Bilan et résolutions !

LE bilan :

– choc anaphylactique en mai

– FIV ICSI 2 ratée >> virés « poliment » de notre EX-pma en juin

– Petite Pinoute Bisou qui rejoint le paradis des lapinous en juin

– vacances au Portugal catastrophiques, virés par la famille Portugaise (j’adooore ma vie) en juillet

– Nous tombons amoureux de la Belgique qui nous offre enfin une aventure humaine et plus de possibilités pour avoir bébé (août)

– Petite Pinoute Mousse part rejoindre Bisou en septembre

– bébé est enfin là au creux de moi en fin octobre.

– j’apprends la grossesse inattendue…de ma belle-soeur en début novembre.

– bébé fait partie des étoiles en décembre.

Ca, c’est le bilan de MEEEERDE… . Mais je ne regrette pas cette année, où j’ai aimé chaque jour plus intensément mon Loulou, où nous avons toujours plus appris l’un de l’autre, où nous avons acquis une force et un courage pour continuer notre parcours au-delà des frontières et des préjugés, où j’ai porté mon ange au creux de moi, où nous avons rêvé et commencé de beaux projets en amoureux, où j’ai ouvert mon blog et découvert et rencontré des pmettes génialissimes !! A commencer par Lisette, puis Tinkie, Ptit Hérisson, et enfin Little Wife (merci encore pour ce très très beau moment, toi et ton chéri vous êtes vraiment choux et gentils comme tout, faut trop qu’on se revoit !). 

 

Mes résolutions maintenant :

n°1 : effacer malencontreusement ET bloquer les numéros des grognasses enceintes en C1 qui m’ont dit de me bourrer la gueule (désolée pour la vulgarité…) pour oublier ma tristesse, et que c’était bien triste ce qu’il nous arrivait, mais la nature est juste !

 

n°2 : écrire chaque jour quelque chose qui m’a apporté du bonheur, même un tout petit rien.

n°3 : pimenter la vie avec des surprises pour mon Loulou, casser l’habitude qui s’installe bien trop vite.

n°4 : refaire la façade de Dame Nature. Cette connasse me casse bien les catagnettes depuis trop longtemps. Il est temps qu’on cause.

n°5 : vous rencontrer, organiser des petites rencontres pour qu’on partage toujours plus cette belle amitié entre nous.

n°6 : passer le certif pour conduire une 125 🙂 Loulou est super sexy sur sa moto, mais il est temps que je me la pète un peu aussi^^

n°7 : sport, sport, et sport ! 

n°8 : me faire un petit tatouage en forme d’étoile pour mon ange…

n°9 : aller revoir la Magicienne et recommencer les tentatives dès qu’on le sent, dès qu’on le peut, et fonder notre famille… . Est-ce vraiment une résolution ou un fantasme?

n°10 : revoir des comédies romantiiiiques (Little Wife, tu m’as donné envie de les revisionner !!)

n°11 : garder tout pour moi au niveau familial. On ne dira plus rien. Si un jour grossesse il y a et que ça se passe bien, ils seront mis au courant à partir du 4ème mois, et si on peut, plus tard.

n°12 : essayer d’expliquer au mâlou pinou Crackers qu’il a beau faire des « cronch cronch » d’excitation pour séduire Cookie, ça ne lui rendra pas ses testicules pour autant. Et que s’ils veulent vraiment des bébés, va falloir passer par le don de gamètes…^^ quoi que, même pas, Cookie vient d’être stérilisée. Ouch ! Ben, une lapine porteuse alors ! Je m’égare.

n°13 : manger de la cigogne et opter pour Chronopos*t. 

 

Publicités

Depuis la Maison des Lutins…

Il a fallu que j’appelle pour les tenir au courant. Oh comme cela fait du bien d’avoir au bout du fil, comme à chaque fois, une voix chaleureuse et accueillante !

