BILAN à J-4

Je m’étais pourtant promis de me taire, que de toute façon tant qu’on n’a pas le résultat, symptôme ou pas symptôme annonçant les règles, ça ne voulait rien dire. Mais bon, je me suis dit qu’un petit bilan ne ferait pas de mal. Dans tous les cas….pour moi, je sens que le négatif va me pendre au nez. Alors…

– douleurs de règles depuis DPO 6 : ce sont des douleurs franches, j’ai l’impression qu’elles vont débarquer avant l’heure. J’ai toujours ça, les douleurs de règles, aux alentours de DPO 10. Mais l’utrogestan peut y être pour quelque chose.

– une libido explosive (tiens, c’est la première fois que j’aborde ce genre de sujet !), à en faire devenir dingue le Loulou, qui résiste à la tentation tant bien que mal 😉 enfin, pas d’inquiétude, je sais que pour le bien de mes miracles (s’ils sont toujours parmi nous…), c’est abstinence. Moi qui laisse les envies se faire naturellement, je me suis transformée en espèce de cinglée du hum hum, jusqu’à en rêver !! O_o

Je sais pas à quoi c’est dû, mais vu l’ampleur de mon comportement bestial, je me suis dit que c’était obligé de le placer quelque part 😀

– pas de nausée. A peine mal aux seins, qui comme d’habitude n’ont pris aucun volume avec l’utrogestan. Tendez-moi un mouchoir, sniif.

– je me lève toutes les nuits pour faire pipi, deux fois, à heures fixes. Mais ça, ça me l’a fait après chaque tentative.

– hier soir, ça m’a fait comme des coups de jus au niveau de l’utérus. Mais ça…ça me le fait à chaque fois aussi.

– j’ai trouvé l’astuce pour que l’utrogestan arrête de couler tout le temps dans la culotte ! tout con ! ça va être goooooore !! au lieu de mettre ce magnifique ovule avec un seul petit doigt, eh ben je fais comme Dr. Cold quand il fait un toucher vaginal (avec les gants à « deux-doigts », à la E.T), et du coup le col s’ouvre mieux et l’ovule est bien obligé de faire son office. Et toc.

– j’ai les cheveux dépouillés. Si vous avez un petit potager et que vous êtes emmerdées par des piafs, appelez-moi. Pour ne pas citer la marque qui a fait cette pub pour un shampoing : « mes cheveux sont comme de la paille ». Mais ça, ça me le fait aussi à chaque tentative.

– je mange tout le temps. Mais là, je crois que ça commence à se calmer un peu. On verra dans les jours qui suivent.

– j’ai des boutons plein la face, appelez-moi CASIO ! 🙂 mais ça….vous l’aurez compris, c’est pareil à chaque fois !

– je dors tout le temps : merci à la progestérone !

– j’ai super mal à l’ovaire droit, je ne serais pas étonnée de me taper un kyste, mais bon…j’attends.

Lundi, j’aurai ma pds, et je ne pense pas avoir le bonheur de vous annoncer un +. Une intuition. Des larmes qui montent et qui commencent à dire tout doucement adieu à mes miracles bientôt envolés. Pessimiste, moi? peut-être bien, ou peut-être juste un peu trop réaliste… . Pourtant, un peu de fantaisie, un peu de magie me ferait beaucoup de bien.

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Vidéo

« Les blessures qui ne se voient pas »

Quand j’ai entendu cette chanson à la radio aujourd’hui, ça m’a vraiment parlé, et j’ai pensé à nous toutes; Cette chanson est pour vous, pour nous.
Pour toi, DNLP, en espérant que ça te fasse un peu comprendre ce que nous pouvons ressentir avec tes jeux d’infertilité.

En tout cas, ça m’a vraiment parlé. Et vous?

Vidéo

A vous, mes petits miracles

Traduction trouvée sur le net.

« J’erre, je rampe.

Je suis à deux pas de tomber.

Je ne peux pas faire semblant d’aller bien.

Je suis lourde.

Je suis lasse, je ne pense pas clairement.

