De retour

Se relever des épreuves, c’est devenu notre objectif quotidien. On s’en est ramassé des claques, j’ai cru ne jamais pouvoir sortir de cette spirale vertigineuse. Le temps maussade n’a pas aidé notre moral fragilisé à se rehausser petit à petit.

Il a fallu se faire violence, comme à l’habitude. Toujours cette violence implacable que l’on doit faire intervenir dans nos vies de Pmettes, pour se relever, s’obliger à aller mieux, tenir ses larmes en bride et afficher un large sourire à notre entourage. On ne réalise pas toujours à quel point nous sommes des combattantes, à quel point nous regorgeons de force insoupçonnée, à quel point nous sommes capable d’encaisser et de continuer malgré tout.

Je n’ai cessé de pleurer l’envol de ma Bisou au ciel. Elle me manque…mais à présent, je la sais bien. Elle ne souffre plus, elle n’a plus ses pattounes qui tremblent de douleur et de fatigue, elle n’a plus ce regard de détresse quand on la prenait pour faire ses soins. Tout ça, c’est fini. Elle est loin de nous, mais toujours dans notre coeur. Alors, cette idée nous apaise, nous renforce.

Il y a eu l’arrivée d’une nouvelle petite compagne pour Crackers, Mousse née le 4 mai. Une adorable petite ‘pinoute très câline et coquine. Même si pour le moment Crackers refuse d’être en sa présence, nous savons qu’il finira par comprendre que Bisou ne reviendra plus, et qu’il aura besoin de Mousse pour vivre heureux. Au moins, il a repris le goût à la nourriture, ce qui nous a beaucoup rassuré. Nous essayons d’aller de l’avant, tout en sachant que la blessure d’avoir perdu notre petite boule d’amour ne fait qu’agrandir celle de ne pas avoir d’enfant. C’est un vide incroyablement dur…. .

Petite note plus positive : nous partons pour Rocourt, en Belgique, le 2 août. Ce jour comprend deux RDV : un avec une psychologue, un avec le médecin qui nous suivra. Grâce à des pmettes Belges, j’ai pu obtenir un nom de gynéco chaudement recommandé, une dame très chaleureuse et très humaine d’après elles. D’ailleurs, je ne sais si elle aura l’occasion de lire mon blog, mais je tiens à remercier tout particulièrement Tinkie qui avait laissé un témoignage sur les AMP en Belgique sur le collectif. Grâce à elle, nous avons pu obtenir de précieux renseignements et par la même occasion, faire plus ample connaissance avec cette personne en or. Le coeur sur la main, tout simplement.

La santé?

J’ai encore beaucoup de rétention d’eau suite à l’hyperstim’, c’est ce qui plombe encore mon moral. Tout à l’heure, on est allés faire des courses. Et là, on croise un couple d’amis, et là l’amie me dit : « ben dis donc, ça se voit que t’as eu des traitements hormonaux, t’as bien grossi, ouh là là !!! » Génial, quoi de mieux pour se libérer de ses complexes?! vous commencez à me connaître, j’ai la larme facile 😦 je me suis mise à pleurer en plein milieu d’auch*n, blottie dans les bras de Loulou, devant ce couple et leurs trois enfants, confondus en excuse… . Je dois maigrir, je n’en peux plus de ne plus reconnaître mon corps, de haïr chaque forme disgracieuse.

Déjà, je vais essayer de souffler un peu, on va partir au Portugal le 15 juillet et fêter nos deux ans de mariage le 16/07 au bord d’une plage turquoise, sur le sable chaud. Du moins, c’est ce qu’on prévoit et espère 🙂 Pour une fois, espérons que la vie soit un peu de notre côté et que les choses se passent comme on le souhaite. Ce sera aussi l’occasion pour moi de rencontrer ma belle-famille portugaise, que je n’ai malheureusement jamais vue.

J’ai l’impression de coucher sur la page du net des nouvelles un peu en bazar, c’est que c’est le fouillis dans ma tête en ce moment. Mais tout va finir par s’équilibrer, hein?

Il ne reste RIEN

Cette nuit a été difficile. Je n’avais aucun  repère pour me sentir consolée. Pas de Loulou pour me caresser, recueillir mes larmes, et me dire d’aller de l’avant. Pas de pmette pour me consoler, me soutenir, et me dire d’aller de l’avant. ¨Pas de famille, ni d’ami pour me comprendre, et me dire de l’avant. Personne.

