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« moi, un gosse, j’en ai fait un quand jveux, mais ça me saoûlerait d’en avoir un autre »

29 Avr

Je n’en peux plus, ce soir j’ai envie de me flinguer.

Personne autour de nous ne voit notre détresse, personne ne s’interroge sur notre isolement, ceux qui savent font semblant de ne pas savoir. Je ne compte pour personne, si l’on croit que la porcelaine est fragile, elle est à côté de mon coeur aussi solide qu’un diamant. Je n’ai plus d’espoir. J’ai encore été brisée aujourd’hui, écrasée par des parents fiers de le clamer, fiers de pouvoir dire qu’ils ont toutes les capacités requises pour avoir un autre « gosse » en claquant des doigts, mais ça les saouleraient d’en avoir encore.

Mais pourquoi infliger ça? Qu’est-ce que j’ai pu faire à Dieu pour qu’il nous ignore? Pourquoi la vie fait-elle si mal? Pourquoi n’a-t-on pas juste le droit d’être heureux? D’avoir, pour une fois, un peu de chance dans notre vie?

Ce soir, je pleure comme jamais, je craque et je ne tiens plus. A quoi bon recommencer une FIV si l’on sait que ça ne va toujours pas fonctionner…

Mon mari essaye d’être là, de m’entourer. Mais paradoxalement, à la fois je veux me blottir contre lui, à la fois je ne peux tenir dans son étreinte et je cherche à m’isoler pour déverser ma peine dans le noir. Nous n’avons pas d’ami, aucun sur qui compter. Nous n’avons personne qui puisse être une bouée de sauvetage. Je comptais sur eux, sur ceux qui savaient et qui semblaient être des plus compréhensifs. Mais nous n’avons personne, ils sont les premiers à alimenter des discussions devant moi sur la question d’avoir d’autres enfants ou pas, quand nous on se bat comme jamais pour espérer au moins en avoir UN.

Nous ne comptons pas dans ce monde. Notre existence est réduite à néant, nous ne sommes que deux pauvres imbéciles qui croyaient trouver de l’appui et du réconfort ici bas. Mais comment espérer cela puisque de toute façon, notre souffrance fait fuir les gens jusqu’au point qu’ils nous évitent quand bien même nous n’avons pas l’habitude de venir pleurer dans leur jupon?

Ce soir, j’ai une douleur au coeur, j’ai le sentiment que tout en moi se déchire en lambeaux, et je repense à mes deux anges qui nous ont quitté bien trop tôt, et je hais la vie que j’ai.

J’avais ouvert ce blog au départ, pour tisser des liens avec d’autres pmettes, et je pensais que cela serait comme une bulle apaisante et réconfortante. Ce que je cherchais, c’était trouver des amies capables de comprendre. Je voulais pouvoir apporter mon soutien, me montrer prévenante et suffisamment à l’écoute pour que l’on puisse compter sur moi.

Mais ce soir, je me contre fiche si personne ne me lit, si je deviens encore plus insignifiante que je ne le suis déjà. Enfin non, je ne m’en contre fiche pas…mais je me sens tellement désemparée que je me forme une carapace de survie. Ce soir, je jette une bouteille à la mer, en espérant que ce Dieu qui ne nous accorde pas d’enfant plonge son bras dans l’eau, attrape ma bouteille, et prenne conscience de l’horreur de l’attente qu’il nous impose, et de l’incertitude sur notre devenir. S’il existe vraiment, alors qu’il nous le prouve. Si vraiment Dieu existe, alors qu’il nous sauve de ce tourbillon mortel dans lequel on plonge la tête la première.

Qui comprendra ma détresse, qui en mesurera l’amplitude? Pour qui, notre souffrance compte vraiment? Pour qui, notre vie a un peu de valeur? Devra-t-on se sauver soi-même en espérant que les morceaux brisés de notre piètre existence prennent un sens nouveau en les recollant?

Peut-être est-ce la dernière fois pour moi que j’aurai la force de crier au secours. Je suis fatiguée…

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19 Commentaires

Publié par le avril 29, 2013 dans claques

 

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19 réponses à “« moi, un gosse, j’en ai fait un quand jveux, mais ça me saoûlerait d’en avoir un autre »

  1. Flippette

    mai 15, 2014 at 2:45

    Bonjour,
    Je suis tombée sur ton post par hasard. Et sincèrement en te lisant, les larmes ont coulées.
    J’ai l’impression que tu as réussi a mettre des mots sur ce que j’ai ressenti plus d’une fois, sans pouvoir l’exprimer de peur de passer pour une furie, une aigrie, une connasse d’infertile…
    De mon côté, je suis assez entourée et j’ai des amis présents (dont deux couples qui sont passés par la pma)…mais bizarrement depuis que j’ai mis les pieds à mon tour dans ce monde, personne ne m’en parle et personne ne me demande si tout ce passe bien. J’ai l’horrible impression que le « malheur » fait fuir… j’ai l’impression d’être laissée a l’abandon par mes amis.
    Est ce de la pudeur de leur part ?
    Je ne veux en aucun cas, comme toi, allez pleurer dans leur bras, mais je me demande si finalement le soutien que je leur apporte quand eux, ont des « maux aux cœurs » n’est pas a sens unique… au final je me sens bien seule face à ce combat difficile…les larmes ne sont jamais bien loin… envie bien souvent de hurler et de foute tout en l’air 🙂
    Courage à toi… tu n’es pas seule…