Je ne peux pas faire semblant d’avoir trouvé une terre inébranlable

Depuis que tu es dans les parages.

Je cours.

Je me cache, j’ai peur que tu ne me trouves jamais…

Je me suis toujours sentie perdue dans la foule.

Je descends, je me noie.

J’ai si peur de perdre. Je ne sais plus où donner de la tête.

Depuis que tu es dans les parages.

Je suis absurde et folle,

Je pense juste que peut-être

J’ai encore beaucoup de choses à comprendre.

Je gagne, je perds.

J’ai peur de ne jamais choisir…

Mon cœur battait si lentement,

Avant que tu ne sois dans les parages. »

Ca y est, depuis samedi j’ai enfin réalisé qu’il y a deux bouts de nous en moi. Je pense que c’est le fait que, s’ils sont toujours en vie, ils peuvent désormais s’accrocher. Et je réalise peu à peu que leur faible existence me donne des ailes, et que je n’ai vraiment pas envie de vivre sans eux. A l’idée de les perdre, je me sens déjà profondément triste. Avant eux, comme le dit cette chanson, mon coeur battait si lentement ! J’espère de tout mon coeur que le miracle va s’opérer, même si je suis prête à aller vers le don et que tout est prêt, j’espère que je devrai tout annuler… . Que le Ciel m’entende !

Comment est-ce possible?

Je ne parviens pas à réaliser que j’ai deux embryons en moi depuis hier. Je n’y arrive pas.

Je sais que le transfert a eu lieu, j’étais bien là, mais c’est comme si tout en moi s’était déconnecté. Aux deux autres transferts, j’étais euphorique, je n’arrêtais pas de parler à mes embryons chéris, je leur disais tout mon amour pour eux. Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à leur parler?

Je me surprends à poser les mains sur mon ventre, mais c’est purement inconscient. Putain de merde (oui, rien que ça), qu’est-ce qui se passe???

Il y a des mininous en devenir, deux petits miracles qui se démènent pour vivre et s’accrocher, et moi…je n’arrive pas à les encourager, je n’arrive même pas à prendre toute la mesure de leur petite existence pourtant bien réelle. Comment est-ce possible?

Moi qui surfais sur internet à mes heures perdues de larve canapéïque pour connaître les fameux symptômes précurseurs d’une grossesse (quelle blague, tout le monde sait que c’est très aléatoire, mais tout le monde regarde quand même !), eh bien si je me connecte à la toile c’est pour mettre en place toutes les démarches pour la Belgique, sans parler des multiples appels. Moi qui me ménageais, qui ne me levais que pour le strict minimum, qui faisais attention à ne pas manger tout et n’importe quoi ; je me vois faire un peu de ménage (quand Loulou n’est pas là, il me lapiderait sinon), manger des repas juste pas du tout équilibrés, et quand mon Loulou me dit : » hey, mollo quand même, tu as nos bébés en toi ! », je lui réponds du tac-au-tac : « oui ben, ils sont même pas à j5 donc pas possible qu’ils s’accrochent pour le moment. Je peux donc encore me permettre de vivre mon quotidien comme d’habitude ». Ca le surprend, ça le peine, et ça me ressaisit : « je vais faire attention, je te le promets ». Et j’essaye au mieux de tenir ma promesse.

J’ai envie de pleurer….je suis un monstre de les laisser comme ça, de ne pas prendre la peine de m’attacher à eux, comme si c’était foutu. C’est dégueulasse de leur faire ça, peut-être que pour vous c’est ridicule car ils ne sont que de simples cellules sans coeur, mais ces cellules sont vivantes, ces cellules sont le fruit de notre amour, et ces cellules sont des bébés en formation, quelque soit leur stade de développement. Ca me crève le coeur….et je me sens perdue…en total dénie alors qu’en même temps je crois que c’est possible que ça fonctionne.

COMMENT EST-CE POSSIBLE, TOUT CA??

