Parce que rien n’est jamais simple chez nous

Il y a de ces jours où boire la tasse de cette désillusion que l’on a connu que trop bien nous donne envie de vomir et de se laisser couler.

Qui aurait cru que notre parcours ou tout du moins ce qui l’a ponctué, se retournerait contre moi ?

Je n’ai pourtant pas eu un parcours si long que ça quand je sais qu’il y en a qui ont été bien plus endurants, plus brutaux avec certaines de mes chères pmettes de voyage !
Mais il faut croire que mon corps n’a jamais digéré les injections, et des périodes extrêmement dures ont suivi…

Je ne sais même pas si cette bouteille jetée dans l’océan virtuel atteindra quelqu’un qui comprendra, qui aura peut-être les mots, peut-être que je ne les mérite pas puisque j’ai « déserté » un moment cette vie de blog….

Je crois que ce soir, je n’arrive plus à me projeter avec un nourrisson dans les bras, cette image s’éloigne, se floute et me fait mal. Je me demande constamment depuis si je pourrai porter la vie.

Dans les faits : je ne produis quasiment plus d’oestrogènes.
Je me souviens qu’après un traitement de fiv, s’ensuivaient des mois où on ne pouvait pas faire l’amour tellement c’était sec (c’est tellement difficile d’en parler ! OMG, eh dire que je parle encore de mon intimité…), ça me brûlait, c’était atroce. Loulou a été tellement adorable avec moi, tellement compréhensif, ne remettait jamais en cause mon désir pour lui. Moi je voulais, mais mon corps avait perdu la connexion.

Par la suite, nous avons pu avoir à nouveau des rapports, mais ce côté sec a toujours été un souci. J’ai eu bon nombre d’ovules à me carrer, de crèmes à appliquer, mais rien de rien, ça soulageait sur le coup, et ça redevenait le désert.

Aujourd’hui, concrètement, je n’ai plus aucune perte, rien. J’ai trouvé aussi que j’avais moins de poitrine – et il faut savoir que c’est déjà pas très glorieux – et je ne sais pas si c’est en lien, mais des règles bien moins abondantes.
Alors, j’en suis aujourd’hui à devoir prendre un traitement pour femmes ménopausées, pour palier au manque cruel d’oestrogènes. C’est plus confortable, mais mon image de femme en prend un coup !

Je me sens comme mutilée, ça ne s’explique pas. J’ai le sentiment que les traitements m’ont détruite, m’ont brûlée, je suis amère car le pire c’est qu’on me filait des doses de cheval alors que je répondais très (beaucoup trop en fait) bien aux stim. Il ne fallait pas plus d’une semaine de gonal pour avoir une quarantaine de fofos prêts à être cueillis, et je me suis tapée à chaque fois une belle hyperstim en prime. Ce n’est pas pour autant qu’on a baissé les dosages, et le plus dégueulasse c’est qu’on m’en ponctionnait même pas la moitié. Tout ça pour ça…..Tout ça pour NADA en plus !!! Tout ça pour nous dire qu’on avait jeté des ovocytes à la poubelle parce que « de toute façon Madame, on ne veut pas passer des heures à essayer de sélectionner des spermatozoïdes qui de toute façon donneront des enfants trisomiques ou des fausses couches ! » (véridique).

Je suis, ce soir, découragée, fatiguée, et j’aimerais pleurer mais je n’en ai même pas la force. Je laisse la Nature faire, de toute façon elle a décidé pour moi, je sais que je ne pourrai pas espérer quelque chose de mieux après ce traitement. Si ça ne fonctionne pas, on n’aura plus rien à me proposer.

Faut toujours qu’il y ait quelque chose…alors oui, oui je sais, j’ai déjà une merveilleuse petite fille et ne croyez pas un seul instant que je l’oublie, ma chance dans mon malheur. Mais je crois que ce soir je dois m’autoriser à me « plaindre », au fond j’ai le coeur qui saigne et mes rêves qui fondent comme neige au soleil.

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Gygy d’amour

Cet espoir si infime d’être à nouveau maman, ce petit point lumineux tout doux, tout tiède, a pris toute la place. Nous retournerons en Belgique, notre vie s’adaptera, un point c’est tout.

Depuis ce rendez-vous avec mon cher gygy d’amour adoré (qui a pris un petit coup de vieux tout à fait charmant depuis notre dernière entrevue !), j’ai compris qu’il me serait de toute façon impossible de renier ce désir brûlant, et maintenant j’ai hâte de porter à nouveau un autre petit amour sous mon nombril.

J’ai hâte de sentir des petites vaguelettes en moi, et d’avoir l’impression de contenir un océan de tendresse, mystérieux et envoûtant. Oui, je l’aime déjà, je t’aime déjà.
Je rêve de toi, de ce que nous serons à 4, de notre rencontre en noir et blanc, puis quand nous apprendrons si on attend l’arrivée d’une seconde poupée, ou d’un petit cowboy, et quand la profondeur de ton regard me plongera dans un vertige infini.

Je ne crains plus de faire des examens douloureux pour vérifier que tout sera prêt à t’accueillir, je m’abandonne totalement à chacune des étapes qui me rapprocheront de toi. Je n’ai plus peur d’avoir à gérer deux enfants, nous prendrons le temps qu’il faudra pour chacun de vous, et l’amour est bien le sentiment qui ne connaît aucune limite et peut se partager autant que l’univers est grand.

Résister à un flot aussi fort serait folie, les baisers que Loulou dépose sur mon ventre me procurent tellement de bonheur, l’impatience d’être à nouveau père fourmille au bout de ses lèvres, c’est une aventure formidable qui nous attend.
Mon amour, papa et maman viendront bientôt te chercher, promis…