Une infirmière écouta la nouvelle et m’exprima toute sa tristesse. Mon bébé a eu de l’importance pour beaucoup de personnes, nous ses parents, ma famille, des pmettes (vos commentaires me font du bien, ne me lâchez pas … j’ai besoin de vous), notre pma… .

Bien sûr, ma voix était tremblante, mon coeur écorcha fit remonter un fleuve de larmes, mais c’est avec beaucoup de patience qu’elle me réconforta, je me sentis bercée par la douceur de ses mots. J’en ai tant besoin, c’est si essentiel pour me reconstruire… .

Elle me proposa que La Magicienne me rappelle dès que possible dans la journée, ce que j’acceptai avec empressement. Je voulais comprendre, je voulais entendre de sa bouche que je n’y suis pour rien, que je ne suis pas une mauvaise maman, et qu’on pourra recommencer sans crainte. 

A peine 10 minutes après, mon téléphone sonna, oui ce numéro je reconnais, c’est ELLE. Sa voix tout aussi douce que l’infirmière que j’eus précédemment m’enveloppa dans une bulle consolatrice. Elle m’expliqua que malheureusement, nous n’étions pas épargnés et qu’elle comprenait toute la déchirure que cela nous causait. Mais qu’on n’y pouvait rien, si notre ange est parti c’est que son coeur avait de sérieuses malformations. Ca arrive 1 fois sur 6, et pour notre plus grand malheur il a fallu que l’on fasse partie de cette « 1 FOIS sur 6 »!…

Pour continuer, je suis à un stade trop avancé pour procéder à l’expulsion par Cytotec. Ce sera donc le curetage… . Ma hantise… . Elle a tenté de me rassurer, que ça se passerait bien et qu’après un bon cycle de repos, si on se sentait d’attaque et que si tout était cicatrisé, on pourrait reprendre les essais et que maintenant qu’on est tombé dans le mauvais côté des pourcentages, il y avait très très peu de risque que ça réitère. 

Après encore quelques encouragements et beaucoup d’écoute sur mes questionnements, nous avons terminé cet appel avec un « A bientôt, appelez-nous dès que vous vous sentez prête ».

 

Dans ce deuil, je me dis que nous sommes vraiment entourés. Comme le dit le slogan de cette PMA, c’est « une aventure humaine », ils me l’ont prouvé encore et ça aide à passer ce moment un peu moins douloureusement, avec malgré tout de l’espoir qui renaît, et la rage de se battre, ne rien lâcher, pour nos anges, pour cette équipe qui nous soutient plus que jamais, et pour NOUS.

Ils se cachent pour mourir…

C’est ce que nous allons faire mon Loulou et moi, nous cacher pour mourir. Pour ne pas attirer la pitié, pour ne pas attirer les phrases connes et blessantes, pour ne voir aucun visage faussement déconfit, pour simplement se laisser attirer par ce gouffre que nous connaissons que trop bien. 

Hier soir, grosse douleur de règles, début de spottings. Ce matin, on a convenu que je ferais un tg, mais pas celui de Claire que je déteste, un autre. Loulou est revenu avec…Claire ! Pas d’autre tg cette fois-ci dans notre pharmacie, cette connasse a bien joué son coup, et elle a réussi. Deux petits mots sont venus brutaliser nos coeurs : « pas enceinte ». Je suis allée faire ma prise de sang aujourd’hui même, j’aurai les résultats à 17h. J’ai pleuré face à cette biologiste si douce qui me souhaitait bonne chance, et courage pour recommencer tout.

Je me cacherai pour mourir, pour laisser mourir cet espoir débile que j’ai laissé s’immiscer en moi. Je me cacherai à cause de ma honte, celle de vous avoir embarquées dans mes douleurs inhabituelles. Je vous promets que ce n’est pas par psychotage que j’ai eu ces douleurs, je ne suis pas comme ça. Je suis d’abord zen, et quand je sens des douleurs très différentes, là je perds mon calme… . Mais après tout, que l’on pense ce que l’on veut de moi, je n’en pense pas moins de moi-même. 

