Protégé : Casse-bonbons de fertiles !

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Est-ce possible de retomber amoureux??

L’idée de faire une pause m’a, au tout début, fait très mal. La pma fait partie de nos vies depuis bientôt 2 ans, l’infertilité depuis 2 ans et demi, essayer depuis pratiquement 3 ans, vouloir un enfant depuis toujours.

J’ai l’impression de sortir d’une prison dans laquelle je m’étais moi-même enfermée, inconsciemment. Pire, quand on discute avec Loulou, on se rend compte qu’on ne pouvait plus vivre sans PMA, à en devenir addict. C’est comme si peu à peu on ouvrait les yeux, étonnés de réaliser que tout ce temps est passé sans qu’on ait vraiment pleins de merveilleux souvenirs en tête.

Des beaux moments, on en a eus. Mais quand on a fait le bilan de l’année 2013, il s’est résumé en trois lettres : pma.

A force d’avoir voulu cet enfant, l’engrenage bien huilé de l’infertilité s’est mis en route, emprisonnant nos autres rêves, emprisonnant la passion, et le bonheur avec. Je ne pensais vraiment pas que notre couple avait autant souffert de ce train-train trop quotidien… . Ce n’est que lorsque l’on a parlé de faire une pause que le revers de la médaille des infertiles est tombée : des disputes, des éloignements, des incompréhensions, des refus de tendresse, etc… . Tu noteras que ça ne fait que depuis le 1er mars que l’on parle de faire une pause, regarde la vase qui est remontée à la surface !

Oh surtout, ne te dis pas que Titpouce et Loulou ne s’aiment plus, loin de là, parce que j’arrive sur des points plus positifs. Simplement, nous avons raté des bonheurs qui nous étaient offerts sans même que l’on s’en aperçoive ! Et c’est dommage.

Heureusement, on s’aime comme des fous, alors même s’il y a des accrocs, il y a aussi le pardon et peu à peu les fameux petits bonheurs qu’on avait oubliés.

Je vais te parler un peu de ma vie privée, pas pour l’étaler sur la toile, mais pour peut-être toi qui vis ça aussi :

– tu aimes l’utrogestan? Je pense que les labos n’aiment vraiment pas l’idée que l’être humain fasse crac-crac, alors pour cela ils ont inventé l’utrogestan. Une petite capsule toute lisse en surface, mais qui sans doute, microscopiquement ressemble plus à un oursin ! Vive les dégâts dans le terrier magique…et vive l’intimité l’abstinence.

Ca va faire 2 ans que grâce à ces saloperies on ne peut plus faire l’amour comme avant. Pourquoi? Parce qu’avoir l’impression d’être brûlée au 3ème degré quand chéri et toi essayez de faire l’amour, ça rend les choses quelque peu compliquées. Alors j’ai un Loulou en or, toujours compréhensif et délicat. Mais au bout de 2 ans, lui comme moi, on a peu à peu perdu la passion dans la fusion de nos corps. Pour ne pas le priver (désolée, je préfère être cash), je ne disais rien pour qu’on ait encore ces moments importants, mais la douleur après l’amour était horrible. Et quand Loulou s’en rendait compte, son regard se voilait de tristesse et ce doux moment se transformait en frustration.

Je me dis, heureusement qu’il y a eu des cycles de pause entre chaque fiv, parce qu’après chacune d’elle on ne pouvait plus du tout faire l’amour tellement je souffrais.

Aujourd’hui, tout n’est pas réglé, loin de là. Mais c’est de mieux en mieux, et on redécouvre la passion. Loulou m’a dit que ça lui avait vraiment manqué, qu’avant la pma on était tellement heureux dans notre couple ! mets-toi à la place de ton chéri qui a envie de te faire monter au 7ème ciel mais qui, quand il voit que tu as mal, à le sentiment d’être ton bourreau. Rien de tel pour plomber l’ambiance.

ENFIN, on retrouve peu à peu une réelle intimité, on se fait à nouveau des surprises et on casse l’habitude à coup de baisers spontanés 🙂

– les hormones dans leur globalité ont aussi magnifiquement participé à la grisaille de notre quotidien. Je ne compte plus les fois où tout à coup j’ai envoyé péter Loulou sans aucune raison, je me suis mise en colère pour rien du tout, j’ai pleuré parce que je n’arrivais pas à me calmer, etc. Je sais que ce que j’écris vous parle, on l’a toutes vécues. Nos chéris nous disent que c’est pas grave, qu’ils savent bien que ce sont les hormones et pas autre chose, ce sont des amours. Oui, mais après je ne sais combien de tentatives, ils auront beau toujours dire et penser la même chose, ça plombe les relations.

Bizarrement, depuis que je ne suis plus sous hormone, la pression retombe et on commence à s’apaiser. Lui, parce qu’il ne craint plus de se faire envoyer valser, moi parce que je ne crains plus des réactions soudaines qui pourraient nous blesser.