     
  2. Mme Patience

    mai 7, 2014 at 4:48

    Je sais que cet article est bien loin derrière toi mais je voulais te dire merci car à travers ces mots que je viens de lire je ne me sens pas seule et comprise aujourd’hui, car je suis en ce moment dans ce même état. Il faut se relever, je sais……. Mais merci quand même pour avoir pris le temps il y’a un an de poser des mots sur cette douleur qui ne sert pas à rien aujourd’hui. Merci. Merci.

     
    • titpouce

      mai 13, 2014 at 10:07

      Je suis heureuse que cet article puisse aujourd’hui apporter une sorte de soutien et de compréhension. Malheureusement, le parcours en PMA a beaucoup d’impacts, et l’entourage est loin d’être à la hauteur de nos attentes… . Sache en tout cas qu’on se relève toujours, parfois ça prend du temps mais on finit par se blinder des maladresses voire des méchancetés. Je suis là si tu as envie de discuter de ta situation, ou de parler d’autre chose ! N’hésite pas : douce.idylle@gmail.com
      Je t’embrasse

       
  3. damelapin

    mai 5, 2013 at 11:50

    bonjour titpouce.
    Je découvre seulement maintenant ton blog. J’en ai créé un aussi dans le même but que toi: échanger avec des gens qui nous comprennent. Car non, tu n’es pas seule dans cette aventure. On est là, derrière nos écrans, et on comprend ce que tu vis. On l’a même parfois vécu. J’ai notamment fait une mini dépression 1 mois après l’annonce de notre infertilité (combinée à d’autres annonces mais passons).
    Quelques fois, il vaut mieux craquer, pour mieux repartir.
    Sache qu’en tout cas, on est là, à te lire et te comprendre.
    Bises et bon courage

     
    • titpouce

      mai 10, 2013 at 8:33

      merci d’avoir laissé un petit commentaire de soutien. Ca fait toujours du bien d’être entourée ! C’est vrai qu’on peut traverser des grands moments de vide, ça n’est pas facile de remonter la pente dans ces cas-là. Mais j’ai des copinautes extra 🙂 Merci d’être là
      Bises

       
  4. Lulu

    avril 30, 2013 at 5:50

    Je n’ai pas de solution, pas de remède… malheureusement.
    Je comprends ta souffrance, ce vide immense que tu ressens… Courage.

     
  5. Bichon Rose

    avril 30, 2013 at 9:42

    Je ne sais pas quoi te dire, à part que moi aussi parfois j’ai envie de me foutre en l’air. Mais je suis dans une bonne passe, pour le moment.
    Avec le parcours en PMA, j’ai compris qu’avec certaines personnes, (la majorité en fait) on ne peut partager que certains aspects de la vie, le bonheur, les gosses, le boulot, mais la souffrance, le malheur, ils n’en veulent pas. A mon sens, ce n’est plus de l’amitié.
    Qu’a ton fait pour mériter ça? rien malheureusement, c’est la nature qui fait la p*te, c’est toujours les bonnes personnes qui trinquent, c’est pas juste d’ailleurs !!
    Même si on est entourée en apparences, au fond, certaines d’entre nous se sentent seules, on n’a pas forcément l’entourage, ni la famille ni les amis pour nous épauler, pour nous aider à supporter cette souffrance, alors on se sent insignifiant, transparent, et ça je le ressens en permanence.
    Je n’ai pas la solution, pour apaiser tes souffrances, peut être que parler à quelqu’un, voir un psy pourrais t’aider?
    Courage, bisous

     
    • titpouce

      avril 30, 2013 at 11:23

      Tout ce que tu dis est bien malheureusement vrai. Ce n’est plus de l’amitié en effet, un ami est là en toutes circonstances. C’est fou qu’on en arrive à un moment, à penser à abréger ses souffrances tellement c’est dur, tellement on est seules et cassées en permanence.
      Je vais essayer de me lancer à voir un psy pma, peut-être qu’il pourra m’aider à me relever, et à faire vraiment le deuil de mes deux anges.
      Je suis heureuse que tu sois dans une bonne passe, et je te souhaite que ça continue longtemps, longtemps, longtemps. Je vais peut-être essayer d’aller voir un psy pma…
      Merci en tout cas pour ton message de soutien. Bisous

       
  6. missimpatiente

    avril 30, 2013 at 12:59

    Je découvre ton blog, et je suis interpellée par la détresse de ce dernier billet… Pas de solution miracle ici non plus, je comprends bien que tu sois découragée… Avec l’infertilité et la PMA, on ne peut pas avoir de certitude, mais cela marche dans les 2 sens : on ne peut pas savoir si la prochaine tentative marchera, mais on ne peut pas non plus être sûre de l’échec… bref, tout ça pour dire qu’il faut essayer de garder espoir. Tu n’es pas seule. Et pour les (pseudos) amis, que dire… tant d’incompréhension me révolte, et malheureusement je crois qu’on en a toutes des tas d’exemples… Plein de bises de soutien.