J’ai passé cette nuit à me retourner sans arrêt, à détester cette douleur qui me saisit alors que plus rien ne la justifie. Pas de bébé, une coquille vide. J’ai cauchemardé, et puis au réveil, j’étais juste rincée. Comme si je n’étais qu’une part de moi, capable d’aligner quelques mots, mais rien de plus.

Ma tension était à 9, pas étonnant. Toujours en restriction hydrique, j’espère que toute cette rétention qui déforme mon corps va bientôt s’évacuer. Et puis, il y a eu la pesée, une claque violente pour m’achever. 10 kilos de pris depuis le début des traitements en octobre 2012. Putain. Et dire que je ne trouverai aucune satisfaction de me dire que certes, j’ai pris 10 kilos, mais que je serrerai bientôt bébé dans mes bras. Rien. C’est juste ce qui qualifie mon état.

Et puis il y a cette équipe, qui croit bien faire, mais qui m’enfonce de plus en plus :

«  Vous êtes jeune !! vous avez toute la vie pour avoir un enfant ! »

«  Faut pas être triste, VOUS ETES JEUNE !! et vous savez, vous devez y penser sans doute trop, c’est pour ça que ça ne fonctionne pas. Ah ? C’est pathologique ? Sure ? Nan parce que je connais quelqu’un, qui y pensait trop, et qui a fi nit par tomber enceinte. Et son deuxième est arrivé comme ça, quelques mois à peine de son accouchement. Et tatata…. »

«  Vous êtes sûre que vous avez bien compris votre PMA ? C’est quoi le nom de votre gynéco ? Ah ben je vais le contacter, parce que moi ça m’étonne ce que vous me racontez. »

Tout ceci, en même pas 4heures. J’ai le droit de pleurer ?

Que vous me disiez oui ou non, c’est trop tard. J’ai pleuré. Le médecin est arrivé avec la première infirmière à m’avoir bombardée de réconfort bidon. Il me dit : « la prise de sang est normale. On refait une écho de contrôle, et normalement ce sera ok ».

Je me mets à fondre en larmes. La prise de sang est normale…à ses yeux, pas aux miens. Une prise de sang normale aurait été pour moi une prise de sang avec un beau taux de vie. Mais rien. Toujours ce même rien qui me ramène à la dure réalité. Je m’effondre sous leurs yeux, me recroqueville dans mon lit, et leur dit que je veux rentrer, que mon mari est tout seul à devoir assumer son infertilité. Que j’ai besoin d’être auprès de lui.

Le médecin ne comprend pas ce cri de détresse : « vous aurez plein d’autres tentatives devant vous ! Vous en étiez qu’à la deuxième, voyons ! ».

Je me fatigue à vouloir lui expliquer en long, en large, et en travers, entre deux sanglots, ce qu’il se passe pour nous maintenant. Mais rien n’y fait. Il veut appeler ma pma. Qu’il le fasse ! au moins il verra que je ne raconte pas des cracks, et que, bien que jeune (au passage, je ne savais pas qu’il y avait un âge légal pour souffrir de l’absence d’un enfant), je dois partir à l’étranger avec l’amour de ma vie pour espérer fonder une famille malgré tout.

Au lieu d’être réconfortants face à mes larmes, ils me plantent comme ça, me laissant à nouveau seule face à l’immensité du vide qui se présente à moi.

Je suis comme un lion en cage. Je n’ai eu qu’une envie : arracher ma perf, et m’enfuir de cet endroit de torture psychologique. Le « vous êtes jeune » ne cesse de me narguer, de résonner dans ma tête, et de me poignarder sur une réalité encore plus pesante : je suis jeune, et je souffre déjà tant. Je porte sur mon cœur la douloureuse marque au fer rouge de la pma, déjà, à 21 ans. Et, à 21 ans, je m’en vais en Belgique pour trouver une petite vie qui voudra bien s’implanter en moi. Je suis jeune, et je t’emmerde, toi qui pense que la jeunesse exclue la souffrance, et le droit de pleurer sur l’enfant qui manque au bonheur.

J’attends plus qu’une chose : que mon Loulou me rejoigne vite et que je trouve la chaleur que je n’ai pas trouvée à l’hôpital. Pourtant entourée d’une équipe qui voit passer des femmes comme moi, qui souffrent du RIEN pesant et réel.