On se surprend tous les deux à lever les yeux de notre travail et à se regarder avec une profonde tendresse, comme si la tempête était passée et qu’un beau soleil teintant le ciel d’un rose fushia se levait sur notre couple endolori. On se redécouvre un plaisir non dissimulé à observer l’autre à fond dans ses activités, les pensées ne sont plus occultées par : est-ce que le pharmacien va bien commander pour le jour demandé mon Gonal? Han, et si je ne le reçois pas à temps? Han, et si je n’ai pas de rendez-vous le matin pour l’écho et que le fax arrive trop tard pour les consignes à suivre? Han, et si mes fofos grossissent trop mais pas l’endomètre? Han, et si les résultats de ma prise de sang sont nazes alors que l’écho montrait quelque chose de bien? Et si le spermo de chéri frôle les pâquerettes? Et si l’anesthésie ne se fait pas bien et qu’en réalité je sens tout? Est-ce que j’ai bien de la bétadine pour la douche pré-op? Rouge ou jaune, ah ça j’ai pas demandé ! Etc, etc.

Tu enlèves tout ça, et tu le remplaces par : et si je lui faisais la surprise de l’emmener voir Superco*driaque au ciné ce soir (c’était une tuerie, je vous le recommande !^^)? Et si je lui préparais un bon petit chocolat chaud vu que j’ai remarqué qu’il commence à tousser? Et si on se faisait un week-end en amoureux grâce à la smart b*x qu’on nous a offerte? Et si on se faisait une balade à moto avec ce beau soleil? Et si on se prenait un bon bain chaud tous les deux (Loulou y a le droit maintenant, ses petits warriors ont été retiré du régiment, trop fainéants 😉 )? Et si je lui apportais le ptit dèj au lit ce matin? Et si je le câlinais là maintenant, parce que j’en ai envie? Et si on allait dans une agence de voyage pour partir cet été?

Ca, c’est enfin ce qu’il se passe dans nos têtes. Alors du coup, on se demande vraiment si c’est raisonnable, alors que notre couple prend le dessus sur la pma, de refaire une tentative avant LA pause; nous préférons attendre plus d’un an pour avoir un bébé mais en étant très heureux en amour, plutôt que d’aller à reculons vers les traitements et revivre l’enfer. C’est de plus en plus le chemin que l’on souhaite prendre, mais comment savoir si c’est la bonne décision… . Parce qu’en attendant : ON RETOMBE AMOUREUX L’UN DE L’AUTRE, la foudre nous a traversé une deuxième fois, nous pouvons vivre sans enfant, nous ne pouvons pas vivre l’un sans l’autre.

Penser à soi

On arrive à 3 ans d’attente et d’espoirs, oui oui je sais il y a des parcours bien plus longs, mais c’est déjà pas mal hein^^

Voilà, avec Loulou on réfléchit et on veut revivre. Quand même, depuis notre mariage on ne cesse d’essayer d’avoir un bébé, pas eu le temps de « profiter » de notre vie de jeunes mariés, surtout qu’on en a bien bavé pour pouvoir nous marier (Ah ! les histoires de famille…;) ). Alors en ce moment, on se dit : STOP !

Et tooooute la pression retombe, et la colère enfouie depuis des années parce qu’on ressent de l’injustice remonte à la surface. C’est pas joli joli, on s’engueule sévère pour des broutilles. Ca fait super mal de se déchirer, c’est tellement rare qu’on se dispute…mais là on réalise qu’au moins on parle d’autre chose, c’est pas facile de revivre, jt’assure. On essaye de trouver la vie intéressante, et avoir d’autres rêves, centres d’intérêts. 

 

Penser à soi, voilà une bien jolie expression qu’on n’a pas beaucoup appliquée. Mais aujourd’hui, j’ai passé un entretien pour m’engager dans des études dès septembre, et je suis hyper motivée. Ce qui est rigolo, c’est que la pma nous suit partout malgré tout, puisque la dame qui m’a fait passé l’entretien est une ex-pmette. Ca rapproche tout de suite. 

 

« Et la PMA dans tout ça??! » eh bien, la PMA on va la ranger soigneusement dans un coin, mais histoire de ne rien regretter, on se redonne une chance. Une dernière chance avant LA PAUSE, la vraie, la grande. On attend bien sûr qu’un cycle potable pointe le bout de son nez, on voit ce que ça donne, et si c’est encore négatif ou un résultat tout pourri, on arrête de se faire du mal pendant un an. 

 

Histoire de ne pas soigner que le corps pendant cette pause (-9 kilos sur les 10 pris à cause des traitements, je suis pas peu fière 🙂 ), on va aussi soigner le coeur, l’âme. Loulou et moi on a beaucoup de souffrances à exorciser, alors on va voir un psy-pma. On a beaucoup hésité, pendant longtemps, mais on arrive à un point où ce serait se négliger que de nier ce qu’on ressent.

