Flash Back

Les yeux clos, le goût salé sur mes lèvres, les sillons de larmes sur mes joues rougies de chagrin et d’incompréhension. Une tension, celle de tous mes muscles durcis face aux secousses des sanglots brutaux et inconsolables. Des plaques couleur sang marbrant ma peau brûlante.

Dans ma main, un test n’affichant qu’une barre. Rien de plus. 

 

C’était fin juillet 2011, peu de temps après notre mariage, où j’avais pris la pilule un peu tard, où nous avons cru à une possible grossesse. Ce jour marqua pour nous le top départ d’une grande aventure que ni l’un, ni l’autre, n’avons choisie. Je revois Loulou, le regard perdu et embué de larmes me demander de ne plus reprendre la pilule, il veut un enfant de moi. Je souris malgré les larmes qui continuent de perler sur mon visage, en réalisant qu’en pleurant ainsi, je venais de comprendre à quel point je voulais avoir un enfant de Loulou. 

Un cycle commence, nous partons en voyage de noces au Canada avec les TO dans les valises pour ne surtout pas louper l’ovulation. La veille où le petit sourire narquois  de Cl**blue s’afficha, le guide de notre voyage nous avait laissé sa suite, pour fêter dignement notre voyage de noces (jacuzzis, solarium, salon avec cheminée, etc). Et le matin, sans grande conviction, j’attends le résultat du TO et hurle de joie en voyant le smiley. Je réveille Loulou, il est temps de gérer pour que cette fois, il y ait un beau +. Pas encore rentrés de voyage, je fais le test sur place, à son insu, et découvre encore qu’une barre. Négatif. 

Je me revois ravaler mes larmes et souffler un bon coup avant de rejoindre le groupe attablé avec nous, et j’affiche pour la première fois mon masque favori : celui de la fille soi-disant heureuse et insouciante. Puis, quand nous repartons, Loulou sonde mon regard et semble inquiet. Et c’est de nouveau les larmes abondantes.

Les mois se sont écoulés, chaque fin de cycle fut de plus en plus mal accepté. En décembre, je vais voir cette  connasse gynéco qui me dira que je suis OPK et que je peux ravaler mes espoirs d’être mère, elle me dit de reprendre la pilule, que je ne peux pas avoir d’enfant. Je sors en pleurant, trop c’est trop. Loulou m’attend, il m’entoure de ses bras, me caresse et me calme, s’énerve contre la pseudo gynéco, et l’on rentre, meurtris, abasourdis. 

En janvier, je vais voir un ostéo dont la réputation n’est plus à faire. Il replace des os, il m’écoute, m’aider à m’apaiser, et deux séances plus tard, je fais une vraie ovulation de la mort qui tue. Je finis à l’hôpital (1ère visite suivie d’une longue série d’autres !), on découvre un ovule bien dodu qui se pavane devant l’interne, mais aussi que je ne suis plus OPK, plus un seul kyste n’emprisonne mes ovules, c’est un miracle. Loulou et moi reprogrammons un câlin, sûrs que cette fois, ça va fonctionner ! Eh ben non. Re-larmes, re-déceptions, re-ras-le-bol. 

 

Loulou veut un spermogramme. Soit ! Le résultat tombe, il brise nos rêves en un coup sec, Loulou et moi pleurons jusqu’à ne plus en avoir la force. On se relève, on reprend rdv avec notre doc, on prend rdv avec un gynéco, et on fait toute une série d’examens, dont la fameuse hystérosalpingographie, seul mot scientifique que tu retiens tellement cet examen t’as arraché la gueule !!! Notre parcours de PMA éclot à partir de tous ces examens. Nous pleurons au fur et à mesure, mais nous entrevoyons la solution à nos problèmes. 

Le Dr Cold est confiant, quand il nous reçoit à la PMA. Ca va marcher, c’est sûr ! Deux FIV plus tard, la partie est déjà terminée, on remballe nos clics et nos clacs, et on s’en va. Re-re-re-re-re-larmes, et toutes les blessures qui vont avec. 