Rien ni personne ne semble saisir le sens du mot : REVE. Le rêve est à portée de tous, et à tous les âges. Mais l’irréalisation de ce rêve ne semble devoir être qu’à portée d’un certain âge, pas le mien paraît-il. Que de bêtises déblatérées ventant de ceux qui, aveugles, essayent de lire dans nos cœurs !

Hospitalisation et adieux

14/06/2013

Mes chères lectrices, j’abrège le suspense : j’ai fait de l’hyperstimulation. Je me suis laissée un peu d’espoir après tout ce que j’ai entendu sur l’hyperstim et un début de grossesse : je dois faire partie de l’exception qui confirme la règle. Je ne suis pas enceinte. Voilà.

Le rêve prend fin, le miracle n’était que passager, il était là juste pour me rappeler que c’est possible, mais pas pour nous. Le miracle était là pour me vendre du rêve, et repartir tout aussi sec. Alors que je suis là, dans ce lit froid, toute seule, je ressens à nouveau ce sentiment glacial de n’être qu’une coquille vide. Je ne suis qu’une coquille vide. Et je le serai encore pendant des mois, et des mois.

L’infirmière qui m’a annoncée le résultat négatif a été délicate, c’est déjà ça. J’ai essayé de garder la face, bien que juste avant qu’elle sorte de la chambre je commençais à craquer.

Je m’attendais à ce négatif. Ce qui me fait mal, ce qui cause mes larmes, c’est de réaliser que c’est FINI. Il n’y aura plus jamais de mininous en devenir, de nos deux gamètes. Et ce qui me blesse plus que tout, c’est que mon mari me dise : « je ne sers plus à rien. Tu dis que tu te sens être une coquille vide, eh bien moi c’est pareil. Et ça sera toujours ma blessure ».

Ce fut comme une décharge électrique haut voltage pour moi. J’ai décidé de retenir mes larmes quitte à pleurer une fois qu’il sera parti. C’était vital pour lui, je l’aime plus que tout, cet amour me motive à me dépasser pour l’amour de ma vie.

Nous avons dressé une liste plus positive :

–         Ce temps où il n’y aura AUCUNE tentative, ce sera un temps de repos, de ressourcement, un repos bien mérité après toute cette période où le mot PMA était sur nos lèvres chaque jour.

–         Je pourrai enfin prendre soin de moi, faire un petit régime pour éliminer le poids que j’ai pris depuis le début des traitements (8 kilos…).

–         Il pensait être inutile, cela m’a fait réfléchir. Il dit qu’il ne peut m’offrir d’enfant, mais c’est faux, il m’a offert 6 merveilleux embryons, 6 petites étoiles qui illumineront notre ciel d’espoir.

–         Je pense que les pmettes qui ont leur homme OATS, elles sont confrontées à la souffrance de ceux-ci. Je ne sais pas comment vous réagissez, comment vous les aidez à les revaloriser. Mais outre les conversations qui se veulent être rassurantes…il y a aussi la valorisation en faisant un câlin, je veux dire un CALIN. Pour un homme, c’est important de donner du plaisir à sa femme. Mais pour un homme qui souffre et se sens inutile (il en vient à détester cette partie de lui…), c’est essentiel de comprendre que cette partie corporelle qui cause son plus grand chagrin, peut aussi causer sa plus grande joie. N’y voyez aucun ton coquin, je me contre-fiche de ma libido, ce qui me motive à parler de tout ça, c’est mon amour pour lui. Eh bien…nous avons fait un CALIN, dans cette petite chambre d’hospi. Et…oui, c’était risqué, mais les infirmières avaient fait tous les soins et m’avaient dit que je serai tranquille. Alors voilà, pimentons notre vie amoureuse, et donnons-lui une vague de fusion après cette brisure supplémentaire.

Nous souffrons plus que tout. Mais nous nous aimons aussi, plus que tout. Alors nous continuerons de nous battre, hors-frontières, main dans la main.

hyperstim’ or not?

Deux nuits que je dors mal. Mais cette nuit fut la pire !! des douleurs terribles au ventre et au bas du dos. Tout le temps soif comme si j’étais déshydratée continuellement. Je vide les bouteilles les unes après les autres. Et je réalise aujourd’hui que je fais de la rétention d’eau dans les cuisses. Je digère pas super bien, et pumba s’est réincarné en moi.

