Mes chérubins

Les formes, les courbes de ton nez, la rondeur de ta tête aux lignes pures et indéfinies. Ce début de branches déployées, tournées vers le coeur qui rythmait ta petite vie, chaque jour.

Ton propre coeur, répondait à mes battements. Vide de vie, l’instrument ne joue plus, la vie monotone déploie son funeste manteau et voile tes yeux d’une inertie effroyable.
Je te revois lovée dans le secret, petite plume fragile que la vie balaye d’un revers de la main.
Il faudrait que je te dise, petite plume envolée, que les gouttes de pluie ensanglantées, trop lourdes pour tes frêles membranes, ont amenées avec elles un automne au flamboiement endeuillé. Les feuilles qui tombent ne dansent plus, la nature ne s’endort plus, elle se laisse mourir. Les esprits des forêts au pelage de feu comptent les larmes qui s’abattent en averse sur ta sépulture.
Y aura-t-il en cet automne maudit, un rayon de soleil pour raviver l’ardeur et la joie? Ce n’est pas sans mon bourreau adulé, Désir, que je rampe sur les sentiers de nos souvenirs. Ces sentiers labourés pourront-ils un jour laisser éclore une petite pousse faussement fragile?
J’ai semé sur le sentier et chaque jour, la morsure de l’angoisse au ventre, je visite mes terres et espère, la nourris de ma tristesse liquéfiée, lève les yeux vers le vide bleuté qui se penche, compatissant, sur notre courte histoire et sur un futur espéré. Un futur exaucé?
Je t’embrasse de mes mains, et caresse tes formes, courbes de ton nez, la rondeur de ta tête aux lignes pures et indéfinies, imaginées dans le plus ardent de mes rêves. Se pourrait-il que cette terre noircie par la jalouse flamme, redevienne fertile et clémente?
Innocemment, adossée contre le tronc d’un cèdre  qui jadis avait fait jaillir l’effusion, la vue de l’horizon se brouille et se noie. La nature, livrée à son désarroi ne lui porte pas secours. Seule ma main, lasse, essuie les yeux de cette mère fatiguée, et promet à l’horizon qu’elle lui apprendra à nager. Car le deuil, est-il vraiment voué à l’éternité?
Petite plume qui virevolte dans la voie lactée, petite comète qui file à grande vitesse dans le voile de la veuve nuit, petite luciole qui casse la tranquillité superficielle des lacs, petite vie de mon ange…pourrais-je un jour malgré tout te revoir sur les rivages éternels?
Je suis sur le point d’abandonner, si la terre calcinée reste stérile, vaut-elle vraiment la peine d’être semée de vies sitôt éteintes?
Mais voilà, à force d’espérer et de semer je vois que je ne suis peut-être pas faite pour livrer mon amour maternel à un corps en vie, serais-je simplement la gardienne torturée de mes anges?
Petite plume, accueille bien cette petite bulle qui s’accroche encore, prends soin d’elle. Les jours sont écoulés, le soleil a brûlé la frêle pousse. Ô toi, petite bulle chérie, laisse-toi partir, décroche-toi pour rejoindre tes frères et soeurs. Que le chant de mes larmes qui noient le lit de mes brunes rivières mordant ses barreaux usés de chagrin puisse t’accompagner vers les nouveaux rivages où mes anges t’attendent déjà.
J’ai retrouvé l’arbre où, adossée jadis, j’espérai un meilleur avenir. Le voilà foudroyé, mort, terne. La sève ne coule plus, mon coeur se serre et  ralenti son tempo. Un vent glacial creuse les sillons, il est temps d’hiberner un moment et laisser reposer en paix la terre abîmée.
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IAD 3, coup de massue.

Dans le secret, nous avons recommencé une tentative. Nous avons voulu espérer, réessayer avec courage et détermination. 

J’apprends aujourd’hui que je suis enceinte. Et j’apprends aussi que je fais une fausse couche. Taux à 8. 

La vie n’est qu’une pétasse.

