Ils se cachent pour mourir…

C’est ce que nous allons faire mon Loulou et moi, nous cacher pour mourir. Pour ne pas attirer la pitié, pour ne pas attirer les phrases connes et blessantes, pour ne voir aucun visage faussement déconfit, pour simplement se laisser attirer par ce gouffre que nous connaissons que trop bien. 

Hier soir, grosse douleur de règles, début de spottings. Ce matin, on a convenu que je ferais un tg, mais pas celui de Claire que je déteste, un autre. Loulou est revenu avec…Claire ! Pas d’autre tg cette fois-ci dans notre pharmacie, cette connasse a bien joué son coup, et elle a réussi. Deux petits mots sont venus brutaliser nos coeurs : « pas enceinte ». Je suis allée faire ma prise de sang aujourd’hui même, j’aurai les résultats à 17h. J’ai pleuré face à cette biologiste si douce qui me souhaitait bonne chance, et courage pour recommencer tout.

Je me cacherai pour mourir, pour laisser mourir cet espoir débile que j’ai laissé s’immiscer en moi. Je me cacherai à cause de ma honte, celle de vous avoir embarquées dans mes douleurs inhabituelles. Je vous promets que ce n’est pas par psychotage que j’ai eu ces douleurs, je ne suis pas comme ça. Je suis d’abord zen, et quand je sens des douleurs très différentes, là je perds mon calme… . Mais après tout, que l’on pense ce que l’on veut de moi, je n’en pense pas moins de moi-même. 

Je vais m’absenter quelques temps, juste pour mourir, pour laisser Dame Nature arracher encore un bout de mon âme de pmette et s’en délecter comme elle le fait à chaque fois. Je ne me débattrai pas, je la regarde déjà droit dans les yeux, prête à être sa proie. Je ne serai que l’ombre de moi-même, errant dans les limbes de l’infertilité, cherchant mes cendres pour renaître, pour ne pas lâcher. Pour ne pas te lâcher mon enfant, parce que je sais que tu es quelque part, et que cela m’importe peu de goûter la pénombre d’un échec si c’est pour mieux m’approcher de toi, si c’est pour mieux t’effleurer. Je souffrirai mille souffrances pour toi, si c’est pour que tu sois près de nous, en moi. Je verserai mon sang chaque mois, comme c’est le cas depuis plus de deux ans, je le verserai demain au milieu d’amères larmes, tout en sachant que ce ne sera pas toujours comme ça, que tu seras un jour dans mes bras… je l’espère.

Nous nous cachons pour mourir… . Bonne chance à toutes

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Etat des lieux DPO 11

Oh la vache !!! Je n’ai jamais autant morflé au ventre de cette façon ! Bon bien sûr, j’ai eu les ponctions qui sont bien douloureuses, mais mis à part ça, pour le TEC par exemple, j’ai pas eu mal à ce point ! Un peu de nausées, mais ça j’ai déjà eu avant, je ne veux pas y donner trop de crédit. 

C’est tout mon ventre qui me fait souffrir, c’est pas juste localisé sur l’utérus, c’est comme une crampe constante avec des brûlures d’estomac. J’ai voulu faire du grand ménage hier, j’ai passé l’aspi, nettoyer à fond les ballons la maison de mon gros pinou, repassé, vidé le congélo pour faire une décongélation (quand il y a plus de glace que de surgelés, ya un problème^^ j’ai dit bonjour au pingouin du fond, il vous souhaite bonne chance à chacune 😀 ), lancé des machines, rangé, etc etc etc. 

Bon, ça n’a rien d’exceptionnel, je vous l’accorde, mais pour moi ça a été le coup de grâce sur le bidou. Sérieux, je suis du genre pessimiste sur la possibilité d’avoir un +, alors je ne me ménage pas spécialement. Mais hier, je l’ai senti passé 😦 Depuis, j’agoniiiiiiiise !!! 

Et le pire dans tout ça, c’est que Loulou pense que je suis enceinte….et que moi, je commence à croire que c’est possible… . On va vraiment se casser la gueule de très, très, très haut. Verdict vendredi (je ne sais toujours pas si je vais résister à l’envie de faire un TG, je l’avoue !)

