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De l’autre côté…

28 Juil

Nous avons un couple d’amis qui a su hier pour Poucinette. Leur réaction nous a tout de suite mis la puce à l’oreille : seule notre amie nous sourit gentiment, disant qu’elle était heureuse pour nous, mais sans effusion de joie comme on a pu déjà la voir dans cet état. Son mari s’est renfermé, s’est tu et s’est totalement effacé.

On les invite à manger chez nous le soir, elle le regarde, il dit : « euh…. . On vous redira. ». On sait qu’il faut donc faire preuve d’une très grande discrétion et nous décidons de ne pas parler de quoi que ce soit en rapport avec Poucinette (déjà que d’habitude on se tait pas mal, mais là ce sera motus et bouche cousue).

Finalement, ils décident d’accepter notre invitation et nous faisons donc comme convenu. A un moment, Loulou leur propose du pâté et donc notre ami me propose du pain. Je lui réponds donc : « c’est très gentil mais je ne peux pas manger de pâté ». Il se renferme, ne répond pas, je sens que chaque petit mot peut le briser et sa femme d’ailleurs ne dit rien non plus. C’est une ambiance très lourde à laquelle Loulou et moi nous sentons impuissants. Car ces amis, ils sont très secrets alors nous ne voulons pas les forcer à nous parler de leurs soucis.

Nous leur proposons un film de pure marrade : supercondri*aque. Ils sont enchantés, explosent de rire bien des fois, OUF ça va mieux. Mais tout à la fin du film, comme plusieurs d’entre vous doivent savoir (je ne pense pas être la seule de la blogo à être allée voir ce film), il y a un accouchement où on voit Dany Bo*on faire une tête de traumatisé qui fait bien rire. Eh ben là….gros, très gros silence où Loulou voit même notre ami avoir une petite réaction avant de se refermer à nouveau dans sa coquille. Sa femme, idem.

On se sent cons, on n’avait pas pensé à ce détail dans le film. On se sent plus que très cons, parce qu’on sait pertinemment qu’ils souffrent et que quelque chose cloche vraiment mais on ne se sent pas de venir troubler leur intimité et les bousculer.

 

En gros, nous ne savons pas quoi faire et cela nous fait vraiment mal de voir que mon bidou leur fait autant de peine (même si bien sûr ils sont heureux pour nous car ils ont juste su qu’on était en pma) et du coup cela nous rend encore moins « légitimes » de leur dire qu’on a bien compris qu’ils sont en souffrance par rapport à ce sujet mais qu’on est là pour les épauler et que tout ira bien. Franchement, venant d’un couple toujours en pma ça ferait son effet mais venant d’un couple sorti de pma, ça aura beau être la même sincérité que l’impact ne sera pas du tout le même.

Nous voilà dans une impasse et je ne pensais pas qu’un jour nous serions confrontés à cette situation. Est-ce que vous auriez des conseils à me donner?

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13 Commentaires

Publié par le juillet 28, 2014 dans Uncategorized

 

13 réponses à “De l’autre côté…

  1. madamerenard76

    août 2, 2014 at 10:42

    Je débarque un peu tard mais est-ce que depuis vous avez pu en parler avec vos amis? Je pense que quoi que vous fassiez vous serez forcément plus attentifs et moins maladroits qu’un couple « fertile »… Faites vous confiance! J’ai lu les dernières nouvelles, trop contente que tout aille bien et que Franz soit une fille 🙂 bisous

     
  2. Titine7831

    juillet 28, 2014 at 9:40

    Je comprends que vous soyez désemparés…
    Personnellement, je provoquerai une soirée filles avec elle, et j’aborderai le sujet entre filles. Je trouve souvent plus facile de parler quand mon homme n’est pas là, même si au final je lui raconte tout !
    Pour engager la conversation parle lui de votre parcours, plus dans le détails parce que j’ai cru comprendre qu’ils savaient juste que vous étiez en pma.
    Si tu sent qu’elle ne veut pas se confier, n’insiste pas mais laisse la porte ouverte à la discussion pour plus tard, quand elle sera prête…
    Bon courage, ces des moments pas évidents… mais c’est aussi là qu’on reconnait une vraie amitié.
    Bisous

