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Archives Mensuelles: juin 2015

Le jour où j’ai fraudé pour elle…

Je suis le genre de personne qui n’arrive pas à faire valoir ses droits, le genre qui se tait et fait carpette pour ne pas faire de vague. Ne pas me laisser faire relève du miracle. Mais ça, c’était avant que Poucinette me transforme en wonder-mummy.

On avait un repas de famille organisé à 2 heures de chez nous. On prévoit de partir après le bib du matin, quand la chaleur n’est pas encore écrasante pour que Poucinette apprécie le plus possible le voyage. On n’a pas un bébé embêtant pour un sou, elle s’endort à peine la voiture en mouvement, et quand elle se réveille c’est pour regarder tranquillement le paysage tout en tenant son doudou et en tétant son pouce.

Nous partons donc, ne nous doutant pas une seule seconde du bouchon immense et interminable qui nous attendait. Nous habitons pas très loin d’un parc d’attraction (à 15-20 min) et il se trouve que ce jour-là tous les gens se sont donnés le mot pour s’y rendre. Alors qu’habituellement le trafic est nickel, nous voyons des voitures à 500 mètres devant nous à l’arrêt. Au départ nous croyions que c’était un accident, mais très rapidement on comprend que ce n’est pas le cas.

Ca fait 30 minutes que nous faisons du sur place. Poucinette se réveille et pleure à chaudes larmes car la température augmente déjà, tous les moteurs allumés n’arrangent rien. Loulou essaye de la rassurer, lui parle, met un peu de musique. Rien n’y fait, elle crève de chaud. Le moi craintif me dit de continuer sur la file, on ne sait jamais que ça se débloque. Mais le moi wonder-mummy me dit : « Hé ! Bouge-toi, trouve une solution, ta fille s’égosille, elle a la tête trempée et tu n’as avancé que de 20 mètres !!! »

Je vois une brèche sur la file de droite, je m’insère et je pars sur la bande d’arrêt. On me klaxonne dessus mais je ferme mes oreilles, me concentre, mets les warning et fonce pour libérer ma princesse de ce four. Des conducteurs se mettent en biais pour ne pas me laisser passer. Loulou, d’habitude si calme sort de la voiture, court et fait pousser tout le monde pour que le passage soit libérer. Alors que les 10 kilomètres sont quasiment terminés, une c********sse se met en biais et nous hurle qu’elle en a rien à foutre qu’on ait un bébé, qu’elle a un bien un môme de 9 mois et qu’il a beau ne pas supporter la chaleur c’est pas pour ça qu’elle va passer à droite. Loulou s’énerve, moi je pleure silencieusement derrière mes lunettes de soleil car ma tite louloute n’en peut plus.

On voit au loin des gendarmes postés, on se dit : « Aïe, des gens ont appelé pour nous. Pas grave, une prune et une perte de points c’est rien si Poucinette ne souffre plus de cette chaleur ».
Loulou sort de la voiture en trombe et court de toutes ses forces jusqu’à atteindre les gendarmes, leur expliquer que Poucinette ne va pas très bien, qu’une pétasse nous barre la route malgré nos explications. Ni une, ni deux, les gendarmes disent à Loulou qu’il a bien fait de venir les voir, qu’ils vont faire pousser tout le monde pour nous.

Loulou court à nouveau vers nous, glisse un : « Vous, c’est votre problème si vous voulez laisser votre enfant dans cet état sans même vous préoccuper de son bien-être. Moi j’ai fait ce qu’il faut pour ma fille et vous n’aurez plus le choix » à cette « charmante » personne avant de revenir s’occuper de Poucinette, l’hydrater au maximum.

Nous avons pu passer, sortir de l’embouteillage le plus long de notre existence (à nos yeux !) et remercier au passage ces gendarmes si gentils qui n’ont pas hésité à bousculer le trafic plus encore pour que notre fille soit soulagée.

