Non non non grossesse ne rime pas toujours avec allégresse !

Je pense qu’il est important de poser des mots sur les maux comme on dit, parce qu’on rêve toutes d’être enceintes et puis quand bébé est là on réalise que tout n’est pas parfait.

Ce ne sera pas DU TOUT un post pour se plaindre, ou qui remet en question quoi que ce soit, c’est juste un cheminement que l’on fait Loulou et moi. Apprendre à faire de la place à ce petit être sans nous oublier, c’est un équilibre à trouver. 

Je vais parler de choses assez intimes mais cela me semble important si un jour vous passez par les mêmes difficultés que nous : j’adore porter Poucinette, c’est un bonheur que rien ne pourrait égaler. Mais ce qui n’est pas évident, c’est avoir cette impression par moment de ne plus être moi-même, que mon corps n’est plus le mien mais la tour forte de ma princesse et c’est tout. Etre une maman mais plus une femme, avec ses charmes et ses petits rien qui font tout et chavirer le coeur de Loulou. Je n’arrive pas forcément à m’abandonner au désir, parce qu’il y a ce petit coeur en moi. 

Loulou est un homme très respectueux et jamais il n’a été pressant, il me laisse aller à mon rythme et du coup il n’a plus osé me montrer qu’il avait envie de gros câlins. Et moi dans ma complexité, je me suis sentie être RIEN, n’être que la femme qui porte sa fille. Les mots sont durs, et l’éloignement se faisait petit à petit car moi je ne me montrais pas nécessairement câline, étant hormonalement perturbée, douloureuse les trois quarts du temps à cause des ligaments utérins, malade en plus ces derniers jours et stressée à l’idée d’être mère (saurai-je lui transmettre des bonnes valeurs? Etre quelqu’un de bien, un exemple à suivre?). 

Heureusement, l’abcès a été crevé et c’est à chaudes larmes que j’ai pu exprimer à Loulou ce que je ressens, le besoin de me réapproprier mon corps et ma féminité, de savoir faire la part des choses tout en laissant la place qu’il faut pour notre bébé. C’est qu’autour de moi, la question qu’on me pose n’est plus forcément : « ça va? » mais « alors, ça pousse? ».

Ca me rappelle l’article de Boule de Mousse qui disait avoir l’impression d’être transparente. C’est mon impression. J’ai été transparente des années dans le contexte familial où je vivais, avec Loulou je me suis sentie VIVRE et j’ai compris que j’avais de la valeur à ses yeux. Le fait de ne plus me sentir « propriétaire » de mon corps m’a perturbée, et le fait que les gens ne me regardent pas dans les yeux mais regardent mon ventre, j’ai l’impression de n’être qu’un « sac à bébé » !!

Le plus important étant que la communication reste la meilleure chose à faire dans le couple, et que depuis que nous en avons discuté Loulou et moi, il veille à me montrer à quel point il m’aime et me trouve belle, il ne caresse plus uniquement mon bidou pour avoir une réponse de Poucinette, mais fait preuve d’une grande tendresse à mon égard et du coup je me sens mieux, je me sens à nouveau exister à travers son regard, je le laisse me donner une existence pour être plus juste en éloignant de moi mes préoccupations et en croyant tout simplement ce que tout de lui me dit : OUI, je suis enceinte, ma vie et mon corps changent. Mais je suis toujours belle à ses yeux, désirable au possible (je ne fais que rapporter les paroles de Loulou, jme lance pas des fleurs^^), et surtout je suis l’amour de sa vie avant d’être la mère de son enfant. Et enfin on retrouve une intimité digne de ce nom !

J’espère que cet article pourra aider, me dévoiler n’est pas chose facile mais si cela peut permettre à certaines de se sentir comprises et peut-être même de pouvoir elles aussi mettre des mots sur leurs ressentis pour se sentir mieux, alors c’est tant mieux 🙂

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Son amour panse les blessures

Son souvenir me hante par moments, mon ange, mon Envolé…je pense tellement encore souvent à lui, la majorité du temps apaisée heureusement.