Vidéo

A toi mon Aimé

A toi mon Aimé…

 

A toi qui d’un premier regard, a obtenu mon cœur sans condition

A toi qui d’un premier baiser, a emprisonné mes lèvres, dévouées

A toi qui d’une première caresse, a fondu mon corps dans tes paumes embrasées

A toi qui d’un premier frisson, a offert à nos âmes une première union.

 

A toi qui d’une première larme, a fait de la passion l’envie d’un enfant

A toi qui d’une première arme, a tué des préjugés en te livrant au savoir

A toi qui d’un premier choc, a continué de le vouloir

A toi qui d’une première souffrance, a abrégé le temps

 

A toi qui d’une première frontière, en a fait qu’un seul pas désiré

A toi qui d’un premier amour, à nos cellules mélangées

A toi qui d’un premier enfant, a donné sans compter

A toi qui d’un premier deuil, n’a cessé d’espérer

 

A toi mon Aimé à qui je voue mon existence. A toi, mon Aimé, ce jour est dédié.

Je t’aime

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Nous avions mis un voile noir pour couvrir les affaires de notre ange. Peu à peu, le voile glisse au sol et, une par une les affaires se vident.

Nous préférons vendre les poussettes, baignoire, plan à langer, etc. Cela peut paraître bizarre à vos yeux, mais croyez-le, ça fait du bien…enfin, ça fait moins mal disons. Et nous ne voulons pas utiliser ces objets pour le bout de choux qui viendra agrandir notre foyer, alors qu’ils étaient initialement prévus pour un ange, lové sur son étoile.

Aujourd’hui est venu une petite dame âgée pour acheter une poussette canne, une baignoire et un plan à langer pour son arrière petit-fils. Bien sûr, comme à chaque fois qu’une vente a lieu, on nous demande : « quel âge à votre enfant maintenant? » ou « Combien de ptiots chez vous? », s’ensuit toujours la même réponse, que vous connaissez. Les gens sont gênés bien entendu, et ont tendance à ramener la situation à telle copine qui a fait 4 fausses couches avant d’avoir son bébé, etc. Le genre de discussions qui n’apaise pas, bien au contraire.

Mais aujourd’hui, quand la question fatidique a été posée avec toujours la même réponse les yeux baissés, j’ai entendu quelque chose qui m’a poignardée : « …je sais ce que vous traversez. J’ai perdu ma fille quand elle avait 36 ans, son petit avait 8 ans. Je me suis interdit de pleurer, interdit de flancher pour mon petit-fils qui aujourd’hui à 35 ans. C’est pour son enfant que je viens acheter tout ça ».

Elle s’est mise à pleurer, cette petite dame de 85 ans. Nous avons pleuré ensemble, le regard entendu. Bien sûr, JE SAIS que c’est différent. JE SAIS que sa souffrance est un milliard de fois plus forte que la mienne. Mais simplement, entre mamans, on s’est comprises. Parce que, que ce soit pendant la grossesse ou après, nos enfants on les aime sans condition.

Les yeux rougis, on s’est prises dans les bras en se souhaitant du courage, en se disant qu’il fallait être fortes et croire que la vie peut être belle. Ce petit-fils, elle l’a aimé comme son propre enfant et à 10 ans, quand on lui a demandé qui étaient son papa et sa maman, c’est le nom de ses grands-parents qu’il a donné. Une belle leçon de vie, qui montre à quel point la parentalité ne tient pas à une simple affaire de génétique, c’est TOUT le reste. On a parlé en 2 mots de notre parcours pmesque, elle m’écouta avec tendresse. C’était si bon…

Pour finir, elle m’a caressé doucement la joue, me regardant droit les yeux : »croyez aux miracles. Mon petit-fils et sa femme ont mis 7 ans pour avoir leur garçon. Ils ont enchaîné les FIVS, et aujourd’hui le voilà. Vous allez finir par y arriver, croyez-le. »

Voilà comment aujourd’hui, j’ai à la fois très mal d’avoir vendu des affaires de mon ange, et à la fois je pleure de soulagement d’avoir rencontré une telle femme, l’exemple même du courage, de la sérénité, et de l’amour.

