Changement de nid !

C’est assez étrange à chaque fois, de revenir sur ce blog, pour partager les changements, les événements importants que nous vivons avec Loulou et maintenant Poucinette.

Tout d’abord, le traitement d’oestrogène n’a pas fait de miracle. Je crois pouvoir dire que la déception est passée, ce qui doit se passer se passera.

Bien sûr que Poucinette pose des questions, et commence à nous dire qu’elle voudrait un petit frère ET une petite soeur (ha ha ha !), et parfois ça pince le coeur. Mais que dire ? On ne maîtrise rien !
Pour le moment, ce qui compte c’est que nous avons une jolie Poucinette qui pousse à une vitesse folle (punaise, elle a 3 ans !! 3 ans !!), qui rentre à l’école en septembre, qui a un amoureux (transi, ça on peut le dire, quel pot de glue !), qui adoooooore la Reine des Neiges (faisant naître en nous un traumatisme émotionnel dès qu’un certain « libéré délivré » sort de la bouche de notre fille), le rose, le girly, le maquillage de maman et ses chaussures, les robes de princesse, la musique, la danse, le chant (ses réveils matinaux débutent toujours en chantant, parfois j’ai l’impression d’être au milieu d’une comédie musicale quand elle en vient à me demander ses céréales en chant 😀 ). Bref, ma fille a 3 ans, et elle va bien.

Et justement, la voir grandir et avoir une sacrée bougeotte, nous a motivés à chercher une jolie maison.
L’appartement dans lequel nous vivons porte énormément de souvenirs. Ca a été notre premier appart ensemble, on a tout vécu là dedans ! Chaque pièce évoque des doux moments, mais aussi nos espoirs, nos douleurs, nos cris d’injustice, notre Envolé…perdu si vulgairement dans les toilettes.
Vous voyez, le but n’est pas à chaque fois d’évoquer le pire, il faut être conscient de son bonheur quand il frappe enfin, et je ne me définirais pas comme étant malheureuse ou malchanceuse.

Mais il est temps de tourner cette page, on ne se voyait plus passer une nouvelle date « anniversaire » de notre petit Ange là-haut dans cet appartement. Besoin d’y penser sereinement, dans un autre nid, un autre chapitre, une évolution nécessaire pour avancer.

Et cette jolie maison, nous l’avons trouvée…elle nous ressemble, ce n’est pas la plus grande des maisons, elle fait même un peu « timide » entre les maisons voisines plus imposantes.
Chaque maison a une âme, et la sienne nous attire. On se sent en sécurité quand on y entre, quand on l’a visitée elle nous a immédiatement semblée familière, de la même essence que la nôtre, une sorte de connexion, ou comme les autres diraient : un coup de coeur.

Elle demande certains travaux, des couleurs à notre goût, et beaucoup d’amour ! Et ça tombe bien, on en a à revendre !
Le 29 juin, nous aurons les clés du château 🙂 et à partir de là, nous revêtirons nos tenues de combat avec Loulou pour faire une petite mise en beauté à notre nouveau nid, pendant que Poucinette vivra ses derniers jours en crèche, le passage inévitable d’un bébé devenue petite fille au cartable rose avec des petits flocons dessus.

La vie, c’est tout simplement ça. Les changements. L’évolution. Petit à petit, des étapes nouvelles, parties d’un premier baiser avec Loulou, et nous y voilà, à trois, et trois boules de poil qui suivent notre périple. Que la vie peut-être dingue !

Je vous embrasse, ce n’est pas une formule toute faite pour légitimer encore ma place ici, ou par un acquis de conscience, mais encore une fois je pense à vous. Je ne cesse pas ❤

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Questionnaire : Donnez de la voix !

Aujourd’hui, j’ai l’occasion de pouvoir mener une action pour améliorer le bien-être des patients en pma au travers de ma profession, de les accompagner tout au long de leur parcours, de les aider à restaurer leur image souvent abîmée par les traitements et les événements, et d’apporter une bulle de douceur là où cela peut manquer.

Combien de fois avez-vous eu envie de faire entendre votre voix pour avoir une prise en charge pas que médicale, qui pourrait aussi prendre soin de vous et apaiser les maux par des soins relaxants et adaptés, par une simple présence qui vous écoute et comprend sans juger quoi que ce soit ?

