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Archives Mensuelles: octobre 2015

Mon envol loin du nid…

Il y a de ces jours où quand on ouvre les yeux, on sait que les heures qui défileront seront spéciales, qu’elles auront un goût de changement, que ce même rayon de soleil qui vient faire du lèche vitrine le long de la fenêtre de votre chambre n’a pas tout à fait la même signification ce jour-là, et que le vent qui vient pianoter sur les feuilles jaunissantes de l’arbre face à votre baie vitrée n’a pas tout à fait la même force. Aujourd’hui est un jour comme ces jours-là.

J’ouvre les yeux, papillonne des cils à la lumière du soleil, j’y vois un sourire de mon enfant, là-haut. Je m’assois à ma table, et regarde paisiblement le vent danser dans les feuilles de cet arbre majestueux, et j’imagine mon bébé ange gardien sauter de feuilles en feuilles pour m’offrir un joli spectacle matinal, pour me faire sourire.
Ce jour si spécial…
Si spécial est ce jour, parce qu’il est un souvenir entrelacé à la réalité grandissante, il est cet ange qui s’était accroché en ce mois d’octobre, il est sa soeur qui est née après 9 mois de voyage, et qui a fêté ses 9 mois hors de son cocon.
Mes deux enfants m’accompagnent à leur façon, pour écrire sans trembler, pour m’apprendre à voler hors du nid, pour me dire que maintenant j’appartiens à la « vie normale », celle où on l’a rencontré l’amour, où l’on s’est engagés à s’aimer jusqu’au bout, celle où on a un enfant, celle où on a un travail, des responsabilités, des inquiétudes, des pleurs, des rires, mais toujours la même satisfaction au soir couchant de se dire que la vie nous a sourit.
Cette vie normale,tant espérée….me voilà prête. Un petit frère ou une petite soeur il n’y aura pas, on nous dit de ne jamais dire jamais. Je ne le dis pas, mais avec la certitude actuelle et nos souhaits respectifs à mon mari et à moi, nous n’aurons pas d’autre enfant.
Parce que cette vie normale, nous la choisissons à trois. Parce que courir le risque d’être à nouveau à 140bpm pendant 9 mois sans connaître l’issue à long terme n’est pas envisageable, parce que recommencer les traitements et la course au positif avec l’angoisse du cauchemar effroyable de perdre un autre ange n’est plus supportable, parce que nous voulons avoir les moyens de répondre aux besoins de notre enfant, l’entourer autant que possible pour faire d’elle une femme accomplie qui aura eu toutes les clés pour réussir, parfois grâce à ses parents, surtout grâce à elle qui devra forger la majorité d’entre elles. Parce que nous voulons lui montrer les beautés de la Terre, voyager et lui ouvrir l’esprit sur d’autres cultures. Parce que nous ne voulons pas être tentés de comparer, ou devoir gérer des conflits. Et parce que notre couple compte plus que tout, et qu’avant d’avoir un enfant et être parents, nous étions un couple. Que nous adorons être tous les deux, une fois que notre princesse est couchée. Avoir du temps pour nous, pour nous recentrer sur nous, et profiter de chaque souffle de notre moitié pour lui dire qu’il est notre tout, notre amour, notre besoin.
Ce jour est spécial, parce qu’il est temps. Temps de taper les tout derniers mots, qui eux aussi ont une saveur différente aujourd’hui. La tristesse n’est pas vraiment de mise, peut-être une certaine mélancolie sourde mais diluée dans beaucoup de reconnaissance. Celle que vous m’ayez lue, que vous m’ayez portée dans vos coeurs et sur vos épaules, vous ne pouviez m’offrir meilleure amitié, j’ai été comblée plus qu’il ne fallait et j’ai rencontré des personnes extraordinaires. Pour la majorité d’entre elles, elles sont mamans aujourd’hui. Quelques-unes demeurent le ventre vide, mais je reste à leurs côtés tout comme je reste à vos côtés.
A toi mon enfant, mon Ayline qui lira un jour ces lignes : je veux que tu saches que ton papa et moi avons été fous aux yeux des autres, avons été désespérés pour certains, avons été associables pour beaucoup, et aigris pour tous. Mais nous avons mené le plus beau des combats, puisqu’il nous a menés jusqu’à toi. Avoir perdu de l’estime aux yeux d’autrui ne nous a jamais empêché de continuer à nous battre pour avoir notre merveille. Ca en valait la peine, TU en valais la peine.
Merci à la PMA d’exister, merci à notre donneur que nous n’oublierons jamais, merci à vous mes lectrices que je connais et celles de l’ombre, merci à toi Ayline qui nous fait chavirer d’amour et rend nos coeurs tout chamallow, MERCI A LA VIE.
 
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Publié par le octobre 2, 2015 dans Uncategorized