Je vais m’absenter quelques temps, juste pour mourir, pour laisser Dame Nature arracher encore un bout de mon âme de pmette et s’en délecter comme elle le fait à chaque fois. Je ne me débattrai pas, je la regarde déjà droit dans les yeux, prête à être sa proie. Je ne serai que l’ombre de moi-même, errant dans les limbes de l’infertilité, cherchant mes cendres pour renaître, pour ne pas lâcher. Pour ne pas te lâcher mon enfant, parce que je sais que tu es quelque part, et que cela m’importe peu de goûter la pénombre d’un échec si c’est pour mieux m’approcher de toi, si c’est pour mieux t’effleurer. Je souffrirai mille souffrances pour toi, si c’est pour que tu sois près de nous, en moi. Je verserai mon sang chaque mois, comme c’est le cas depuis plus de deux ans, je le verserai demain au milieu d’amères larmes, tout en sachant que ce ne sera pas toujours comme ça, que tu seras un jour dans mes bras… je l’espère.

Nous nous cachons pour mourir… . Bonne chance à toutes

Etat des lieux DPO 11

Oh la vache !!! Je n’ai jamais autant morflé au ventre de cette façon ! Bon bien sûr, j’ai eu les ponctions qui sont bien douloureuses, mais mis à part ça, pour le TEC par exemple, j’ai pas eu mal à ce point ! Un peu de nausées, mais ça j’ai déjà eu avant, je ne veux pas y donner trop de crédit. 

C’est tout mon ventre qui me fait souffrir, c’est pas juste localisé sur l’utérus, c’est comme une crampe constante avec des brûlures d’estomac. J’ai voulu faire du grand ménage hier, j’ai passé l’aspi, nettoyer à fond les ballons la maison de mon gros pinou, repassé, vidé le congélo pour faire une décongélation (quand il y a plus de glace que de surgelés, ya un problème^^ j’ai dit bonjour au pingouin du fond, il vous souhaite bonne chance à chacune 😀 ), lancé des machines, rangé, etc etc etc. 

Bon, ça n’a rien d’exceptionnel, je vous l’accorde, mais pour moi ça a été le coup de grâce sur le bidou. Sérieux, je suis du genre pessimiste sur la possibilité d’avoir un +, alors je ne me ménage pas spécialement. Mais hier, je l’ai senti passé 😦 Depuis, j’agoniiiiiiiise !!! 

Et le pire dans tout ça, c’est que Loulou pense que je suis enceinte….et que moi, je commence à croire que c’est possible… . On va vraiment se casser la gueule de très, très, très haut. Verdict vendredi (je ne sais toujours pas si je vais résister à l’envie de faire un TG, je l’avoue !)

Alors, comme je suis du genre maso, j’aurais besoin de vos expériences. Y’en a-t-il parmi vous qui reconnaissent ces douleurs et qui ont eu un + ou un – ? 

DPO 5

Et voilà, même pas encore à DPO 6 que Titpouce pète un câble. Elle chiale toutes les larmes de son corps sans savoir pourquoi. Elle fait sa crise de nerfs sur Loulou sans non plus savoir pourquoi. Elle  a mal au bide, des douleurs annonciatrices de règles depuis deux jours à peu près (bizarre, oui, je sais…). Elle se demande si elle est la seule à connaître ces désagréments après une « simple » insémination (comprenez que par « simple », je compare aux FIV où je trouvais plus « normal » d’être dans cet état, surtout après la ponction, et des doses d’hormones plus importantes) !

Elle dit à Loulou qu’elle ne sera jamais enceinte parce que c’est comme ça, et la minute d’après elle commence une phrase par : « QUAND je serai enceinte » tout en regardant des sites pour bébés. Bref, il y a un fusible qui a sauté, la pooooovre petite !