Si vous souhaitez participer à cette voix que nous faisons souvent monter sur nos blogs, et que ça traverse le virtuel pour atteindre les équipes de pma, alors donnez-moi votre mail en commentaire et je vous enverrai un court questionnaire.

Partagez un maximum s’il vous plaît, je ne veux pas que cette action qui pourrait changer tant de choses soit stoppée dans son élan, je veux que votre voix soit forte et enfin entendue. Car vos gynécos, les infirmières, les anesthésistes, tous veulent que vous puissiez vivre au mieux cet enfer de la pma, être chouchoutés de diverses façons, préservés autant que possible, vous sentir accompagnés et dorlotés dans des moments compliqués émotionnellement et physiquement, vous appuyer sur toute une équipe aux petits soins, un cocon tout doux jusqu’au jour où vous nous enverrez un faire part de naissance 🙂

A très bientôt, je l’espère !

 

Parce que rien n’est jamais simple chez nous

Il y a de ces jours où boire la tasse de cette désillusion que l’on a connu que trop bien nous donne envie de vomir et de se laisser couler.

Qui aurait cru que notre parcours ou tout du moins ce qui l’a ponctué, se retournerait contre moi ?

Je n’ai pourtant pas eu un parcours si long que ça quand je sais qu’il y en a qui ont été bien plus endurants, plus brutaux avec certaines de mes chères pmettes de voyage !
Mais il faut croire que mon corps n’a jamais digéré les injections, et des périodes extrêmement dures ont suivi…

Je ne sais même pas si cette bouteille jetée dans l’océan virtuel atteindra quelqu’un qui comprendra, qui aura peut-être les mots, peut-être que je ne les mérite pas puisque j’ai « déserté » un moment cette vie de blog….

Je crois que ce soir, je n’arrive plus à me projeter avec un nourrisson dans les bras, cette image s’éloigne, se floute et me fait mal. Je me demande constamment depuis si je pourrai porter la vie.

Dans les faits : je ne produis quasiment plus d’oestrogènes.
Je me souviens qu’après un traitement de fiv, s’ensuivaient des mois où on ne pouvait pas faire l’amour tellement c’était sec (c’est tellement difficile d’en parler ! OMG, eh dire que je parle encore de mon intimité…), ça me brûlait, c’était atroce. Loulou a été tellement adorable avec moi, tellement compréhensif, ne remettait jamais en cause mon désir pour lui. Moi je voulais, mais mon corps avait perdu la connexion.

Par la suite, nous avons pu avoir à nouveau des rapports, mais ce côté sec a toujours été un souci. J’ai eu bon nombre d’ovules à me carrer, de crèmes à appliquer, mais rien de rien, ça soulageait sur le coup, et ça redevenait le désert.

Aujourd’hui, concrètement, je n’ai plus aucune perte, rien. J’ai trouvé aussi que j’avais moins de poitrine – et il faut savoir que c’est déjà pas très glorieux – et je ne sais pas si c’est en lien, mais des règles bien moins abondantes.
Alors, j’en suis aujourd’hui à devoir prendre un traitement pour femmes ménopausées, pour palier au manque cruel d’oestrogènes. C’est plus confortable, mais mon image de femme en prend un coup !

Je me sens comme mutilée, ça ne s’explique pas. J’ai le sentiment que les traitements m’ont détruite, m’ont brûlée, je suis amère car le pire c’est qu’on me filait des doses de cheval alors que je répondais très (beaucoup trop en fait) bien aux stim. Il ne fallait pas plus d’une semaine de gonal pour avoir une quarantaine de fofos prêts à être cueillis, et je me suis tapée à chaque fois une belle hyperstim en prime. Ce n’est pas pour autant qu’on a baissé les dosages, et le plus dégueulasse c’est qu’on m’en ponctionnait même pas la moitié. Tout ça pour ça…..Tout ça pour NADA en plus !!! Tout ça pour nous dire qu’on avait jeté des ovocytes à la poubelle parce que « de toute façon Madame, on ne veut pas passer des heures à essayer de sélectionner des spermatozoïdes qui de toute façon donneront des enfants trisomiques ou des fausses couches ! » (véridique).