     
  3. unecigogneegaree

    juillet 28, 2014 at 8:17

    En essayant de me mettre à la place de ton amie, je me dis que j’apprécierais peut être que vous parliez ouvertement, même si ça doit passer par des larmes, de la tristesse et de douloureuses révélations. Le fait que toi et ton homme soit passé par la pma est un atout (faut bien que ça serve à quelque chose !) pour vous car vous pouvez non seulement être confidents mais aussi plus que compréhensifs. Peut être qu’ils ne se sentaient pas assez prêts ou n’osaient pas mais je crois que votre douceur, votre gentillesse et votre bonté ne peuvent être que des qualités inestimables pour ce couple qui souffre.

     
  4. Violette

    juillet 28, 2014 at 7:14

    L’infertilité nous éloigne souvent des gens qu’on aime, pour nous préserver, les préserver…
    Je pense qu’il faut casser le malaise rapidement, leur faire comprendre que vous comprenez leur souffrance et que vous êtes disponibles pour les écouter et les soutenir. Mettre directement les pieds dans le plat en les interrogeant sur leurs propres difficultés risquerait de les mettre mal à l’aise, mais peut-être que leur parler de votre chemin à vous, de tout ce que vous avez pu resentir au fil du parcours pourrait les encourager à se confier?…et comme le disait Biquette, parfois c’est beaucoup plus facile par écrit…

     
  5. lamisskangourou

    juillet 28, 2014 at 6:24

    Nous avons découvert l’infertilité d’un couple d’amis proches exactement comme vous, lors de l’annonce de ma grossesse. Nous sommes à présent leurs seuls confidents sur le sujet. Mon amie sait qu’elle peut m’en parler dès qu’elle le souhaite et me voit avant tout comme une pmette, bien que mon bide la fasse forcément souffrir. Je ne lui parle pas de ma grossesse, sauf si elle me demande, et encore, je change vite de sujet. Nos grossesses de pmettes sont des sources d’espoir pour ces amies, et nous ne les vivons pas comme des dindes en mode C1/nunuches, et c’est surtout ces comportements là qui blessent les pmettes, pas les notres (ma phrase n’est pas très claire désolée). Bref, je te conseille de lui envoyer un petit mot, elle sera probablement soulagée d’avoir une amie à qui se confier. Bisous ma jolie

     
  6. laqueteduplus

    juillet 28, 2014 at 6:17

    Comme toi je suis concernée par ce souci de se sentir « de l’autre côté »; j’en ai déjà parlé sur mon blog en demandant aussi l’aide des copinautes. Mon frère et ma belle-soeur sont plongés dans la pma, et enchainent les échecs. Ils se sont éloignés dès le début de ma grossesse pour se préserver, j’ai compris mais ça fait mal… Il y a quelques temps j’ai fini par faire comprendre à mon frère qu’à force de se renfermer je m’inquietais pour lui et surtout qu’ils me manquent.. Je peux te dire qu’avec qq’un qui ne veut pas en parler malheureusement tu te retrouves vite face à un mur, même si tu serais la personne la mieux placée pour les soutenir, tu peux leur faire comprendre que tu es là en cas de besoin mais rien n’assure que ça les aidera, ni qu’ils voudront se confier.. C’est juste ma propre expérience, j’espère que ça se passera mieux de ton côté 😉 plein de bisous

     
  7. damelapin

    juillet 28, 2014 at 4:30

    Je pense comme les filles. Pas de leur dire que tout ira bien, car malheureusement quand on est encore en pma on pense à ces couples qui en ressortent sans enfant. On peut pas promettre que tt ira bien. Mais tu peux promettre que vous êtes là pour eux, que vous êtes passés par là. Et pourquoi pas, leur parler de la suite de votre parcours (mais ça c’est perso comme décision). Apres quand j’étais toujours en galere, les bidons me blessaient tjrs, que ce soient ceux de l’écran, ceux croisés dans la rue ou meme ceux des pmettes, même si ça donne de l’espoir. Bises

     
  8. Biquette

    juillet 28, 2014 at 3:45

    Coucou Titpouce. Ton article me tord le cœur. L’infertilité et la PMA sont des sujets à la fois douloureux et intimes. Personne ne devrait à en passer par là, c’est tellement injuste.