Voilà, encore 8 jours à tenir si on ne compte pas cette journée, vous allez me faire interner 😀

PS : comme elle ne fait pas les choses à moitié dans ses gros pétages de câbles, Titpouce parle à la 3ème personne, comme ça, parce que ça lui chante, là, tout de suite^^

Bon, allez, un petit sondage pour vous faire passer le temps (et le mien hihi) :

L’aventure en Belgique

Nous y sommes depuis hier soir, dans notre Terre d’Accueil, où nous avons réservé une petite chambre d’hôte vraiment cosy à 10 minutes de la Maison des Lutins. Nous avons eu un sommeil réparateur, accompagnés des ronrons d’un des chats de la maison qui était venu s’incruster dans notre chambre. 

Et puis l’heure fatidique est arrivée. La Magicienne nous a accueilli tout sourire, heureuse que nous n’ayons pas loupé bêtement l’ovulation (qui devrait arriver d’ailleurs dans les heures qui suivent, merci l’ovitrelle). Je me suis installée confortablement, tout en expliquant la peur de me faire charcuter à cause de mon utérus rétroversé (peur de la fameuse pince au col). Elle a été d’une extrême douceur, je n’ai quasiment rien senti, juste une douleur quand la pipette était au fond de la grotte magique. 

Loulou, tout timide, demande s’il peut m’inséminer. La Magicienne hésite, elle a peur que le passage de la pipette soit déjà difficile pour moi, mais voyant que la grotte avait ouvert une autoroute pour les schumacher, elle a accepté 🙂 Loulou a fait son regard de petit bonhomme que j’aime tant, et il a appuyé tout doucement sur le poussoir de la pipette. 

En ce moment, je ne suis plus 1 mais quelques millions 🙂 Je me repose un petit peu, puis on va se promener sur Liège. On a décidé de prolonger notre « séjour », on ne repart que demain.

Voilà les news !

Le désir de bébé vu par Loulou

J’écris à tâtons sur un territoire inconnu…

D’abord merci à tit’ chérie de m’offrir une petite case dans son monde de Pmette blogueuse. Et à vous de votre patience si vous lisez ce post jusqu’au bout, il paraît que je ne suis pas synthétique… demandez donc à ma femme 😉

Quand tit’chérie m’a lancé, comme ça, au détour d’une phrase, « ça te dirait d’écrire un article sur mon blog ? », je me suis dit : « Oups, moi ? mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir écrire ? Est-ce que ça ne va pas faire… intrusion ? »… Mais, comme si elle lisait dans mon esprit, ce qu’elle fait si bien au quotidien d’ailleurs, elle m’a tout de suite précisé le fond de sa pensée : il y a une photo, que l’on a prise au Portugal, au beau milieu d’un lieu à part. Une photo pleine de sens mais qui me concerne en tout premier lieu. Une photo incroyable d’une statue incroyable. J’ai tout de suite compris de quelle photo il s’agissait. Et en effet, je ne peux pas faire autrement que de laisser courir mes doigts sur le clavier à propos d’elle.

Sans plus tarder, je lève le suspense, et vous laisse le temps de la regarder attentivement.

Image

Voilà qui est fait ? Continuons, alors.

Je vous l’avais dit. Une statue incroyable. Il fallait y penser… Je crois que l’artiste qui a imaginé puis sculpté cet homme, qui abrite en lui un petit être, a véritablement compris ce que c’est que le désir d’être père, profondément.

Pour moi, on n’attend pas un enfant « à côté » de sa femme, ou même « avec » sa femme, dans le sens où on l’accompagnerait dans un périple où nous, les « bonhommes », n’avons aucune réelle part. Attendre un enfant, c’est tellement plus que ça pour un papa… surtout quand le petit bout se fait désirer. Un papa ne pourra jamais porter physiquement son enfant, c’est vrai. Mais son enfant, son bébé, ce petit être qu’il guette, qu’il recherche, qu’il espère, qu’il supplie d’entrer dans sa vie, il le porte en lui dès la première seconde où ce désir naît dans son coeur. Et ce, même s’il est physiquement, médicalement, scientifiquement incapable de le porter, même sous la forme d’un « petit warrior » en bonne santé… (oui, c’est le petit nom que tit’chérie et moi aimons donner aux mini-zozoïdes qui ont décidé de faire la grève dans mon corps… plusieurs d’entre vous le savent certainement déjà).