     
    • titpouce

      avril 30, 2013 at 11:18

      L’incertitude nous poursuit toujours, elle touche à un rêve vraiment précieux et omniprésent, ce qui la rend encore plus détestable. Je crois malheureusement que les pseudos amis sont le quotidien des pmettes, et moi aussi ça me révolte, et je vois que le tri s’est fait…il reste cette blogo qui, même si on ne s’est jamais vues, me comprend et me soutient. Merci pour tout ça

       
  7. Octobre

    avril 29, 2013 at 10:19

    Je ne sais que dire, devant tant de douleur…
    Mais il faut s’accrocher…
    Pourquoi ??
    Parce qu’on n’a pas le choix.
    Parce qu’on serait encore plus mal si on baissait les bras.
    Parce des fois, souvent, ça marche.
    Parce que pour gagner, il faut jouer.
    Si je me permets de te dire tout ça, c’est parce que je comprends.
    Biz.

     
    • titpouce

      avril 30, 2013 at 11:14

      Merci à toi Octobre. Tu as raison, quand on est dans cet état de détresse, on n’arrive pas forcément à peser le pour et le contre pour continuer à se battre. Il va falloir que je me préserve plus que jamais, maintenant que je vois que mes amis n’en sont pas.
      Bises

       
  8. gribouillette

    avril 29, 2013 at 7:50

    Vous n’êtes pas tout seul, on est là nous. Même si c’est bien peu, et je le comprends, comparé à une « vraie » présence, des gens en chair et en os.
    L’envie de se foutre en l’air, je l’ai eu pas plus tard qu’avant hier. J’étais en voiture, j’ai vu un arbre, et je me suis dit « Si je fonce dans l’arbre, au moins mes souffrances seraient abrégées. » Ça a été le déclic, je me suis mis un coup de pied au fesses et j’ai pris rdv chez un psy. Je ne dis pas que ça va être la solution miracle, mais au moins, je vais pouvoir vider mon sac et je sais que ça me fera du bien. Qu’en penses-tu? Peut-être que ça pourrait te faire du bien à toi aussi?

    Plein de pensées.

     
    • titpouce

      avril 30, 2013 at 11:11

      Je préfère avoir toute cette blogo, que d’avoir des gens en chair et en os qui nous pourrissent la vie. Je crois que tu as raison, il faut réagir, ça fait un moment que je me dis, quand je suis au plus bas, que ça pourrait me faire du bien de voir le psy de la pma, mais j’ai jamais osé faire le pas. Peut-être la peur d’être mal analysée, d’être encore incomprise, je ne sais pas.
      Mais je dois faire le pas, je vais essayer de me lancer. Merci pour ce doux billet, et pour avoir osé partager ce que tu as vécu aussi.

       
  9. Bounty caramel

    avril 29, 2013 at 10:01

    … toi aussi… ça me fait beaucoup de peine que toi aussi tu subisses les négligences et mépris des dits amis… je ne sais que te dire, je suis dans la même sensation que notre plus proche entourage s’est acheté des oeillères et des bouchons le jour où nous avons osé dire qu’un enfant c’était difficile pour nous. L’erreur est de leur côté, pas du tien. J’imagine bien que tu as expliqué 1000 fois, et rien. Mais la blogo dont tu parles est bien là. Je t’envoie plein de soutien, et n’hésites pas à envoyer un ptit mot si tu en éprouve le besoin. Bises

     
    • titpouce

      avril 30, 2013 at 11:09

      Oui j’ai pensé à toi quand ça nous est arrivé aussi. Et comme tu le dis, on l’a expliqué 1000 fois, on a demandé de la délicatesse, et rien.
      Ca me réconforte que vous soyez là, que tu te montres disponibles pour moi, c’est adorable et je t’en remercie. Bises

       
  10. marinette1974

    avril 29, 2013 at 7:22

    Salut titpouce,
    Non, tu n’es pas seule. Je comprend ce que tu ressens, mais malheureusement je n’ai pas la solution miracle.
    Ce qui marche pour moi : me vider la tête, faire une activité qui m’empêche de penser : mon menage à fond, trier mes affaires, du sport, un ciné, les boutiques, le coiffeur, un bon massage. Pour ma prochaine (et première) FIV, je vais tenter l’acuponcture.
    Courage ma belle, les beaux jours arrivent ! (c’est pas moi qui le dit, c’est monsieur météo)

     
    • titpouce

      avril 30, 2013 at 11:06

      merci Marinette pour ce message. J’espère moi aussi que les beaux jours arrivent, pour nous toutes.

       

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