Bon…je ne me pose pas plus de questions sur le coup, j’avais tellement eu mal à ma 1ère ICSI que ça a côté c’est du pipi de chat ! Que les traitements doivent chambouler un peu tout. SAUF qu’aujourd’hui, je devais avoir une séance d’acu. Et que j’ai dû appeler pour annuler : « vraiment désolée madame, mais je vais devoir annuler ce rdv. J’ai très mal au ventre, je ne me sens pas du tout de faire la route. »

Ce à quoi elle me répond que ça n’est pas normal d’avoir de telles douleurs après un tel laps de temps ponction – transfert > aujourd’hui. Qu’il faut que je consulte mon gynéco, ou que j’aille aux urgences.

J’appelle les urgences de ma pma, je décris ce que j’ai. Mais puisque je n’ai pas de nausée, ils ne pensent pas que c’est une hyperstim. Mais ils ne sont pas sûrs non plus que ça n’en soit pas une : du coup, il faut que je consulte mon gygy de ville. J’attends que sa secrétaire me rappelle dans moins d’une heure normalement pour me dire quand je peux passer.

BREF, la loose. Je ne sais pas du tout si je suis en hyperstim ou pas, je sais que je suis dans la tranche à risque puisque j’ai moins de 25 ans, antécédents d’OPK, et une bonne réserve ovarienne. Mais ça peut être aussi juste un kyste, puisque j’ai très mal depuis plusieurs jours à l’ovaire droit. Que de questions !!

Je vous tiendrai au courant, en espérant ne pas devoir être hospitalisée 😦 ça, ça me foutrait grave les boules !

BILAN à J-4

Je m’étais pourtant promis de me taire, que de toute façon tant qu’on n’a pas le résultat, symptôme ou pas symptôme annonçant les règles, ça ne voulait rien dire. Mais bon, je me suis dit qu’un petit bilan ne ferait pas de mal. Dans tous les cas….pour moi, je sens que le négatif va me pendre au nez. Alors…

– douleurs de règles depuis DPO 6 : ce sont des douleurs franches, j’ai l’impression qu’elles vont débarquer avant l’heure. J’ai toujours ça, les douleurs de règles, aux alentours de DPO 10. Mais l’utrogestan peut y être pour quelque chose.

– une libido explosive (tiens, c’est la première fois que j’aborde ce genre de sujet !), à en faire devenir dingue le Loulou, qui résiste à la tentation tant bien que mal 😉 enfin, pas d’inquiétude, je sais que pour le bien de mes miracles (s’ils sont toujours parmi nous…), c’est abstinence. Moi qui laisse les envies se faire naturellement, je me suis transformée en espèce de cinglée du hum hum, jusqu’à en rêver !! O_o

Je sais pas à quoi c’est dû, mais vu l’ampleur de mon comportement bestial, je me suis dit que c’était obligé de le placer quelque part 😀

– pas de nausée. A peine mal aux seins, qui comme d’habitude n’ont pris aucun volume avec l’utrogestan. Tendez-moi un mouchoir, sniif.

– je me lève toutes les nuits pour faire pipi, deux fois, à heures fixes. Mais ça, ça me l’a fait après chaque tentative.

– hier soir, ça m’a fait comme des coups de jus au niveau de l’utérus. Mais ça…ça me le fait à chaque fois aussi.

– j’ai trouvé l’astuce pour que l’utrogestan arrête de couler tout le temps dans la culotte ! tout con ! ça va être goooooore !! au lieu de mettre ce magnifique ovule avec un seul petit doigt, eh ben je fais comme Dr. Cold quand il fait un toucher vaginal (avec les gants à « deux-doigts », à la E.T), et du coup le col s’ouvre mieux et l’ovule est bien obligé de faire son office. Et toc.

– j’ai les cheveux dépouillés. Si vous avez un petit potager et que vous êtes emmerdées par des piafs, appelez-moi. Pour ne pas citer la marque qui a fait cette pub pour un shampoing : « mes cheveux sont comme de la paille ». Mais ça, ça me le fait aussi à chaque tentative.

– je mange tout le temps. Mais là, je crois que ça commence à se calmer un peu. On verra dans les jours qui suivent.