Comme cet homme figé dans la pierre, je porte en moi l’enfant que nous désirons si fort, et de plus en plus fort, depuis que nous sommes tombés amoureux. Cet homme, on pourrait croire qu’il est étonné de trouver cet enfant en lui, si on ne regarde cette statue qu’une seconde. Mais non. C’est tout le contraire.Il se penche vers lui, l’entoure de ses mains, comme pour lui dire « ne t’en fais pas. Papa est là. Il va prendre soin de toi. Il va tout faire pour que tu viennes, que tu pointes ton nez et, quand tu seras arrivé, pour que tu aies une jolie vie, et pour que tu ressentes tout l’amour qu’il a déjà pour toi aujourd’hui, alors que tu tardes encore à venir. Et si possible, pour que tu sois un jour aussi fier de lui qu’il est l’est déjà de toi. Je t’aime, petit ange. Je t’aime et je t’attends. »

Mais voilà. Un jour, tout bascule, et ce petit être que je sentais déjà grandir en moi, prendre toute la place qui lui revient de droit dans mon coeur, semble devoir disparaître. « Monsieur, vous êtes infertile. 100% de mortalité, c’est sans appel. » Voici donc la source du problème. Monsieur ne pourra jamais offrir d’enfant à sa femme. Monsieur est anéanti, se sent vide, se sent inutile, se demande ce qu’il a bien pu faire de mal. Se demande ce qu’il fait là, finalement. Esquisse un fol espoir, l’espace d’une seconde… peut-être qu’il existe une solution… et le chasse bien vite, cet espoir. Ainsi le ventre de la statue n’est plus qu’un ovale vide, où s’engouffrent tous les vents mauvais.

Mais « Loulou » a une femme extraordinaire. Elle le relève, malgré sa propre souffrance. Elle le console, malgré sa propre tristesse. Elle cherche des solutions, malgré son abattement. Et elle en trouve une. Le petit bout d’chou renaît dans le coeur et les tripes de son homme. L’ovale se comble à nouveau : c’est parti pour la FIV icsi. « Ils ne bougent pas ? Qu’à cela ne tienne. On va les faire avancer nous-mêmes. On va leur mâcher le travail. ils n’auront plus qu’à s’installer dans le nid douillet de maman ». Super…

Charge à Monsieur, maintenant, de donner de sa personne à chaque fois qu’on le lui demande. Pas si simple. Voire, parfois, très compliqué. Moralement. Physiquement aussi. Mais l’espoir est là, la solution au bout… peut-être. Et puis, comment se plaindre, alors que tit’chérie, elle, souffre le martyre avec des traitements hormonaux qui la torturent. Quelle impuissance face à tant de douleurs… Monsieur fait de son mieux, tente de rester toujours fort, craque par derrière, parfois ouvertement quand il n’en peut vraiment plus. Dur de voir que ça n’est pas lui qui endure toutes ces douleurs alors que, « logiquement », ça devrait être lui… C’est étrange de constater à quel point on peut culpabiliser à propos de situations qu’on n’a jamais demandées, qu’on n’a jamais provoquées volontairement, et contre lesquelles on ne peut rien… mais on culpabilise quand même. Que ceux qui nous disent que c’est bête y regardent à deux fois : comment peut-on réagir autrement quand ça nous tombe dessus ?

Mais là encore, Loulou a une femme merveilleuse. Elle trouve les mots pour ôter ce faux poids de coupable des épaules de son homme. Patiente. Tendre. Compréhensive. Mais déterminée, et ça paye, doucement mais sûrement.