Je suis, ce soir, découragée, fatiguée, et j’aimerais pleurer mais je n’en ai même pas la force. Je laisse la Nature faire, de toute façon elle a décidé pour moi, je sais que je ne pourrai pas espérer quelque chose de mieux après ce traitement. Si ça ne fonctionne pas, on n’aura plus rien à me proposer.

Faut toujours qu’il y ait quelque chose…alors oui, oui je sais, j’ai déjà une merveilleuse petite fille et ne croyez pas un seul instant que je l’oublie, ma chance dans mon malheur. Mais je crois que ce soir je dois m’autoriser à me « plaindre », au fond j’ai le coeur qui saigne et mes rêves qui fondent comme neige au soleil.

Gygy d’amour

Cet espoir si infime d’être à nouveau maman, ce petit point lumineux tout doux, tout tiède, a pris toute la place. Nous retournerons en Belgique, notre vie s’adaptera, un point c’est tout.

Depuis ce rendez-vous avec mon cher gygy d’amour adoré (qui a pris un petit coup de vieux tout à fait charmant depuis notre dernière entrevue !), j’ai compris qu’il me serait de toute façon impossible de renier ce désir brûlant, et maintenant j’ai hâte de porter à nouveau un autre petit amour sous mon nombril.

J’ai hâte de sentir des petites vaguelettes en moi, et d’avoir l’impression de contenir un océan de tendresse, mystérieux et envoûtant. Oui, je l’aime déjà, je t’aime déjà.
Je rêve de toi, de ce que nous serons à 4, de notre rencontre en noir et blanc, puis quand nous apprendrons si on attend l’arrivée d’une seconde poupée, ou d’un petit cowboy, et quand la profondeur de ton regard me plongera dans un vertige infini.

Je ne crains plus de faire des examens douloureux pour vérifier que tout sera prêt à t’accueillir, je m’abandonne totalement à chacune des étapes qui me rapprocheront de toi. Je n’ai plus peur d’avoir à gérer deux enfants, nous prendrons le temps qu’il faudra pour chacun de vous, et l’amour est bien le sentiment qui ne connaît aucune limite et peut se partager autant que l’univers est grand.

Résister à un flot aussi fort serait folie, les baisers que Loulou dépose sur mon ventre me procurent tellement de bonheur, l’impatience d’être à nouveau père fourmille au bout de ses lèvres, c’est une aventure formidable qui nous attend.
Mon amour, papa et maman viendront bientôt te chercher, promis…

Il a dit non…

Non à la peur de perdre le combat contre cette pute de Dame nature, non à ce vide qui lui troue aussi le coeur depuis quelques temps aussi (jvous ai fait peur avec mon titre, hein ?? 😛 ).

Revenons à cette discussion. Quand je lui ai donc dit que j’avais envie d’avoir un autre enfant, et que cette fois c’était différent des autres fois où il y avait des envies « passagères », Loulou a écouté attentivement et m’a répondu sans détour : « Alors allons-y. Moi aussi j’en ai envie, c’est fou qu’on se dise ça au moment où Poucinette est vraiment imbuvable plusieurs fois dans la journée, mais c’est vrai qu’avant tout ce parcours j’ai toujours voulu avoir deux enfants. »

J’étais abasourdie, je ne m’attendais pas du tout à ce genre de réponse. Surtout avec ce qu’il me dit ensuite : « Profite de ton rdv avec gygy d’amour le 30 pour lui demander quels examens faire, et on contactera également la Maison des Lutins pour prendre rdv et leur demander ce qu’il faut réaliser pour pouvoir commencer les essais sereinement. Ah, et dès qu’on rentre je vais à la sécu retirer un dossier de demande de prise en charge, cette fois-ci ils ne pourront pas nous dire qu’on a pas fait les choses dans l’ordre. Et puis je pense qu’on pourrait commencer les IAD en janvier, non ? Comme ça, ça nous laisse le temps de pouvoir vendre l’appartement et trouver une location en attendant de déménager pour la savoie ! »

Keuwa ???!! Si vite ?? Maintenant ??? Avec tous les projets pro qui devaient se mettre en place ? Est-ce que ça vaut la peine de me mettre à mon compte si c’est pour partir dans l’année  qui suit ? Pfff j’avoue que je suis assez perdue, qu’auriez-vous fait à ma place ?