– j’ai des boutons plein la face, appelez-moi CASIO ! 🙂 mais ça….vous l’aurez compris, c’est pareil à chaque fois !

– je dors tout le temps : merci à la progestérone !

– j’ai super mal à l’ovaire droit, je ne serais pas étonnée de me taper un kyste, mais bon…j’attends.

Lundi, j’aurai ma pds, et je ne pense pas avoir le bonheur de vous annoncer un +. Une intuition. Des larmes qui montent et qui commencent à dire tout doucement adieu à mes miracles bientôt envolés. Pessimiste, moi? peut-être bien, ou peut-être juste un peu trop réaliste… . Pourtant, un peu de fantaisie, un peu de magie me ferait beaucoup de bien.

Vidéo

A vous, mes petits miracles

Traduction trouvée sur le net.

« J’erre, je rampe.

Je suis à deux pas de tomber.

Je ne peux pas faire semblant d’aller bien.

Je suis lourde.

Je suis lasse, je ne pense pas clairement.

Je ne peux pas faire semblant d’avoir trouvé une terre inébranlable

Depuis que tu es dans les parages.

Je cours.

Je me cache, j’ai peur que tu ne me trouves jamais…

Je me suis toujours sentie perdue dans la foule.

Je descends, je me noie.

J’ai si peur de perdre. Je ne sais plus où donner de la tête.

Depuis que tu es dans les parages.

Je suis absurde et folle,

Je pense juste que peut-être

J’ai encore beaucoup de choses à comprendre.

Je gagne, je perds.

J’ai peur de ne jamais choisir…

Mon cœur battait si lentement,

Avant que tu ne sois dans les parages. »

Ca y est, depuis samedi j’ai enfin réalisé qu’il y a deux bouts de nous en moi. Je pense que c’est le fait que, s’ils sont toujours en vie, ils peuvent désormais s’accrocher. Et je réalise peu à peu que leur faible existence me donne des ailes, et que je n’ai vraiment pas envie de vivre sans eux. A l’idée de les perdre, je me sens déjà profondément triste. Avant eux, comme le dit cette chanson, mon coeur battait si lentement ! J’espère de tout mon coeur que le miracle va s’opérer, même si je suis prête à aller vers le don et que tout est prêt, j’espère que je devrai tout annuler… . Que le Ciel m’entende !

Comment est-ce possible?

Je ne parviens pas à réaliser que j’ai deux embryons en moi depuis hier. Je n’y arrive pas.

Je sais que le transfert a eu lieu, j’étais bien là, mais c’est comme si tout en moi s’était déconnecté. Aux deux autres transferts, j’étais euphorique, je n’arrêtais pas de parler à mes embryons chéris, je leur disais tout mon amour pour eux. Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à leur parler?

Je me surprends à poser les mains sur mon ventre, mais c’est purement inconscient. Putain de merde (oui, rien que ça), qu’est-ce qui se passe???

Il y a des mininous en devenir, deux petits miracles qui se démènent pour vivre et s’accrocher, et moi…je n’arrive pas à les encourager, je n’arrive même pas à prendre toute la mesure de leur petite existence pourtant bien réelle. Comment est-ce possible?

Moi qui surfais sur internet à mes heures perdues de larve canapéïque pour connaître les fameux symptômes précurseurs d’une grossesse (quelle blague, tout le monde sait que c’est très aléatoire, mais tout le monde regarde quand même !), eh bien si je me connecte à la toile c’est pour mettre en place toutes les démarches pour la Belgique, sans parler des multiples appels. Moi qui me ménageais, qui ne me levais que pour le strict minimum, qui faisais attention à ne pas manger tout et n’importe quoi ; je me vois faire un peu de ménage (quand Loulou n’est pas là, il me lapiderait sinon), manger des repas juste pas du tout équilibrés, et quand mon Loulou me dit : » hey, mollo quand même, tu as nos bébés en toi ! », je lui réponds du tac-au-tac : « oui ben, ils sont même pas à j5 donc pas possible qu’ils s’accrochent pour le moment. Je peux donc encore me permettre de vivre mon quotidien comme d’habitude ». Ca le surprend, ça le peine, et ça me ressaisit : « je vais faire attention, je te le promets ». Et j’essaye au mieux de tenir ma promesse.