 

Voili voilou, ce blog était déjà pas super intéressant, mais si pause il y a il sera ennuyeux à mourir^^ mais notre vie va vraiment commencer, on va penser à nous, s’aimer, prendre du temps pour s’évader (on aimerait bien partir en séjour en Asie un de ces 4). Et ça, ça me va très bien !

que pourrait être ma vie après PMA?

Beaucoup d’entre vous me diront sans doute que c’est tôt pour penser à la vie sans enfant. Qu’il n’y a aucune raison pour que ça ne fonctionne pas. Vous comprendrez que quand malgré la fusion de gamètes dites parfaites ça foire encore, j’ai mes raisons de douter de notre avenir. D’autant que je dois voir mon gygy d’amour pour une biopsie de l’endomètre, au cas où DNLP aurait eu la bonne idée de merde de faire venir une petite troupe de cellules tueuses dans le terrier magique.

 

J’essaye de ponctuer mes idées avec une pointe d’humour, mais sérieux, l’heure est grave. Si on découvre que j’ai des cellules tueuses, c’est fini pour nous. Plus de pma, plus de tentative. Pourquoi essayer si on sait que la fausse couche est au bout?

On ne sait pas combien d’IAD nous seront permises encore, si jamais je n’ai pas de cellules tueuses nous aurons encore le privilège de continuer. Oui…mais si ça ne fonctionne pas? On nous parlera alors de FIV….qu’on n’aura pas les moyens de financer, ni la force pour les subir à nouveau. Notre chemin s’arrêterait ici.

 

La vie sans enfant, je ne me l’étais pas imaginée, pas de cette façon avec autant de réflexions. Que serait notre vie? Nous qui depuis bientôt 3 ans voyons notre vie rythmée par les tentatives, et l’espoir que nous y mettons à chaque fois. Y avez-vous déjà sérieusement songé?

Avec Loulou, on en parle un peu. On ne veut pas baisser les bras, mais nous sommes conscient que le don est notre dernière chance et que, si l’on découvre des saloperies chez moi qui rendent définitivement impossible toute vie au creux de moi, il faudra bien réussir à vivre pleinement malgré tout. Ne pas s’interdire d’être heureux, s’interdire de survivre, s’autoriser à aimer la vie. Loulou, c’est l’homme de ma vie. Pour rien au monde je ne voudrais être avec un autre homme, même si j’avais une flopée d’enfant avec. Je préfère vivre avec Loulou et sans enfant, que d’avoir une autre vie sans lui. Ca, c’est un premier point. 

Je nous imagine voyager, partir un mois à la montagne dans un pays dont personne ne parle à la TV, faire des randonnées et respirer à pleins poumons l’air frais de la nature, tout en dominant les nuages du haut de la montagne. Goûter à pleins de saveurs, d’autres cultures, pourquoi pas partir quelques années dans un autre pays !

Je nous imagine sur notre varad’ (moto) à partir en amoureux on the road et se laisser porter par nos envies d’évasion. 

Je nous imagine toujours très amoureux, très complices et de plus en plus fusionnels. A attendre fiévreusement le retour de l’un et de l’autre du travail pour se retrouver, se câliner devant un bon film, blottis l’un contre l’autre et comblés d’amour. A se faire des surprises, et pimenter la vie pour ne pas tomber dans la monotone habitude. 

Je nous imagine assumer de ne pas avoir d’enfant, et pouvoir tenir dans nos bras neveux et nièces sans pleurer, en appréciant leur compagnie tout simplement sans se culpabiliser de rien.

 

Tu vois ptite pmette, j’essaye de voir le « positif » dans le pire des cas de figure. Mais je sais qu’une vie sans enfant, au fond ça me tuerait. Une vie avec un enfant, je l’imagine bien aussi, mais je crois que je l’idéalise sans doute trop. Comme on se le disait avec une amie pmette : on veut avoir un bébé, c’est tout mignon. On s’imagine tout le bonheur que c’est de s’occuper de lui. Mais imagine-le grandir, être un ado boutonneux et invivable^^ là déjà, ça casse le mythe !

Bah, t’inquiètes, si on se dit ça c’est sans doute pour se consoler. Et puis tu sais, avec le temps je suis devenue une connasse d’infertile aigrie, faut bien que j’exerce mon aigrititude en me faisant croire qu’en fait c’est vraiment tout pourri de vouloir avoir un enfant ! Mouais…je suis pas très convaincue non plus.

Bref, article de maaaarde que j’aurais pu t’éviter, mais fallait que ça sorte. Ah tiens au fait, mercredi soir les saignements sont arrivés en trombe, la douleur insupportable avec, la peur de ravoir une hémorragie (je sais que c’est bête) tellement ça saignait, et puis là ça y est, ça se calme. J’imagine que ça te fait une belle jambe !