Ce que j’en retire de tout ça c’est que Poucinette nous a transformés, nous a rendus meilleurs, plus combatifs. Avoir un enfant nous fait voir des situations sous un autre oeil, penser à lui avant nous devient instinctif et c’est beau de découvrir qu’on a ça en nous. Je suis sûre que vous aussi vous avez des exemples similaires au nôtre. Que celui qui a dit que la vie était merdique une fois qu’on a un bébé se taise, la vie est trépidante, il y a bien plus de plaisir à donner pour son enfant qu’à recevoir.

 
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Publié par le juin 26, 2015 dans Uncategorized

 

Le soulagement

Vous l’aurez compris dans le titre, il n’y a pas de miracle : OUF !

Mes règles sont là, et je crois avoir rarement été aussi ravie de les avoir. Un poids en moins, vraiment.

Je tiens à préciser tout de même certains points : s’il y avait eu un petit habitant sous le nombril, jamais nous n’aurions moins aimé Poucinette tout ça parce qu’elle n’a pas le patrimoine génétique de Loulou, c’est notre fille et le don n’a aucune différence à apporter. Dans notre tête, la différence s’il devait y en avoir ne serait pas dans les gènes, mais dans le désir. Poucinette a été trèèès désirée, alors qu’un petit bout qui arrive par surprise, il faut être honnête : non, il n’aura pas été désiré. Il serait aimé, choyé, il ne manquerait de rien, mais il nous faudrait tout un nouvel équilibre et que les angoisses que cette nouvelle engendrerait se calment.

Je remercie tout particulièrement les mamans qui le sont grâce au don, grâce à vous je me suis sentie moins seule, vraiment comprise. On est bien d’accord : nos bébés sont magiques, parfaits, pas besoin d’en avoir forcément un autre 😉 ET VIVE LE DON !!! On est des mamans comblées pour ne pas avoir nécessairement envie / besoin d’un bébé couette, et ça c’est beau ! ❤

Je vous laisse, Loulou est rentré d’un conseil de classe dont il était prof principal, il est lessivé ! Je vais prendre bien soin de mon chéri.

 
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Publié par le juin 19, 2015 dans Uncategorized

 

La peur du miracle

Ce que nous vivons en ce moment Loulou est plus qu’étrange, nous sommes tous deux perdus. Perdus parce que nous nous rendons compte que nous avons peur qu’un miracle ait lieu, que Joe (fier conquérant sans flagelle) ressuscite et féconde l’insaisissable.

C’est très con parce que nous savons que depuis tout le temps, il ne s’est jamais rien passé, pas de fusion de gamètes naturellement, pas de bébé au bout.
Mais voilà, depuis quelques jours je suis épuisée, mais EPUISEE. Comme quand j’étais en tout tout début de grossesse. Du genre mollusque échoué qui ne demande qu’à dormir dès 17h et qui a l’impression d’avoir passé une nuit blanche réveillée à 8h par les gazouillis de ma progéniture.

J’ai envie de dire qu’il y a une histoire de carences là-dedans, parce que là très franchement (j’espère que ça ne vous paraîtra pas mal venu) nous ne voulons pas avoir de miracle. Pas tout de suite, et si ça n’arrive jamais c’est pas grave. Poucinette est notre étincelle, notre jolie fée du don, nous n’avons pas envie qu’elle se sente à part si miracle il y avait. Elle est notre chair, notre sang, nous ne le voyons pas autrement. Mais si petit bout venait naturellement, elle en souffrirait. Nous aussi, nous aurions tendance à comparer les traits, comparer c’est la pire des façons de mettre de l’inégalité entre les enfants. Nous ne nous sentons pas assez mûrs pour avoir deux enfants.

Mes règles auraient dû arriver il y a une semaine. Mais les cycles post-partum peuvent être bordéliques alors je ne fais pour l’instant pas de test, peur du faux-négatif ET peur de voir un positif. La méthode de l’autruche est activée, et pourtant tout le monde sait que c’est loin d’être la meilleure.
Je ne veux heurter personne, croyez-moi, mais c’est flippant pour nous de s’imaginer à quatre, là tout de suite on ne veut pas de deuz’ du tout, encore moins naturellement (oui ça peut être bizarre à vos yeux, mais on assume).

