente a lieu, on nous demande : « quel âge à votre enfant maintenant? » ou « Combien de ptiots chez vous? », s’ensuit toujours la même réponse, que vous connaissez. Les gens sont gênés bien entendu, et ont tendance à ramener la situation à telle copine qui a fait 4 fausses couches avant d’avoir son bébé, etc. Le genre de discussions qui n’apaise pas, bien au contraire.

Mais aujourd’hui, quand la question fatidique a été posée avec toujours la même réponse les yeux baissés, j’ai entendu quelque chose qui m’a poignardée : « …je sais ce que vous traversez. J’ai perdu ma fille quand elle avait 36 ans, son petit avait 8 ans. Je me suis interdit de pleurer, interdit de flancher pour mon petit-fils qui aujourd’hui à 35 ans. C’est pour son enfant que je viens acheter tout ça ».

Elle s’est mise à pleurer, cette petite dame de 85 ans. Nous avons pleuré ensemble, le regard entendu. Bien sûr, JE SAIS que c’est différent. JE SAIS que sa souffrance est un milliard de fois plus forte que la mienne. Mais simplement, entre mamans, on s’est comprises. Parce que, que ce soit pendant la grossesse ou après, nos enfants on les aime sans condition.

Les yeux rougis, on s’est prises dans les bras en se souhaitant du courage, en se disant qu’il fallait être fortes et croire que la vie peut être belle. Ce petit-fils, elle l’a aimé comme son propre enfant et à 10 ans, quand on lui a demandé qui étaient son papa et sa maman, c’est le nom de ses grands-parents qu’il a donné. Une belle leçon de vie, qui montre à quel point la parentalité ne tient pas à une simple affaire de génétique, c’est TOUT le reste. On a parlé en 2 mots de notre parcours pmesque, elle m’écouta avec tendresse. C’était si bon…

Pour finir, elle m’a caressé doucement la joue, me regardant droit les yeux : »croyez aux miracles. Mon petit-fils et sa femme ont mis 7 ans pour avoir leur garçon. Ils ont enchaîné les FIVS, et aujourd’hui le voilà. Vous allez finir par y arriver, croyez-le. »

Voilà comment aujourd’hui, j’ai à la fois très mal d’avoir vendu des affaires de mon ange, et à la fois je pleure de soulagement d’avoir rencontré une telle femme, l’exemple même du courage, de la sérénité, et de l’amour.

Mon ange chéri, mon coeur si tu m’entends, je pense toujours très fort à toi et à la beauté de ta venue dans le creux de moi. Je continue de me battre, c’est promis, je ne lâche pas l’affaire. Tu seras fier de moi.

 

A 8sa, mon ange et moi... <3

A 8sa, mon ange et moi… ❤