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Mes chérubins

25 Fév

Les formes, les courbes de ton nez, la rondeur de ta tête aux lignes pures et indéfinies. Ce début de branches déployées, tournées vers le coeur qui rythmait ta petite vie, chaque jour.

Ton propre coeur, répondait à mes battements. Vide de vie, l’instrument ne joue plus, la vie monotone déploie son funeste manteau et voile tes yeux d’une inertie effroyable.
Je te revois lovée dans le secret, petite plume fragile que la vie balaye d’un revers de la main.
Il faudrait que je te dise, petite plume envolée, que les gouttes de pluie ensanglantées, trop lourdes pour tes frêles membranes, ont amenées avec elles un automne au flamboiement endeuillé. Les feuilles qui tombent ne dansent plus, la nature ne s’endort plus, elle se laisse mourir. Les esprits des forêts au pelage de feu comptent les larmes qui s’abattent en averse sur ta sépulture.
Y aura-t-il en cet automne maudit, un rayon de soleil pour raviver l’ardeur et la joie? Ce n’est pas sans mon bourreau adulé, Désir, que je rampe sur les sentiers de nos souvenirs. Ces sentiers labourés pourront-ils un jour laisser éclore une petite pousse faussement fragile?
J’ai semé sur le sentier et chaque jour, la morsure de l’angoisse au ventre, je visite mes terres et espère, la nourris de ma tristesse liquéfiée, lève les yeux vers le vide bleuté qui se penche, compatissant, sur notre courte histoire et sur un futur espéré. Un futur exaucé?
Je t’embrasse de mes mains, et caresse tes formes, courbes de ton nez, la rondeur de ta tête aux lignes pures et indéfinies, imaginées dans le plus ardent de mes rêves. Se pourrait-il que cette terre noircie par la jalouse flamme, redevienne fertile et clémente?
Innocemment, adossée contre le tronc d’un cèdre  qui jadis avait fait jaillir l’effusion, la vue de l’horizon se brouille et se noie. La nature, livrée à son désarroi ne lui porte pas secours. Seule ma main, lasse, essuie les yeux de cette mère fatiguée, et promet à l’horizon qu’elle lui apprendra à nager. Car le deuil, est-il vraiment voué à l’éternité?
Petite plume qui virevolte dans la voie lactée, petite comète qui file à grande vitesse dans le voile de la veuve nuit, petite luciole qui casse la tranquillité superficielle des lacs, petite vie de mon ange…pourrais-je un jour malgré tout te revoir sur les rivages éternels?
Je suis sur le point d’abandonner, si la terre calcinée reste stérile, vaut-elle vraiment la peine d’être semée de vies sitôt éteintes?
Mais voilà, à force d’espérer et de semer je vois que je ne suis peut-être pas faite pour livrer mon amour maternel à un corps en vie, serais-je simplement la gardienne torturée de mes anges?
Petite plume, accueille bien cette petite bulle qui s’accroche encore, prends soin d’elle. Les jours sont écoulés, le soleil a brûlé la frêle pousse. Ô toi, petite bulle chérie, laisse-toi partir, décroche-toi pour rejoindre tes frères et soeurs. Que le chant de mes larmes qui noient le lit de mes brunes rivières mordant ses barreaux usés de chagrin puisse t’accompagner vers les nouveaux rivages où mes anges t’attendent déjà.
J’ai retrouvé l’arbre où, adossée jadis, j’espérai un meilleur avenir. Le voilà foudroyé, mort, terne. La sève ne coule plus, mon coeur se serre et  ralenti son tempo. Un vent glacial creuse les sillons, il est temps d’hiberner un moment et laisser reposer en paix la terre abîmée.
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8 Commentaires

Publié par le février 25, 2014 dans Uncategorized

 

8 réponses à “Mes chérubins

  1. Sachka

    février 28, 2014 at 10:16

    Il n’y a pas de mot pour soulager votre peine je le sais pour être passée par la aussi.. Mais le temps vous aidera et crois le, le soleil brillera a nouveau sur vous. Je vous embrasse fort.

     
  2. mellylovy

    février 28, 2014 at 12:28

    Tes mots sont magnifiques! J’en suis bouleversée et et sincèrement désolée. Je pense fort à vous

     
  3. Milie

    février 27, 2014 at 11:44

    Oh Titpouce… je pense fort à toi, à vous…

     
  4. laqueteduplus

    février 26, 2014 at 12:29

    Tes mots sont si beaux, ce qui vous arrive est si triste…. je pense fort à vous…

     
  5. monpetitoeuf

    février 26, 2014 at 9:58

    Je ne sais pas quoi dire, juste que je pense à toi… je t’embrasse

     
  6. Mrs F.

    février 26, 2014 at 6:04

    Les mots me manquent également… Ton texte est bouleversant… Prends le temps de te reposer mais je t’en prie, ne crois pas que cette terre restera stérile pour toujours. Je t’embrasse bien fort.

     
  7. Bounty Caramel

    février 26, 2014 at 2:55

    Je ne sais même ^pas quoi dire. C’est si triste.
    Ces courbes tu les as en tête à jamais, nul besoin pour le moment, de les parcourir et de raviver de plus belle la douleur éternelle. Préservez vous, je ne sais comment, faites ce qui vous fait du bien, mettez de côté le reste, il n’est pas aussi important.
    Des bisous

     
  8. lamisskangourou

    février 25, 2014 at 11:32

    Ma Titpouce.. Le vilain sort a encore frappé…
    Je suis tellement désolée pour toi, ton loulou et tes petits anges…
    J’espère sincèrement que le temps de l’espoir est proche, celui où enfin la roue tournera pour toi, pour vous. Plein de bisous et de pensées ma jolie.

     

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