Surtout que si la mutation est refusée pour cette année, on devra rester dans une maison qui ne sera pas la nôtre (donc impossible de se projeter), dans une région qui nous sort par tous les pores, et avec Poucinette qui rentrera à l’école et dans le meilleur des cas un bébé en plus !

Mais en même temps, si on attend que la mut’ soit acceptée, partir de la savoie pour chaque essai ce ne sera tout de suite pas le même temps de trajet, et pas du tout la même organisation non plus.

Argh, HELP, HELP, HELP !!!

Pour autant, je suis vraiment heureuse que mon Loulou partage aussi ce nouveau rêve, et qu’il s’y projette aussi bien, au point d’imaginer notre maison avec trois jolies chambres, « une salle de jeux pour nos enfants », un petit jardin, une école de campagne, et tout et tout.

On pourra dire que ce petit bout à venir aura débarqué dans nos vies sous forme d’un tsunami inattendu, surprenant, et la peur de l’inconnu me saisit les tripes…

Et puis il y eut un vide…

Depuis vendredi dernier (soit le 18), je suis officiellement sortie de ce boulot de marde, mais nous sommes aussi partis en vacances en Haute-Savoie !

Mis à part certaines crises en mode deuzans et certaines négociations musclées, les vacances avec Poucinettes et notre Shib (Miyuna, nouveau membre de la famille depuis décembre, une shiba inu adorable et nounouille 😛 ) se passent à merveille. Les paysages nous font rêver et nous respirons le bon air de la montagne à pleins poumons !

Ca fait plusieurs années maintenant que nous cherchons à partir de notre région actuelle, nous n’avons jamais eu ce sentiment d’avoir trouvé notre place là où nous sommes. Ce n’est pas faute d’avoir essayé en aménageant notamment notre appartement, mais rien n’y a fait, quand ça veut pas, ça ne veut pas.

Un soir, alors que mon homme et moi étions assis à la terrasse de notre gîte pour observer les montagnes et les étoiles, nous avons commencé à parler sérieusement projets. Parce que les vacances servent à ça aussi, faire le point, prendre le temps de peser nos rêves et voir s’ils ne sont pas trop lourds à réaliser.

Il est clair que cette région nous plaît. Bon, soyons honnêtes, nous en sommes tombés amoureux. Alors, ce fut un soulagement de voir que nous étions sur la même longueur d’ondes et que Loulou était prêt à demander sa mutation cette année pour la rentrée de septembre 2018. Il nous faudra encore patienter, réussir à vendre notre appart à un bon prix, s’organiser, toussa toussa. Mais en tout cas, enfin nous semblons avoir trouvé notre endroit, notre terre où planter nos racines et vivre heureux en mode happy end.

Pour autant, un autre rêve me serrais comme dans un étau, chaque nuit toujours plus, j’en ai rêvé. Je ne m’étais certainement pas préparée à ce vent de changement, et pourtant il s’est engouffré dans mon coeur que je croyais comblé, et le trou qu’il a fait paraître m’a effrayée : j’ai envie d’avoir un deuxième enfant.
Je n’arrivais pas à mettre des mots sur mes maux quand je nous regardais tous les trois, assis devant un lac à picorer les chips et rire des clowneries de notre fille. Je la vois si seule, si envieuse des familles avec plusieurs enfants, elle qui m’a déjà dit aussi qu’elle aimerait bien que j’aie un bébé dans le ventre, et moi qui me suis toujours interdit d’en avoir envie. Je n’ai pas envie d’un deuxième amour pour elle, ni pour moi d’ailleurs, sa vie n’appartiendra à personne (oh mon Dieu, je parle au futur !!), simplement je sens notre famille incomplète, je ne l’explique pas.

Tellement peur de revivre un cauchemar, les traitements ne sont à la limite qu’une « reprise des bonnes vieilles habitudes de pmette » mais c’est l’attente, les déceptions, les peurs, la grossesse en soi que je n’ai pas si bien vécue que ça, les fameuses montagnes russes qui donnent à la fois nausées et adrénaline…Et Loulou qui m’a toujours dit depuis que Poucinette est née qu’il ne voulait pas d’autre enfant !

Alors, comme nous parlions de nos rêves, j’ai verbalisé le mien, et j’ai attendu la réaction de Loulou, qui ne s’est pas faite attendre….