Deux petits miracles dans mon ventre…

Mes chères amies pmettes, 

 

vous avez été extraordinaires, chacune à votre façon. Vous m’avez vraiment épaulée, vous vous êtes montrées chaleureuses, vous avez partagé notre tristesse et vous nous avez conseillé. Pour tout cela, MERCI. 

Nous avons décidé de faire ce transfert, quoi qu’il arrive. Arrivés au centre, nous avons croisé le gynéco qui m’a fait la ponction. Mon Loulou ne s’est pas démonté, et a expliqué ce qu’il s’est passé hier avec le biologiste. Le gynéco va donc voir Dr. Cold et convoque par la même occasion le biologiste. 

Ce dernier a dû se faire taper sur les doigts, car quelques minutes après il est venu nous voir pour discuter gentiment de tout ça. Il nous a expliqué les raisons pour lesquelles ce n’est plus possible pour nous d’avoir une FIV ICSI : 0 vitalité même après injection d’un produit spécialement fait pour augmenter la vitalité, 0 mobilité, 100% malformés, 100% vieux et fatigués. Bref, je résume car cela a pris au moins 10 bonnes minutes. 

Dr Cold nous rejoint en salle de transfert en cours de route, et appuie les propos du biologiste, avec étonnamment beaucoup de tact. Il n’ose dire LE mot qui peut faire fondre en larmes, mais LE mot, nous l’avons compris, et nous décidons de l’affronter : DON. 

Nous prenons encore plus conscience que ce transfert est notre dernière chance. Le biologiste nous dit par ailleurs que c’est un miracle que deux embryons se soient développés, normalement il n’aurait dû rien ressortir de bon de ces zozos. On se prend à rêver que ça fonctionne… 

Mais le biologiste enchaîne en disant que de toute façon, ces embryons sont issus de zozos malades et morts, donc ça ne donnera rien de bon, même s’ils venaient à s’accrocher. Sans doute contracteront-ils la trisomie 21 ou autre. BAM, prends-toi ça dans la gueule !

 

Il repart sur ces entrefaits préparer la pipette. Je regarde le Dr. Cold et lui dit : « je ne crois pas en ce transfert, c’est foutu. Ils sont de trop mauvaise qualité… »

Il ouvre de grands yeux étonnés, et me réponds : « Madame, ils sont évolutifs ! Ils ont 4 et 5 cellules, c’est vraiment super ! Peut-être qu’ils sont fragiles, oui, mais ils peuvent encore s’accrocher et continuer d’exister. Alors, il faut y croire. »; 

DE QUOI? c’est bien le Dr. Cold qui me parle? Enlève ton masque petit coquin, je suis sûre qu’il y a un Bisounours qui se cache derrière ! Je suis cynique…. . Pas bien. Prenons ce qui est bon à prendre, il a été vraiment gentil et chaleureux, et ça fait du bien. 

 

Etape transfert : Alors qu’il me met mon ami le spéculum dans le terrier magique, l’infirmière s’en va brusquement de la salle de transfert papotter et accueillir d’autres patients alors qu’une autre est là pour le faire. Dr. Cold l’appelle, pas de réponse. Par trois fois il l’appelle, toujours rien. Je m’impatiente, j’ai mal put**n !!! Je serre fort la main du Loulou qui hérisse le poil d’énervement, il commence à dire à Dr. Cold que ça ne se fait absolument pas qu’elle parte en plein transfert, que sa femme a mal. 

 

Dr. Cold appelle de nouveau. Elle arrive enfin, comme une fleur. Eh ben, il lui a mis une de ces cartouches dans la gueule !!! Jamais vu ça !! :

 » C’est inadmissible de quitter la salle de transfert alors que nous sommes en train de commencer. Aucune tâche ne passe au-dessus d’une patiente qui de plus est, souffre du fait que vous nous avez fait attendre. Vous avez tout intérêt à ne plus jamais recommencer » (imaginez ça, en mode gueulante totale au point que l’autre bout de la clinique a dû l’entendre ! Jubilatoire 🙂 )

Puis il me regarde, et redevient tout doux : « ça va aller? Je vais faire tout doucement. Hop, voilà, c’est fini. Ils sont transférés, et maintenant ils ont intérêt à s’accrocher ». Il m’attrape la main (quoi???Dr. Cold????), la serre et me dit : Courage, on va se revoir pour mettre en place le don. 