Ma fille, toi tu sais combien j’aime mon Envolé qui veille sur toi aujourd’hui. Et il y a eu cette journée particulièrement difficile où les blessures m’ont incendiée de tristesse, et toi mon bébé tu l’a senti, tu as compris parce que toi, moi nous partageons tant déjà.

Mon bébé qui a bougé toute la journée inlassablement, mon bébé qui m’a fait sourire et entrevoir la petite fenêtre par laquelle je pourrais échapper à ma détresse. Jusqu’à ce que le soleil se couche et conte à mon bel ange tout ton courage à porter ma peine et à me manifester ta si douce présence, tu as cogné et cogné encore et toujours et Morphée a pris le relais.

Ma fille, je sens ton amour inconditionnel, et ton papa a le bonheur depuis quelques jours de te sentir sous sa paume et, dans tes moments de grandes manifestations voir mon ventre faire des bosses… comme je t’aime, mon bébé.

Ma jolie poupée, mon épopée, ma traversée, mon aventure

Ses doigts délicats, sa peau de velours, son coeur orné de dorures
 
Dans son écrin, mon doux bambin, vit son histoire au creux des vagues, dans sa bulle
Tambourine, caresse de ses mains la paroi de son cocon
Dès qu’elle entend la voix de son papa. Ce lien si fort qui se tisse en secret entre eux pourrait faire tenir tous les funambules 
 
Ma mélodie, ma douce petite fille
Jamais je n’aurais cru t’aimer autant, et savoir cet amour grandissant

Home sweet home !

Crackers a rejoint son foyer ! Cookie est allée se réfugier contre lui et ne l’a plus quitté, c’était un moment d’une grande tendresse. Elle a recommencé à manger et boire comme si rien ne s’était passé, c’est un gros soulagement.

Je vous parle d’eux, mais je n’ai même pas mis de photo ! Alors, les voici 🙂 (Crackers c’est le tout noir patapouf, et Cookie a les narines feu <3)

Ben quoi? Qui a dit qu’il fallait tout le temps parler PMA et tout le tintouin, hein? 😉 Boule de Mousse, j’ai lu que tu adorais aussi les Pinous alors c’est spéciale dédicace !

Consult’ avec gygy d’amour et nouvelles d’un lapinou tout malade + EDIT

Nous avions reçu un courrier de l’hôpital qui disait qu’en l’absence de gygy d’amour (parti se dorer la pilule) ils avaient pris connaissance du résultat du tritest et que nous pouvions être rassurés, tout allait bien. Aujourd’hui donc, nous avons eu le résultat : 1/3900. C’est très rassurant, nous soufflons.

Après examen minutieux du terrier magique, gygy d’amour m’a dit que la chambre forte était toujours bien fermée tout comme il faut, c’est un bébé bien à l’abri qui continue de faire son petit bonhomme de chemin.

Il était taquin mon gygy aujourd’hui, tout bronzé tout beach boy qu’il était, et alors que j’étais en position gynéco et qu’il enfilait son gant « à deux doigts » pour le fameux examen, il me sourit : « ben alors, on ne me demande pas une petite écho en bonus? Parce que moi je veux vous la faire hein ! » 😀 ce à quoi j’ai répondu : « j’y pensais bien sûr, mais là si vous voulez je me sens pas vraiment en position de vous demander quoi que ce soit ! »

Taquineries pour taquineries, je l’ai embêté sur le fait que toutes les infirmières craquent sur lui, il le sait bien sûr^^ (crâneur !!!!).