Alors, comme je suis du genre maso, j’aurais besoin de vos expériences. Y’en a-t-il parmi vous qui reconnaissent ces douleurs et qui ont eu un + ou un – ? 

DPO 5

Et voilà, même pas encore à DPO 6 que Titpouce pète un câble. Elle chiale toutes les larmes de son corps sans savoir pourquoi. Elle fait sa crise de nerfs sur Loulou sans non plus savoir pourquoi. Elle  a mal au bide, des douleurs annonciatrices de règles depuis deux jours à peu près (bizarre, oui, je sais…). Elle se demande si elle est la seule à connaître ces désagréments après une « simple » insémination (comprenez que par « simple », je compare aux FIV où je trouvais plus « normal » d’être dans cet état, surtout après la ponction, et des doses d’hormones plus importantes) !

Elle dit à Loulou qu’elle ne sera jamais enceinte parce que c’est comme ça, et la minute d’après elle commence une phrase par : « QUAND je serai enceinte » tout en regardant des sites pour bébés. Bref, il y a un fusible qui a sauté, la pooooovre petite !

Voilà, encore 8 jours à tenir si on ne compte pas cette journée, vous allez me faire interner 😀

PS : comme elle ne fait pas les choses à moitié dans ses gros pétages de câbles, Titpouce parle à la 3ème personne, comme ça, parce que ça lui chante, là, tout de suite^^

Bon, allez, un petit sondage pour vous faire passer le temps (et le mien hihi) :

L’aventure en Belgique

Nous y sommes depuis hier soir, dans notre Terre d’Accueil, où nous avons réservé une petite chambre d’hôte vraiment cosy à 10 minutes de la Maison des Lutins. Nous avons eu un sommeil réparateur, accompagnés des ronrons d’un des chats de la maison qui était venu s’incruster dans notre chambre. 

Et puis l’heure fatidique est arrivée. La Magicienne nous a accueilli tout sourire, heureuse que nous n’ayons pas loupé bêtement l’ovulation (qui devrait arriver d’ailleurs dans les heures qui suivent, merci l’ovitrelle). Je me suis installée confortablement, tout en expliquant la peur de me faire charcuter à cause de mon utérus rétroversé (peur de la fameuse pince au col). Elle a été d’une extrême douceur, je n’ai quasiment rien senti, juste une douleur quand la pipette était au fond de la grotte magique. 

Loulou, tout timide, demande s’il peut m’inséminer. La Magicienne hésite, elle a peur que le passage de la pipette soit déjà difficile pour moi, mais voyant que la grotte avait ouvert une autoroute pour les schumacher, elle a accepté 🙂 Loulou a fait son regard de petit bonhomme que j’aime tant, et il a appuyé tout doucement sur le poussoir de la pipette. 

En ce moment, je ne suis plus 1 mais quelques millions 🙂 Je me repose un petit peu, puis on va se promener sur Liège. On a décidé de prolonger notre « séjour », on ne repart que demain.

Voilà les news !

Quand il y a un petit rayon de soleil malgré tout…

Dans cette pluie torrentielle qui s’abat sur notre foyer, un petit rayon de soleil est venu poindre entre deux sombres nuages. 

L’insémination se fera demain matin. Je devais faire mon monitoring seulement demain, mais hier j’ai eu de fortes douleurs, et j’ai pris l’initiative d’avancer le monito. Heureusement ! endomètre à 8mm, follicule à 18mm (et depuis, il a encore grossi !).

Ce matin donc, j’ai été appelé par notre pma : « Madame Titpouce, prenez vite l’ovitrelle, dans les minutes qui suivent. Et venez demain à 11h30 pour l’insémination ». Sauf que…on ne m’avait pas dit qu’il y aurait de l’ovitrelle dans l’histoire ! et que du coup, j’ai du courir (au premier sens du terme) voir toutes les pharmacies pour avoir l’ovitrelle au plus vite, et ensuite voir mon médecin pour qu’il me prescrive l’ordonnance. Et ouf, une toute petite pharmacie avait ce qu’il fallait. Piqûre faite donc 20 minutes après l’appel, record à battre ! 🙂

Nous partons donc ce soir pour notre Terre d’accueil, peut-être arriverons-nous à être enfin heureux dans les mois qui viendront. 