Mon ange chéri, mon coeur si tu m’entends, je pense toujours très fort à toi et à la beauté de ta venue dans le creux de moi. Je continue de me battre, c’est promis, je ne lâche pas l’affaire. Tu seras fier de moi.

 

A 8sa, mon ange et moi... <3

A 8sa, mon ange et moi… ❤

Je commence à penser à toi…

Hello, petit frère ou petite soeur de mon ange, qui attend ton tour pour te loger au creux de moi. Je ne m’imaginais pas que je penserais si vite à toi, pour moi mon petit coeur naîtrait et serait là pour veiller sur toi et te protéger, et là nous nous serions imaginés avoir un deuxième bout de choux. 

Mais voilà, rien ne se passe comme on le prévoit. Et crois-moi, petit bébé, de là où tu es, tu peux déjà ressentir tout l’amour que l’on est prêts à te donner. Nous serons sans doute dans une angoisse oppressante pendant 3 mois, si tu y arrives… . Et si tu passes ce cap, nous nous laisserons envelopper de sérénité, peu à peu. 

Petit bébé, j’aimerais te dire que même si notre ange aura toujours une place très importante dans nos coeurs, tu ne seras jamais délaissé, jamais moins aimé. Ce sera juste différent. 

 

Je ne te promets pas de ne plus être triste dès lors que tu seras entré à ton tour dans nos vies, et même quand tu seras né(e), je ne peux pas te promettre de ne pas pleurer par moments.

Mais je te promets un amour éternel, fidèle, inébranlable. Je te promets de prendre les coups de la vie pour toi, je te promets de te donner ma vie si cela s’impose, je te promets de te porter jusqu’aux cimes pour que tu ne goûtes pas aux ténèbres d’une vie tourmentée et torturée. Je te promets de te passer avant tout intérêt personnel, et de te donner des ailes pour atteindre tes rêves. S’il faut que j’arrache les miennes pour te les donner, je le ferai.

Je te promets aussi qu’il y aura des failles, que je ferai des erreurs et que parfois tu auras honte de moi. Tu te diras parfois que tu te demandes bien pourquoi on est allés te chercher en Belgique si c’est pour qu’on s’engueule par moments, je te promets qu’à ton adolescence tu m’en voudras de mille façons pour mille raisons. Que tu pourras avoir peur d’avoir les mêmes fichus défauts qui sont les miens. 

Mais quand tu gratteras toutes ces imperfections, doux bébé, tu pourras trouver deux mots pour toi : JE T’AIME

Suite des bobos

Bon, je suis très soulagée ! A notre grande, très grande surprise, le radiologue et moi (oui, on est devenus potes depuis qu’il a visité gratuitement un innombrable de fois le terrier magique sondairement parlant) avons constaté ce matin-même que la rétention…a disparu !

Ce qui est très fort, c’est que je n’ai eu aucun saignement, mais il semblerait que Dame Nature se trouvait un peu plus pute qu’elle ne l’est déjà, me voilà donc enfin tranquille.

 

J’ai été vraiment rassurée dès lors que notre douce Miss Kangourou m’a parlé d’une surveillance simple quand la rétention est petite, et non seulement c’est ce qui s’est passé (et ce, sans cytotec heureusement…), mais en plus nous pouvons enfin « tourner la page » et ne retenir que le bonheur qu’on a vécu avec notre ange.

 

Besoin de témoignages sur les complications du retour de couche

Coucou à toutes, voilà aujourd’hui j’ai eu une échographie à J10 pour voir un peu où ça en était. Et c’est pas top du tout… .

J’ai une rétention de sang au niveau de l’endomètre. Or, je n’ai plus de saignement du tout. Il semblerait donc que ce soit ENCORE la loose totale (décidément, j’étais inspirée quand j’ai nommé mon blog) !! 😦

 

Y a-t-il des pmettes qui ont des complications de ce type suite au retour de couche? Quelle a été la « solution » pour remédier au problème?

J’espère vraiment ne pas raviver la blessure en vous demandant votre aide… .