J’ai envie de pleurer….je suis un monstre de les laisser comme ça, de ne pas prendre la peine de m’attacher à eux, comme si c’était foutu. C’est dégueulasse de leur faire ça, peut-être que pour vous c’est ridicule car ils ne sont que de simples cellules sans coeur, mais ces cellules sont vivantes, ces cellules sont le fruit de notre amour, et ces cellules sont des bébés en formation, quelque soit leur stade de développement. Ca me crève le coeur….et je me sens perdue…en total dénie alors qu’en même temps je crois que c’est possible que ça fonctionne.

COMMENT EST-CE POSSIBLE, TOUT CA??

Deux petits miracles dans mon ventre…

Mes chères amies pmettes, 

 

vous avez été extraordinaires, chacune à votre façon. Vous m’avez vraiment épaulée, vous vous êtes montrées chaleureuses, vous avez partagé notre tristesse et vous nous avez conseillé. Pour tout cela, MERCI. 

Nous avons décidé de faire ce transfert, quoi qu’il arrive. Arrivés au centre, nous avons croisé le gynéco qui m’a fait la ponction. Mon Loulou ne s’est pas démonté, et a expliqué ce qu’il s’est passé hier avec le biologiste. Le gynéco va donc voir Dr. Cold et convoque par la même occasion le biologiste. 

Ce dernier a dû se faire taper sur les doigts, car quelques minutes après il est venu nous voir pour discuter gentiment de tout ça. Il nous a expliqué les raisons pour lesquelles ce n’est plus possible pour nous d’avoir une FIV ICSI : 0 vitalité même après injection d’un produit spécialement fait pour augmenter la vitalité, 0 mobilité, 100% malformés, 100% vieux et fatigués. Bref, je résume car cela a pris au moins 10 bonnes minutes. 

Dr Cold nous rejoint en salle de transfert en cours de route, et appuie les propos du biologiste, avec étonnamment beaucoup de tact. Il n’ose dire LE mot qui peut faire fondre en larmes, mais LE mot, nous l’avons compris, et nous décidons de l’affronter : DON. 

Nous prenons encore plus conscience que ce transfert est notre dernière chance. Le biologiste nous dit par ailleurs que c’est un miracle que deux embryons se soient développés, normalement il n’aurait dû rien ressortir de bon de ces zozos. On se prend à rêver que ça fonctionne… 

Mais le biologiste enchaîne en disant que de toute façon, ces embryons sont issus de zozos malades et morts, donc ça ne donnera rien de bon, même s’ils venaient à s’accrocher. Sans doute contracteront-ils la trisomie 21 ou autre. BAM, prends-toi ça dans la gueule !

 

Il repart sur ces entrefaits préparer la pipette. Je regarde le Dr. Cold et lui dit : « je ne crois pas en ce transfert, c’est foutu. Ils sont de trop mauvaise qualité… »

Il ouvre de grands yeux étonnés, et me réponds : « Madame, ils sont évolutifs ! Ils ont 4 et 5 cellules, c’est vraiment super ! Peut-être qu’ils sont fragiles, oui, mais ils peuvent encore s’accrocher et continuer d’exister. Alors, il faut y croire. »; 

DE QUOI? c’est bien le Dr. Cold qui me parle? Enlève ton masque petit coquin, je suis sûre qu’il y a un Bisounours qui se cache derrière ! Je suis cynique…. . Pas bien. Prenons ce qui est bon à prendre, il a été vraiment gentil et chaleureux, et ça fait du bien. 

 

Etape transfert : Alors qu’il me met mon ami le spéculum dans le terrier magique, l’infirmière s’en va brusquement de la salle de transfert papotter et accueillir d’autres patients alors qu’une autre est là pour le faire. Dr. Cold l’appelle, pas de réponse. Par trois fois il l’appelle, toujours rien. Je m’impatiente, j’ai mal put**n !!! Je serre fort la main du Loulou qui hérisse le poil d’énervement, il commence à dire à Dr. Cold que ça ne se fait absolument pas qu’elle parte en plein transfert, que sa femme a mal. 

