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Apprendre à dire « Au revoir »

18 Mai

Je n’ai jamais aimé les adieux, je crois que nous sommes peu de personnes à apprécier ces moments. Ils sont souvent synonyme de solitude, de déchirure, de sacrifices parfois.

J’ai eu, pendant pratiquement un an, une amie qui devint tellement proche que je la considérais comme ma soeur (ça fait cucul comme ça je sais bien, mais c’est vrai qu’elle était pour moi très importante). On s’est connues quand elle essayait d’avoir un enfant, un deuxième. Et puis, à noël dernier, elle m’annonçait sa grossesse.

Au départ, j’ai cru qu’elle ne me laisserait jamais, elle me l’avait promis bien sûr. Mais tout a changé, depuis le moment où elle m’a annoncé la nouvelle. Je me suis acharnée, à essayer de m’accrocher à elle, pensant que ma vie serait juste trop naze sans elle, sans son appui. Avant qu’elle soit enceinte, elle se battait avec moi, dans mon parcours débutant de pma. Mais ça, c’était avant… .

J’ai cru à un moment qu’elle s’était « ressaisie », qu’elle avait compris que même si son rêve à elle se réalisait de plus en plus chaque jour, elle ne devait pas pour autant laisser tomber une si belle amitié, même si je n’étais pas enceinte. Il y a eu cette fausse couche, où au départ elle a été là, et puis après je me suis enfoncée dans mon chagrin, tandis qu’elle s’élevait dans son bonheur. J’aurais dû comprendre que les choses changeaient sous mes yeux, qu’il fallait être réaliste et laisser les choses se faire.

MAIS je me suis encore acharnée, en maso que je suis, à la soutenir dès le moindre problème, à lui demander des nouvelles sur sa grossesse, etc etc.

Ce qui m’a tuée, c’est quand elle m’a annoncé le prénom qu’elle allait donner à son bébé : Timéo. LE prénom qu’on avait déjà choisi avec mon homme depuis longtemps déjà, le prénom qu’on pensait donner dès la première FIV.

Elle m’a dit qu’elle ne le savait pas….certes….mais pour autant, elle n’a pas eu envie de le changer. Après tout, c’est con de ma part, je n’ai pas le monopole du prénom, ce n’est qu’un détail. Mais quand tu remets tout ça dans le contexte, ça fait quand même mal.

Alors, j’ai pris une décision. M’enraciner sur des relations humaines fluctuantes, c’est s’assurer de tomber un jour ou l’autre, de plus ou moins haut. J’arrête les frais. J’ai assez donné. Et j’ai décidé d’accepter que des vies qui au départ se lient d’amitié, puissent tout à coup changer à en devenir opposées.

Comme l’a dit si justement Céline dans sa petite histoire du paysan, il faut savoir puiser les petits bonheurs et les croquer à pleine dents quand ils se présentent à nous. Je pense que dire au revoir à cette ancienne amie est pour une fois un adieu qui va me permettre de m’épanouir, et de vivre chaque petit bonheur intensément, sans frustration derrière.

Je partage cela avec vous, car je sais que nous perdons toutes peu à peu des amis qui nous étaient chers, que tant de choses partagées et liées à nos vies partent en fumée sans crier gare, et nous laissent seules, blessées, découragées. Et je voudrais nous laisser à toutes cet espoir que d’autres petits bonheurs nous attendent, et UN GRAND BONHEUR se prépare pour chacune d’entre nous.

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5 Commentaires

Publié par le mai 18, 2013 dans l'ère du changement...