Bref, on est passé à l’écho et même si je n’ai pas eu le même émerveillement que les autres fois (car elle est toute formée maintenant, elle ne fait « que » grandir ma Poucinette, et puis je sais qu’elle va bien car je la sens tous les jours maintenant), j’ai été ravie de la revoir, là posée tranquille dans sa bulle en train de roupiller. Confirmation de gygy d’amour au passage que c’est décidément bien une fille : « bon, pas de zizi qui a poussé entre temps » 😀

Nous sommes repartis le coeur léger Loulou et moi, gygy d’amour a les mots qu’il faut pour nous faire vivre cette grossesse le plus sereinement possible. On se revoit le 3 septembre pour l’écho du deuxième trimestre. 

Je voudrais m’adresser en particulier à celles qui passent par le don (Monpetitoeuf, Compoteen …) : on voit à quel point encore une fois transmettre son patrimoine génétique ou pas ne compte pas. Poucinette reconnaît la voix de son papa et elle aime donner des coups de pieds quand il parle tout près. Il y a déjà ce lien secret entre lui et elle qui se tisse au fil des jours et j’aime voir Loulou aussi heureux et comblé. Je me dis : « ouaou, il a ça dans la peau, il a toujours été fait pour être papa et Poucinette le sait aussi ». L’instinct paternel existe, et c’est magnifique. C’est lui qui m’a dit un jour : « si tu veux la faire bouger, mais lui cette musique et tu verras ». Et dans les secondes qui suivirent, Poucinette gigota dans tous les sens, Loulou était émerveillé de cette complicité naissante. C’est comme s’il savait ce dont elle peut avoir besoin.

 


 

Ca n’a rien à voir mais je voulais aussi vous parler de Crackers, mon lapinou d’amour. J’ai cru déchanter hier soir quand je suis allée le voir, surprise qu’il ne vienne pas manger avec Cookie. Je l’ai retrouvé étendu, tout mou, les yeux mi-clos, ne réagissant plus à ma voix ou mes gestes. J’ai étouffé un cri et suis allée voir Loulou en pleurs, qui a immédiatement pris Crack’ dans ses bras et lui a massé le ventre, d’instinct. On a entendu une grosse bulle d’air dans le bidou, et Crackers a retrouvé peu à peu de ses forces tandis que nous l’amenions aux urgences chez notre véto.

Qu’est-ce que je pleurais…qu’est-ce que j’avais mal au coeur….le voir comme ça, me dire qu’on allait peut-être le perdre, devoir lui dire adieu, affronter à nouveau la Mort et être impuissants face à ses ravages. Je tremblais en essayant de me calmer autant que possible, je me disais que j’avais ce devoir face à Poucinette qui ne comprenait pas, qui recevait toutes ces émotions fortes et désagréables. Et puis enfin, sous une pluie battante, nous sommes arrivés fébriles chez cette véto en qui nous avons une entière confiance. Et le verdict est tombé.

Il se trouve que Loulou a sauvé notre ‘pinou. Il arrive que les lapinous aient tout à coup une bulle d’air qui se forme dans le ventre, sauf qu’ils ne peuvent pas roter alors ben ça s’accumule, tout finit par se dilater et ça entraîne la mort subite. En le massant, Loulou a fait évacuer de l’air et permis de gagner du temps pour que la véto reprenne le relais et fasse ce qu’il faut. Aujourd’hui il est encore hospitalisé et reste jusqu’à ce que le transit se remette en route, avec gavage à la clé, câlinous des infirmières qui passent le voir (parce que Crackinou est connu pour son côté nounours et bonne pâte), et surveillance accrue de son état avec examens réguliers, radios; etc.

En parallèle, Cookie (sa femelle) déprime et fait la grève de la faim, donc gavage à la maison de la pinoute et une attention toute particulière à lui prodiguer des soins et des câlins plus que d’habitude pour qu’elle tienne bon le temps que Crackers rentre à la maison (il suffit que le couple de pinous soit inséparable et fusionnel pour que l’absence de l’un entraîne la dépression de l’autre jusqu’à ce que mort s’en suive si celui-ci ne revient pas…oui là franchement c’est fun à gérer…pauvre Cookie 😦 )

Je ne sais pas pourquoi j’en parle ici, surtout après tant de joie de la consult’, mais vous ne pouvez pas savoir à quel point je l’aime ce pinou. Je ne pourrais pas supporter de le perdre, j’en ai marre de la mort, je veux juste que tout aille bien et que ce soit sa vieillesse qui l’emporte après avoir vécu tout ce dont un pinou comme lui pourrait rêver.