    Biquet et moi nous sommes retrouvés dans la position de ce couple. Même si vous avez aujourd’hui « réussi », je ne pense pas que ça vous fasse perdre une once de légitimité. La grossesse, heureusement, fait partir intégrante de la PMA.

    Comme Choubakette, je pense que vous devriez en parler avec eux, leur dire que vous avez l’impression que ça ne va pas et que s’ils le souhaitent vous êtes là à leurs côtés pour les écouter et les soutenir s’ils le souhaitent, en résumé, leur tendre la main. Si vous craigniez qu’ils ne souhaitent garder leurs difficultés secrètes, vous pouvez peut-être leur envoyer une petite carte en leur ouvrant votre porte. Personnellement, j’aurais été très touchée qu’un couple étant passé par là et ayant deviné « notre secret » nous tende la main et nous propose sa présence à nos côtés dans ce douloureux parcours.

    Depuis qu’elle sait (c’est nous qui en avons parlé sachant qu’ils étaient passés par là), la femme du couple dont je te parle au début est discrètement présente. De temps en temps, elle m’envoie un petit mail pour demander des nouvelles, elle n’attend rien mais me montre qu’elle est présente si je le souhaite. Depuis que nous avons de notre côté « réussi » et malgré qu’ils soient de retour en PMA pour tenter d’avoir un deuxième enfant, elle est toujours à mes côté, les bras ouverts mais ne me forçant en rien. Dans mon cœur, c’est une alliée très précieuse et sa présence me touche beaucoup.

    Titpouce, je connais ta pudeur et ta douceur, je suis certaine que toi aussi (et ton chéri) tu peux devenir une alliée précieuse à la discrète présence dans le cœur de vos amis.

    Je t’embrasse bien fort.

     
    • Miss Smile

      juillet 28, 2014 at 5:11

      Tout à fait d’accord avec Biquette! Vous serez des alliés précieux : sensibles et respectueux 🙂

       
  9. Gawelle

    juillet 28, 2014 at 3:33

    Moi perso je mettrai les 2 pieds dans le plat et je leur en parlerai. Même si ca a marché pour vous, ils se sentiront compris

     
  10. Choubakette

    juillet 28, 2014 at 2:53

    Ton histoire me fait affreusement penser à nous et nos amis proches dont la femme est enceinte. Ils nous savent en PMA. On n’ose pas aborder le sujet pour ne pas « plomber », mais au final on souffre. Eux, n’osent pas non plus parcequ’ils sont du côté du bonheur et ne veulent pas en faire étalage. Jusqu’au jour où notre ami a posé clairement la question, nous a demandé où on en était, a dit qu’on pouvait leur en parler. Ce serait je pense moins dur pour eux de vous voir si les choses sont claires, s’ils vous savent réceptifs. Mais tout ça c’est dur, pour tout le monde. Vas y franco, tu ne les braqueras pas. Ils seront touchés de voir que ça vous questionne et que vous êtes réceptifs à leur non-dits de souffrance… Mille bisous

     
  11. Gawelle

    juillet 28, 2014 at 2:48

    Ils savent ce que vous avez traversé ou pas ?

     
    • titpouce

      juillet 28, 2014 at 2:48

      Oui, mais pas pour le don, nous n’avons pas eu l’occasion d’en parler avec eux. Ils savaient juste que la FIV ICSI 2 avait été un lamentable échec, que la pma nous lâchait et qu’on partait pour la Belgique

       

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