 

Dr. Cold appelle de nouveau. Elle arrive enfin, comme une fleur. Eh ben, il lui a mis une de ces cartouches dans la gueule !!! Jamais vu ça !! :

 » C’est inadmissible de quitter la salle de transfert alors que nous sommes en train de commencer. Aucune tâche ne passe au-dessus d’une patiente qui de plus est, souffre du fait que vous nous avez fait attendre. Vous avez tout intérêt à ne plus jamais recommencer » (imaginez ça, en mode gueulante totale au point que l’autre bout de la clinique a dû l’entendre ! Jubilatoire 🙂 )

Puis il me regarde, et redevient tout doux : « ça va aller? Je vais faire tout doucement. Hop, voilà, c’est fini. Ils sont transférés, et maintenant ils ont intérêt à s’accrocher ». Il m’attrape la main (quoi???Dr. Cold????), la serre et me dit : Courage, on va se revoir pour mettre en place le don. 

L’infirmière, qui a une tête de déterrée renfrognée profite qu’il parte pour gueuler à son tour et justifier son absence (injustifiable) auprès de nous. On la regarde, genre : « mais euh…c’est à nous que tu dis ça? Parce que là, t’es tombée sur la mauvaise personne pour te défouler ma vieille, juste ».

Elle pose les papiers de sortie sur moi, comme si j’étais sa table basse. De mieux en mieux ! Et elle part sans dire aurevoir. Connasse. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit, avant toute une série d’autres tout aussi bien. 

 

Bref, nous sommes repartis, et maintenant je couve deux petits que tout le monde condamne sauf un certain Dr. Cold…et nous. Nos deux miracles….quoi qu’il arrive, nous sommes fiers d’eux, ils se seront bien battus à nos côtés. 

Appel du laboratoire…bis

Je tiens tout d’abord à vous remercier pour votre soutien, je prendrai le temps d’y répondre au calme.

Bon….nous avons 2 embryons, de mauvaise qualité. Ils vont nous les transférer juste pour nous faire plaisir, pour le fun. Mais pour eux, il n’y a aucune chance qu’ils s’accrochent. Et ensuite?…ensuite, rien. C’est fini.

Nous avons rdv au CECOS d’Amiens fin juin, à cette clinique ils proposent aussi des FIV IMSI. Alors nous saurons si eux nous redonnent une petite chance ou s’il faut de toute façon se résoudre au don. Nous en avions déjà parlé avec mon mari dès le début de notre parcours en Pma, nous nous attendions à ce qu’un jour ce genre de verdict tombe. Mais pas maintenant, pas là, alors que tout se passait si bien !

Bien sûr, mon mari a été autant effondré que moi. Ca a été une claque violente, il n’a su que dire pendant de longues minutes…puis on s’est dit qu’il y avait encore cette FIV en cours, et qu’il fallait y croire malgré tout. Mais maintenant…ne serait-ce pas naïf d’y croire encore?

Cette FIV ICSI est notre dernière tentative…

C’est le coeur serré, la gorge noué, et les larmes abondantes que je vous écris cet article.

 

Nous étions partis avec tellement d’espoir, tellement de rêves plein la tête, qui se sont effondrés en l’espace d’un appel avec le médecin Biologiste. 

Il vient de m’apprendre qu’il n’y aura plus de FIV pour nous, que c’était déjà beau que ce centre nous accepte malgré les résultats de spermogramme médiocres. Il a informé le gynéco que ce ne sera pas plus possible de faire une autre FIV car même celle-là n’est pas sûre d’aboutir.

Je dois attendre demain pour savoir si malgré tout il y a des survivants, si malgré ce résultat il y a quand même un peu de vie…inutile de préciser que le Biologiste souhaite nous diriger vers le don de sperme. Il m’a même dit que plein de centres nous auraient refusé. 

Et ce connard de Dr. Cold qui, quand je lui avais demandé si notre cas était désespéré ou pas et s’il fallait avoir recours au don, m’avait répondu froidement qu’il connaissait très bien son travail et que si on était là c’est que c’était possible….je suis dégoûtée, nous avons perdu du temps, j’ai souffert les traitements et les ponctions pour RIEN. 

 

Je ne sais plus du tout où me diriger, par où faut il passer pour avoir recours à un donneur. Maintenant que la partie est finie pour nous, je voudrais avoir des renseignements sur les démarches à suivre, si vous les connaissez. Je vais avoir besoin de temps pour me remettre de tout ça, je me sens totalement brisée…et je ne sais pas comment je vais pouvoir annoncer la nouvelle à mon mari, qui sortait tout juste d’une période très difficile dans son acceptation d’être OATS extrême. 

Je n’en peux plus….