 

Nouvelles de ma petite Mousse : il s’agirait d’une crise cardiaque, une malformation du coeur qui aurait dû normalement la faire partir avant même de naître. Elle a eu la « chance » de vivre plus longtemps. Et nous avons eu l’honneur de l’avoir auprès de nous un peu de temps. Il faudra maintenant s’en remettre… .

Elle est partie rejoindre Bisou…

Il est 4h du matin, je n’arrive pas à me rendormir, je câline mon Crackers qui doit essuyer encore un deuil. Mousse est partie, brutalement, sans bruit, ce soir même.

Hier matin, nous l’avions retrouvée faible, elle ne bougeait pas, elle semblait perdue. Nous l’avons emmenée chez le véto, en urgence. J’ai eu beau dire que ce n’était pas normal, que quelque chose n’allait pas, il m’a renvoyée avec un vermifuge « au cas où », et un complément alimentaire car elle ne mangeait plus ni ne buvait. Je l’ai nourrie, elle a accepté un tout petit peu pour me faire plaisir, et Loulou est rentré du boulot. On a réessayé de la nourrir, Loulou la tenait, la câlinait, on l’encourageait, c’était dur pour elle mais elle faisait tous ses efforts.

Puis on l’a reposée sur sa bouillotte qu’elle aimait tant, elle s’est couchée dessus…et elle est partie. Elle est partie rejoindre Bisou…

Je suis en colère contre ce véto, nous avions en plus rappelé en début de soirée, disant que son état s’empirait. On nous a répondu que tant qu’elle mangeait au moins un peu, c’était bon, qu’on se verrait demain matin au besoin. Elle n’aura pas passé la soirée, ma petite boule de 4 mois s’en est allée, et on ne sait même pas quelle est la cause de son envol. J’en veux à la Terre entière, je ne me sens plus capable d’avancer, et je me dis que si en moins de 3 mois j’ai perdu deux petites boules chéries, c’est que je ne suis même pas capable de m’en occuper. 

 

Je vais devenir folle…

 

Petite Mousse…tu es partie, nous t’avons retrouvée le visage serein, en paix. Nous savons que tu auras, tout comme Bisou, toujours ta place dans notre coeur. Ces deux mois en ta compagnie nous ont permis de connaître une lapine extraordinaire, très très câline, très douce. La veille de ton départ, je t’imaginais te coller contre mon ventre arrondi, et t’endormir, comme tu le faisais si bien. Mais toi non plus, tu ne verras jamais de ventre arrondi, tu es partie loin de nous, dans un endroit bien plus beau. Pardonne-moi de ne pas avoir vu plus tôt que ça n’allait pas…

 

Flash Back

Les yeux clos, le goût salé sur mes lèvres, les sillons de larmes sur mes joues rougies de chagrin et d’incompréhension. Une tension, celle de tous mes muscles durcis face aux secousses des sanglots brutaux et inconsolables. Des plaques couleur sang marbrant ma peau brûlante.

Dans ma main, un test n’affichant qu’une barre. Rien de plus. 

 

C’était fin juillet 2011, peu de temps après notre mariage, où j’avais pris la pilule un peu tard, où nous avons cru à une possible grossesse. Ce jour marqua pour nous le top départ d’une grande aventure que ni l’un, ni l’autre, n’avons choisie. Je revois Loulou, le regard perdu et embué de larmes me demander de ne plus reprendre la pilule, il veut un enfant de moi. Je souris malgré les larmes qui continuent de perler sur mon visage, en réalisant qu’en pleurant ainsi, je venais de comprendre à quel point je voulais avoir un enfant de Loulou. 