Loulou me dit qu’aujourd’hui il est fier d’être infertile (graaave, j’adore mon homme comment il gère 🙂 ) parce que grâce (et non plus à cause) de celle-ci nous avons eu Poucinette, notre belle Poucinette.
Avoir un bébé couette nous destabiliserait beaucoup, nous ferait poser des questions du genre : et si on avait tenté à nouveau une fiv icsi dans un autre centre…? Alors qu’on aime notre parcours dans la Maison des Lutins !

Et puis j’ai assez laissé de côté mon propre épanouissement et très égoïstement j’ai envie de penser un peu à moi, faire ma reconversion professionnelle et trouver un emploi dans lequel je m’éclaterai tout bonnement. J’aime l’idée de travailler, de voir mon bébé grandir, mon petit bouchon de Liège (hein c’est mimi comme jeu de mots ! 🙂 ) évoluer en collectivité et se faire des copains de jeux.

On a trouvé notre équilibre de vie, et l’angoisse nous prend qu’un petit nous arrive….perdus, on est perdus…. . Si miracle il y a vraiment, bien entendu nous garderons notre bébé, il est hors de question de l’arracher à moi, son existence sera déjà essentielle pour nous. Mais tant de peurs, tant de nuages…

 
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Publié par le juin 16, 2015 dans Uncategorized

 

5 mois !

Aujourd’hui, Poucinette a 5 mois, déjà !
Hier, nous sommes allées à son rendez-vous mensuel avec notre pédiatre, je passe sur ce rdv qui s’est très bien passé. Notre pédiatre consulte sur le même hôpital que Gygy d’amour, alors nous sommes allées voir de son côté 🙂

Quand il est sorti de sa salle et nous a vues, il était très ravi, mais aussi très ému de revoir Poucinette qu’il a extirpé de mon ventre 5 mois plus tôt. Je ne l’ai jamais vu si ému, ça m’a fait chaud au coeur, c’est un médecin très humain, avec lui ce n’est pas une apparence. Poucinette l’a regardé de ses grands yeux, je lui ai soufflé dans l’oreille que c’est ce monsieur qui l’a sorti de mon ventre, Gygy d’amour a fait un large sourire, a caressé les petits pitous de Poucinette (avec la chaleur folle d’hier, pour la première fois la demoiselle était en vêtements d’été, les pitous à l’air !), a dit tendrement : « elle est restée petite crevette, dis-donc ! On voit bien que c’est une petite fille avec ses chevilles toutes fines ».
On s’est dit à la prochaine, car c’est sûr qu’on se reverra, ne serait-ce que pour le contrôle technique^^

Aujourd’hui, Poucinette affirme son petit caractère, la pédiatre la qualifie de chipie et elle n’a pas tort ! Nous n’aimons pas laisser pleurer la puce, nos méthodes sont facilement critiquées mais on s’en fiche, malgré tous les à prioris notre fille est très sociable, elle sourit à tout le monde, cause avec la personne qui lui fera de l’oeil, et est bien malheureuse si on ne sort pas se promener.
Elle a un caractère volontaire, elle sait ce qu’elle veut et nous le faire comprendre (c’est d’ailleurs dans l’intérêt de nos tympans de comprendre !), mais montre aussi une certaine fragilité, une très grande sensibilité et un besoin d’être rassurée et réconfortée assez régulièrement. Poucinette est très curieuse de tout et essaye absolument d’imiter ce qu’on fait ! Ses yeux sont à tomber, ils sont très expressifs et quand elle nous regarde toute pleine d’amour et de tendresse, on ne peut pas résister ! D’ailleurs, on sait tout de suite quand elle n’est pas à l’aise avec quelqu’un.
Elle est aussi bonne spectatrice, il suffit de peu pour qu’elle rit aux éclats, son rire est très communicatif.
C’est une petite marmotte qui a besoin de ses 12h de sommeil et de ses 3h de sieste quotidiens pour péter le feu, et à chaque réveil une poupée toute remuante et souriante à souhaits attend tranquillement que je vienne la prendre dans mes bras.