Pourtant, bébé-dedans-Monsieur reste une forme qui va et qui vient, qui vacille. L’incertitude de l’attente le rend fuyant, impalpable. Au fur et à mesure des tentatives, Monsieur se prend à se demander pourquoi sa femme doit subir toutes ces souffrances, si au final, lui n’est pas… « à la hauteur » ! Puis, la rencontre se fait, quelques petits mélanges de nous se sont accrochés ! L’espoir rend le petit être plus présent, plus fort, et Loulou futur-papa le couvre à nouveau de ses mains et se surprend même, après transfert, à lui parler, à l’encourager, « accroche-toi, petit ange, accroche-toi bien »… Et puis, les désillusions le rendent tout à coup bien plus flou, immatériel, si léger… le vent s’engouffre à nouveau dans cet ovale bien fragile.

On annonce finalement à Monsieur que cette solution-là  n’aura pas d’issue. Les warriors ne pourront plus donner la vie, ils sont trop fatigués, trop mal-formés. Le don sera désormais la seule alternative possible.

Le don… nous en parlions depuis plus d’un an. Nous nous y étions préparés. Monsieur avait déjà fait un énorme travail sur lui même, qu’il n’aurait jamais imaginé pouvoir faire sans sa petite femme adorée. Quelque part, ça a été un soulagement. Ne plus voir tit’chérie souffrir, surtout avec tant d’incertitudes à la clé, c’était un de mes plus chers désirs… Mais quand même…

C’est seulement un peu plus d’un mois après avoir appris cette nouvelle que nous sommes tombés nez-à nez avec cette étrange statue. Au regard de tout ce parcours, vous comprendrez aisément que mon premier sentiment fut la tristesse devant cet homme qui, devant moi, même s’il était de pierre, portait son enfant en lui. Une réalité que je ne vivrai jamais… Mais très vite, tout cela a été balayé. Cette statue ne me narguait pas. Elle ne me renvoyait pas à ma propre infertilité. Elle me représentait. Cet enfant, je le porte dans mon coeur, dans mon âme, dans chaque fibre de ma chair. Cet enfant, je le désire plus que jamais. Cet enfant, je le porterai en même temps que ma femme. Je le verrai et le sentirai grandir en elle chaque jour. Je l’accueillerai à son premier souffle. Je l’aime déjà aujourd’hui et je l’aimerai jusqu’à mon dernier jour. Cet enfant, depuis le début, est en moi. Le don n’y changera rien. Je serai son papa, je le suis déjà. Quelqu’un , un héros anonyme comme dans les films, va seulement me donner un coup de pouce pour que ce rêve se réalise.

Aujourd’hui, l’ovale est occupé par un petit être qui n’en sortira jamais. Mon enfant est et restera à tout jamais dans mon coeur. Pas seulement, d’ailleurs. Observez donc la statue qui suit, qui m’a aidé à comprendre tout le sens de la première…

Image

Je suis cet homme. J’ai une femme qui m’a aidé à rester debout, comme cet homme est debout. Notre enfant est constamment présent là-haut dans mon esprit, ici dans mon coeur, et au plus profond de moi, comme pour cet homme. Ce bébé naîtra de notre amour, et saura un jour le combat que ses parents ont mené pour lui faire don de la vie, pour lui offrir toute une existence durant laquelle il sera aimé autant par l’un que par l’autre.

Nous n’avons jamais été aussi proches d’être parents. Je n’ai jamais été aussi proche d’être papa, pour mon plus grand bonheur. Quelle drôle d’aventure, tout de même, la vie…

Je souhaite à tous les « zhôms » de cette blogosphère, qu’ils soient blogueurs ou, peut-être plus souvent, « zhôm de blogueuse », à vous tous futurs papas (et aussi à vous futures mamans !), d’avoir enfin un jour le bonheur de tenir dans vos bras le fruit de votre amour… quel que soit le combat que vous menez.

« Monsieur » vous souhaite le bonsoir et vous laisse à nouveau entre les mains de tit’chérie ! 😉

 

Et…en bonus, cette chanson magnifique de Calogero, qui me fait dire que j’aimerais être un papa comme ça… :

« La Bienvenue »