 

EDIT : Nous avons reçu un texto de la véto : Le transit est de nouveau lancé, il n’y a plus d’hypothermie et la radio est meilleure. Si ça se poursuit, on retrouve notre Crackers demain après-midi ❤

Vidéo

Ca fait 6 ans

 

 

Que nous nous sommes avoués tous les deux que nous nous aimions.

Nous, le coup de foudre s’est fait dès le premier regard. Un seul week-end de mai a suffi, à nous, deux inconnus, de tomber follement amoureux l’un de l’autre.

Je me souviens de ce soir où nous avons cherché la Grande Ourse, une nuit étoilée comme celle-ci fut témoin de notre amour timide, inavoué, mais grandissant. Et cette promenade sous un soleil de plomb, après qu’il m’ait offert une glace à l’italienne devant une vue imprenable sur la mer, sous le regard de la nature nous avons parlé, parlé, parlé et les heures ont défilé ainsi. Je me souviens de sa main effleurant la mienne, je me souviens lui avoir parlé de mon rêve : épouser un homme sensible, un musicien (pianiste), un homme qui n’a pas peur de pleurer, un homme qui partagerait son savoir aux enfants. Lui, souriait intérieurement : à la rentrée il allait être professeur, et de plus il était pianiste ❤

Ses yeux bleus, ses si beaux yeux bleus me firent chavirer et je ne luttais pas malgré ma fragilité à cette période, moi qui avait été tellement malmenée en amour. Je savais, cette fois c’était différent. Jusqu’à dire à ma meilleure amie : c’est lui, pas un autre. Nous nous aimons, et ce sera lui que j’épouserai.

Des adieux difficiles, car on ne s’était rien dit, et on savait encore moins si un jour on se reverrait. Je me souviens de ses bras qui m’enlacèrent si fort qu’ils me portèrent dans les airs, et je me souviens de ses doigts qui se pendirent au mien, quelques secondes furtives, les yeux dans les yeux.

 

1 semaine après, je le voyais : c’était le destin, c’est sûr. Moi qui n’étais encore qu’au lycée, on faisait une sortie dans LA ville où Loulou habitait. Moi qui suis si sage, je fraudai, envoyai un texto à cet homme que j’aimais de plus en plus pour lui dire où j’étais. Lui, qui tenta de me retrouver non sans mal tandis que mes profs changeaient le programme et me mettait dans le groupe qui devait partir à une réunion pile à l’heure où lui devait être là. Moi qui, entendant mes amies me dire qu’il avait été là mais qu’il était parti, sorti du bâtiment à pas de loup les larmes au bord des yeux, m’appuyai sur la balustrade et, levant les yeux le vit, Lui, qui m’attendait depuis deux heures.

Moi, qui couru le rejoindre, qui sauta à son cou au grand dam de mes profs. Lui qui, depuis cette rencontre, commençait à oeuvrer sur mon coeur abîmé par la vie et mon corps que je détestais, voyais pour la première fois l’épanouissement dans mes gestes. Lui qui enfin, souffla à mon oreille avant que je monte dans le bus : tu es toute mignonne avec tes cheveux comme ça.

 

Mais nous qui dès le début connurent des obstacles, apprîmes à nous battre pour notre amour, jusqu’à encore braver les règles et enfin s’avouer le 3 août 2008 que rien ni personne ne pourrait amenuiser ne serait-ce qu’un tout petit peu cette flamme dévorante de notre passion

 

6 ans plus tard, nous voilà. Amoureux, heureux, et toujours les papillons dans le ventre quand nos yeux parlent mieux que les mots et mettent du rouge aux joues ❤