Elle s’asseoit mais il faut encore bien surveiller et rester près d’elle au cas où elle penche du côté où elle va tomber 🙂 Mademoiselle se retourne, et commence tout doucement à faire du 4 pattes en mode asticot : elle ramène bien ses jambes pour pousser ensuite, elle tend ses bras vers l’avant pour pouvoir avancer sans qu’ils la freinent, un tit asticot quoi 😛
Depuis peu elle aime les petits pots, ça fait quelques jours.
Elle nous fait des caresses depuis un moment déjà, c’est…indescriptible.

Bref, Poucinette a 5 mois !

 
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Publié par le juin 5, 2015 dans Uncategorized

 

A mon Envolé

Mon Envolé, mon amour, mon premier, mon vide au creux du coeur, tu me manques toujours et encore. Ta petite soeur est incroyable, dès son arrivée dans notre vie elle a su panser nos blessures et nous faire penser à toi plus sereinement. Je la regarde chaque jour grandir, elle a un caractère si doux, si câlin et si sauvage à la fois. Elle a une force en elle et un courage face à toutes les difficultés de chaque début de vie, je suis convaincue qu’elle deviendra une femme solide, ambitieuse, volontaire mais très sensible.

Je ne peux m’empêcher de penser à toi, à me demander quel enfant serais-tu devenu, quel adolescent, quel adulte. Si tes yeux seraient rieurs comme ceux de ta petite soeur, si vos traits se ressembleraient. Je ne peux te voir de mes yeux, mais mon coeur te voit beau, les traits doux et l’apparence diaphane, comme un doux rêve.

Hier mon enfant, c’était la fête des mamans. J’ai été comblée, choyée, gâtée, je n’ai manqué de rien. Juste de toi, encore. Cela est difficile à comprendre pour les autres mon amour, si tu avais existé ta petite soeur ne serait pas avec nous. Et te regretter pourrait faire croire qu’on aurait préféré toi plutôt qu’elle. Alors que non, tu vois, la vie n’est faite que de paradoxes.

Je ne sais ce que réserve l’au-delà. Il paraît que c’est beau là-haut, et je ne sais si je te retrouverai, et comment je te retrouverai. Je ne sais quelle apparence tu pourras avoir, seras-tu paré d’ailes d’ivoire ? J’espère au moins que tu rends dingues les autres anges avec des tours et des malices dignes d’un petit galopin comme toi. Oui, parce que je t’imagine coquin, et sacrément farceur.

J’aime t’imaginer, cela m’apaise. Je ne sais si tu peux nous observer de ton nuage, mais sache qu’on est heureux. Il est toujours difficile pour ton papa et moi de dire que ta soeur n’est pas notre premier enfant, personne ne comprendrait, et nous ne voulons pas entrer dans des détails. Mais pour nous, c’est toi notre premier, c’est toi qui a allumé le scintillement dans nos yeux quand nous avons découvert que tu vivais au creux de moi. J’ai un manque de toi, et rien pour calmer ce manque. Rien ne te remplace, et je te le promets, rien ne te remplacera.

J’accepte ce manque, il est ma douleur et ma joie. Je suis heureuse de t’avoir porté, mon doux Envolé, de t’avoir aimé, d’avoir gardé tes clichés. Je suis heureuse que ma petite fille soit venue après toi, elle me comble de joie. Et toi aussi, mon Envolé, je t’aime et je t’aimerai toujours.

Je ne recevrai jamais de collier de nouilles de ta part, ni de dessin où tes doigts seront plus coloriés de feutres que la feuille elle-même. Mais tu m’as offert le plus beau cadeau qu’une maman puisse recevoir : TOI. Merci d’avoir existé, embrasse bien tes petits camarades partis trop tôt eux aussi, ne faites pas trop de bêtises et surtout, surtout mon coeur, ne nous oublie pas. Car nous, ici, nous ne t’oublierons jamais.

 
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Publié par le juin 1, 2015 dans Uncategorized