 

5 réponses à “Apprendre à dire « Au revoir »

  1. Bichon Rose

    mai 21, 2013 at 10:38

    Comme le dit Damelapin, la réaction des gens est imprévisible. Parfois on s’attend à un soutien sans faille de certains, quand à d’autres ils nous surprennent positivement.
    Ce parcours, a le mérite de nous montrer les personnes sur qui on peut compter ou non.
    Il y a des personnes qui ne sont que de passage dans nos vies, parfois on persiste à entretenir le lien, puis à un moment on s’aperçoit que l’on est mieux sans eux. Il faut savoir aussi dire « au revoir » ou « adieu » pour se protéger d’une relation destructrice.
    A bientôt, bises

     
  2. P'tit Hérisson

    mai 20, 2013 at 10:56

    Je pense que tu es très sage. Si cette amitié ne te comble plus ou, pire, te fait du mal, il faut y mettre fin. Les relations humaines sont si fluctuantes et au final peu de personnes vont réellement marquer notre vie. C’est comme ça. Les gens passent et viennent au rythme des grandes étapes de notre vie. La PMA est une de ceux-là. Certains amis sont là plus longtemps et, ce qui est magnifique, c’est que certains sont là très très longtemps. Ce sont eux, les amis pour la vie. Je pense que ça existe, mais ils sont peu nombreux.
    L’important, c’est que tu penses à toi Titpouce.
    Bises

     
  3. Céline

    mai 19, 2013 at 11:18

    Les commentaires précédents le disent parfaitement bien:
    – les personnes qui nous entourent peuvent aussi se sentir dépassées par cette démarche à laquelle, franchement, on ne comprend rien sauf à y être entrée et à la vivre/ l’avoir vécue….

    – certaines relations ne sont pas là pour durer et peuvent devenir des toxiques puissants; ça marche avec l’amitié et en amour tout pareil, souvent même en famille…

    – les liens réputés plus faibles comme ceux de toutes ces inconnues qui se lisent, s’écrivent, se suivent et se soutiennent sur les blogs comme le tien 😉 sont souvent bien plus efficaces que les liens réputés « forts » (amis, famille etc.)
    Pareil pour nous toutes je pense… je me sens plus proche de vous toutes qui comprenez et vivez ce que je vis que de ma meilleure amie dont je n’ai plus de nouvelles depuis que j’ai commencé mon protocole….

    C’est aussi une période de vie particulière où l’on vit des expériences très extrêmes qui nous poussent parfois à nous retrancher sur notre home sweet home… le temps recalibrera tout ça Titpouce.. et je me le souhaite aussi 😉

     
  4. damelapin

    mai 19, 2013 at 11:35

    La réaction des gens face à notre infertilité est quelque chose d’imprévisible. J’ai une super copine, qui bien étant gênée d’être déjà enceinte de son 2ème (3 mois après avoir accouché du 1er, gloups), reste un peu à l’écart, évite de parler de sa grossesse mais m’envoie de temps à autre un sms en mode « je pense à toi ». Y a pas à dire quand même, en PMA on se sent seules, à part avec les personnes connaissant les mêmes difficultés.
    Et pour le prénom, je ne peux que compatir. Une personne de notre entourage est enceinte et je flippe qu’elle donne au nouveau né un des prénoms qu’on avait choisi…
    Courage va, il va y avoir des jours meilleurs. bises

     
  5. laqueteduplus

    mai 19, 2013 at 9:52

    Même si c’est difficile, je pense qu’il souvent nécessaire de savoir couper des relations « toxiques » (suite à la pma ou pas d’ailleurs). J’ ai eu à faire comme toi, m’éloigner d’une amie qui me tirait vers le bas. C’est une amie qui avait tout pour être heureuse mais qui ne savait jamais profiter de rien, ne faisait que se plaindre encore et pour tout; quand la pma m’est tombée dessus je savais qu’elle ne comprendrait pas car ses problèmes (inventés) sont toujours plus importants que ceux des autres qu’elle minimisait. Je n’ai pas eu envie de lui parler de mes soucis qui s’annoncait car elle n’aurait pas compris. La vie nous a éloigné tout doucement et si parfois je regrette notre amitié d’avant, au final c’était égoistement le bon choix pour moi. Tout ça pour dire (désolée d’avoir été longue) que tu as sans doute fait le bon choix. Il faut penser à toi, tu en as le droit. bisous

     

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