Un cycle commence, nous partons en voyage de noces au Canada avec les TO dans les valises pour ne surtout pas louper l’ovulation. La veille où le petit sourire narquois  de Cl**blue s’afficha, le guide de notre voyage nous avait laissé sa suite, pour fêter dignement notre voyage de noces (jacuzzis, solarium, salon avec cheminée, etc). Et le matin, sans grande conviction, j’attends le résultat du TO et hurle de joie en voyant le smiley. Je réveille Loulou, il est temps de gérer pour que cette fois, il y ait un beau +. Pas encore rentrés de voyage, je fais le test sur place, à son insu, et découvre encore qu’une barre. Négatif. 

Je me revois ravaler mes larmes et souffler un bon coup avant de rejoindre le groupe attablé avec nous, et j’affiche pour la première fois mon masque favori : celui de la fille soi-disant heureuse et insouciante. Puis, quand nous repartons, Loulou sonde mon regard et semble inquiet. Et c’est de nouveau les larmes abondantes.

Les mois se sont écoulés, chaque fin de cycle fut de plus en plus mal accepté. En décembre, je vais voir cette  connasse gynéco qui me dira que je suis OPK et que je peux ravaler mes espoirs d’être mère, elle me dit de reprendre la pilule, que je ne peux pas avoir d’enfant. Je sors en pleurant, trop c’est trop. Loulou m’attend, il m’entoure de ses bras, me caresse et me calme, s’énerve contre la pseudo gynéco, et l’on rentre, meurtris, abasourdis. 

En janvier, je vais voir un ostéo dont la réputation n’est plus à faire. Il replace des os, il m’écoute, m’aider à m’apaiser, et deux séances plus tard, je fais une vraie ovulation de la mort qui tue. Je finis à l’hôpital (1ère visite suivie d’une longue série d’autres !), on découvre un ovule bien dodu qui se pavane devant l’interne, mais aussi que je ne suis plus OPK, plus un seul kyste n’emprisonne mes ovules, c’est un miracle. Loulou et moi reprogrammons un câlin, sûrs que cette fois, ça va fonctionner ! Eh ben non. Re-larmes, re-déceptions, re-ras-le-bol. 

 

Loulou veut un spermogramme. Soit ! Le résultat tombe, il brise nos rêves en un coup sec, Loulou et moi pleurons jusqu’à ne plus en avoir la force. On se relève, on reprend rdv avec notre doc, on prend rdv avec un gynéco, et on fait toute une série d’examens, dont la fameuse hystérosalpingographie, seul mot scientifique que tu retiens tellement cet examen t’as arraché la gueule !!! Notre parcours de PMA éclot à partir de tous ces examens. Nous pleurons au fur et à mesure, mais nous entrevoyons la solution à nos problèmes. 

Le Dr Cold est confiant, quand il nous reçoit à la PMA. Ca va marcher, c’est sûr ! Deux FIV plus tard, la partie est déjà terminée, on remballe nos clics et nos clacs, et on s’en va. Re-re-re-re-re-larmes, et toutes les blessures qui vont avec. 

 

Aujourd’hui, en septembre 2013, hier a été faite la première piqûre de Gonal, sonnant le top départ de l’IAD. J’aurais du être vraiment heureuse en la faisant, mais non. J’ai pleuré encore, plusieurs fois dans la journée, ne trouvant pas la cause d’une telle tristesse. Et puis à 17h, l’alarme du portable sonne « Gonal ! », je ne me lève pas, je me sens angoissée. L’alarme revient me rappeler à l’ordre, qu’il faut le prendre, qu’il faut encore tenir bon. Mais je reste là, je n’arrive pas à ouvrir le frigo, me saisir du stylo et y voir dans cette piqûre autre chose que nos échecs, nos larmes. 

Je finis par me piquer, à 18h. Loulou rentre, je me blottis contre lui, et tout ce flash back, je le ressens dans chaque battement de mon coeur, comme un tambour de peur assommante bourrinant dans ma poitrine. J’ai peur….peur que ça ne fonctionne toujours pas. L’IAD est sans doute moins difficile que l’ICSI, mais pour autant, est-elle vraiment gage de bonheur? 

Je veux y croire…