L’infirmière, qui a une tête de déterrée renfrognée profite qu’il parte pour gueuler à son tour et justifier son absence (injustifiable) auprès de nous. On la regarde, genre : « mais euh…c’est à nous que tu dis ça? Parce que là, t’es tombée sur la mauvaise personne pour te défouler ma vieille, juste ».

Elle pose les papiers de sortie sur moi, comme si j’étais sa table basse. De mieux en mieux ! Et elle part sans dire aurevoir. Connasse. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit, avant toute une série d’autres tout aussi bien. 

 

Bref, nous sommes repartis, et maintenant je couve deux petits que tout le monde condamne sauf un certain Dr. Cold…et nous. Nos deux miracles….quoi qu’il arrive, nous sommes fiers d’eux, ils se seront bien battus à nos côtés. 

Appel du laboratoire…bis

Je tiens tout d’abord à vous remercier pour votre soutien, je prendrai le temps d’y répondre au calme.

Bon….nous avons 2 embryons, de mauvaise qualité. Ils vont nous les transférer juste pour nous faire plaisir, pour le fun. Mais pour eux, il n’y a aucune chance qu’ils s’accrochent. Et ensuite?…ensuite, rien. C’est fini.

Nous avons rdv au CECOS d’Amiens fin juin, à cette clinique ils proposent aussi des FIV IMSI. Alors nous saurons si eux nous redonnent une petite chance ou s’il faut de toute façon se résoudre au don. Nous en avions déjà parlé avec mon mari dès le début de notre parcours en Pma, nous nous attendions à ce qu’un jour ce genre de verdict tombe. Mais pas maintenant, pas là, alors que tout se passait si bien !

Bien sûr, mon mari a été autant effondré que moi. Ca a été une claque violente, il n’a su que dire pendant de longues minutes…puis on s’est dit qu’il y avait encore cette FIV en cours, et qu’il fallait y croire malgré tout. Mais maintenant…ne serait-ce pas naïf d’y croire encore?

Cette FIV ICSI est notre dernière tentative…

C’est le coeur serré, la gorge noué, et les larmes abondantes que je vous écris cet article.

 

Nous étions partis avec tellement d’espoir, tellement de rêves plein la tête, qui se sont effondrés en l’espace d’un appel avec le médecin Biologiste. 

Il vient de m’apprendre qu’il n’y aura plus de FIV pour nous, que c’était déjà beau que ce centre nous accepte malgré les résultats de spermogramme médiocres. Il a informé le gynéco que ce ne sera pas plus possible de faire une autre FIV car même celle-là n’est pas sûre d’aboutir.

Je dois attendre demain pour savoir si malgré tout il y a des survivants, si malgré ce résultat il y a quand même un peu de vie…inutile de préciser que le Biologiste souhaite nous diriger vers le don de sperme. Il m’a même dit que plein de centres nous auraient refusé. 

Et ce connard de Dr. Cold qui, quand je lui avais demandé si notre cas était désespéré ou pas et s’il fallait avoir recours au don, m’avait répondu froidement qu’il connaissait très bien son travail et que si on était là c’est que c’était possible….je suis dégoûtée, nous avons perdu du temps, j’ai souffert les traitements et les ponctions pour RIEN. 

 

Je ne sais plus du tout où me diriger, par où faut il passer pour avoir recours à un donneur. Maintenant que la partie est finie pour nous, je voudrais avoir des renseignements sur les démarches à suivre, si vous les connaissez. Je vais avoir besoin de temps pour me remettre de tout ça, je me sens totalement brisée…et je ne sais pas comment je vais pouvoir annoncer la nouvelle à mon mari, qui sortait tout juste d’une période très difficile dans son acceptation d’être OATS extrême. 

Je n’en peux plus….