 

Aujourd’hui, en septembre 2013, hier a été faite la première piqûre de Gonal, sonnant le top départ de l’IAD. J’aurais du être vraiment heureuse en la faisant, mais non. J’ai pleuré encore, plusieurs fois dans la journée, ne trouvant pas la cause d’une telle tristesse. Et puis à 17h, l’alarme du portable sonne « Gonal ! », je ne me lève pas, je me sens angoissée. L’alarme revient me rappeler à l’ordre, qu’il faut le prendre, qu’il faut encore tenir bon. Mais je reste là, je n’arrive pas à ouvrir le frigo, me saisir du stylo et y voir dans cette piqûre autre chose que nos échecs, nos larmes. 

Je finis par me piquer, à 18h. Loulou rentre, je me blottis contre lui, et tout ce flash back, je le ressens dans chaque battement de mon coeur, comme un tambour de peur assommante bourrinant dans ma poitrine. J’ai peur….peur que ça ne fonctionne toujours pas. L’IAD est sans doute moins difficile que l’ICSI, mais pour autant, est-elle vraiment gage de bonheur? 

Je veux y croire…

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19 réflexions sur “Flash Back

  1. Bichon Rose dit :

    Parcours douloureux. Courage, je sais que c’est facile à dire. Je veux y croire pour vous, croisons les doigts ensemble et croyons ensemble que le bonheur est proche. Je te le souhaite, je vous le souhaite. Bises

  2. Il faut y croire.
    Tu as eu un parcours bien difficile, avec des médecins parfois (in)com(pétents).
    Les barres solitaire du TG, je connais, les TO aussi. Cette fois-ci, avec l’IAD, c’est encore un nouveau protocole, mais de nouveaux espoirs. bisous

    • Oui, je sais que chacune de vous peut me comprendre, on a toutes eu cette barre solitaire malheureusement, et plus d’une fois.
      La PMA, c’est dur, mais heureusement qu’elle existe pour nous offrir ces nouveaux espoirs. Il faudrait que je m’en souvienne plus souvent quand ça va mal. Merci pour ton mot.
      Bisous

  3. C’est tellement triste et douloureux comme parcours. Mais cet IAD est votre avenir, votre future, ce petit truc qui permet à l’histoire de bien se terminer! Courage poulette, je sais que c’est dur et lassant mais on y croit toute pour toi, pour vous. Bises

    • Merci pivoinespma, merci beaucoup. Ca me fait beaucoup de bien ! Je veux croire que l’IAD va constituer notre futur, notre bonheur.
      J’ai cru comprendre que tu n’avais pas tellement le moral non plus…j’espère que ton moral va vite remonter, pour te remettre en selle pour la suite. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n’hésite pas.
      Plein de bisous

  4. Vous êtes si jeunes et pourtant avez déjà un trop long parcours douloureux.
    Mais tout ça c’est derrière vous, il faut maintenant se tourner vers l’avenir, cette IAD qui est source d’espoir.
    Courage ma petite Titpouce.

    • Tu as raison Marinette, il faut que je me tourne vers l’avenir, il faut que je croie en cette IAD. Merci de me le rappeler.
      Courage à toi aussi, je pense beaucoup à vous ❤

  5. C’est toujours douloureux de se replonger en arrière. J’ai, tout comme toi, bazardé la pilule avant notre mariage en juin 2011. C’est dur de se dire que 2 ans après on est toujours « que » 2, dur d’accepter la malchance qui nous place dans les couples infertiles.
    J’espère qu’une fois cette première piqûre de Gonal faite tu reprendras espoir. C’est toujours un peu dur de se relancer dans un nouveau cycle mais de jour en jour généralement, l’espoir revient.
    Des Bisous !

  6. Un bien joli article malgré toute cette tristesse.
    Je n’en reviens pas de la réponse de ta première gynéco! On ne peut pas dire qu’elle soit du genre optimiste.
    Je comprends ta lassitude et ta douleur. J’espère que cette fois les efforts ne seront pas vains!
    Bisous

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